Lingerie

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« Ce n’est pas parce que tu es trop fauchée pour t’acheter une voiture qu’on va renoncer au plaisir de s’envoyer en l’air sur la route », me dit-elle en enfilant un de ses uniformes de salope préférés. Pendant que j’ajuste mon porte-jarretelles, elle appelle un taxi que nous sortons attendre sur le trottoir. Je ne peux pas m’empêcher de penser que nous avons l’air de deux tapineuses égarées dans ce tranquille quartier petit-bourgeois.

Quinze minutes plus tard, le taxi se gare juste devant nous. Le chauffeur n’a pas l’air très propre, il est gras, quinquagénaire et sent le tabac. Il ne sort pas pour nous ouvrir la portière — y a-t-il encore des chauffeurs de taxi qui font pareille chose?

Sur la banquette arrière, elle écarte les cuisses dès que le taxi démarre. Elle attend de moi que je prenne les choses en main, comme d’habitude. Alors, je la caresse, d’abord en effleurements très délicats, puis carrément en enfonçant la soie de sa culotte avec les doigts, dans son sexe entrouvert. Elle ne peut réprimer un spasme, un hoquet.

Le chauffeur fait mine de rien, même si, grâce au rétroviseur, il n’en perd pas une miette.

— Elle va me lécher ma fente. Ne vous en faites pas, elle a l’habitude, elle est très propre… nous ne mouillerons pas le capitonnage.

Il ne répond pas. Des gouttes de sueur perlent sur son front.

— Vous savez, elle aime beaucoup se faire enculer pendant qu’elle broute mon minou, alors si vous connaissez un coin tranquille, on pourrait…

Coup de volant, accélération brusque : je n’ai même pas le temps de finir ma phrase que nous sommes garés sous un viaduc  faiblement éclairé par la lumière jaunâtre d’une lampe sodium. Tags hiéroglyphiques, rebuts divers sur le sol crasseux, odeur d’urine : le décor est parfait.

Il se tourne vers nous, attend, silencieux. Elle sort alors de la voiture, retire en vitesse sa jupe et sa culotte et se glisse entre mes cuisses, cambrée à l’extrême, cul nu, dans même un regard pour le chauffeur — qui après quelques secondes, vient se débraguetter derrière elle.

Vautrée sur la banquette, les jambes bien écartées, je me laisse lécher le bouton en contemplant ses seins qui ballotent au dessus de son soutien-gorge. Le chauffeur a fini par prendre de l’assurance; il besogne avec vigueur et application. Je lui fais remarquer que  le compteur tourne toujours. Entre deux grognements, il précise que la course est pour lui. Quand à elle… elle en a plein la bouche, plein le cul : elle est heureuse.

Juste avant de jouir, le chauffeur renifle et grogne comme un animal blessé. Il s’arc-boute, se crispe, crache en l’air quelques « câlisse » et quelques gouttes de foutre bien profond en elle qui, la tête posée sur mon pubis, ronronne de plaisir en bavant.

Elle remet sa culotte, il remonte sa braguette. Elle rajuste sa jupe, il se laisse choir lourdement à sa place et redémarre. Nous restons tous les trois silencieux. Elle pose sa tête sur mon épaule et me caresse la cuisse. Moi, je regarde défiler la nuit, dans toute son étrangeté.

Arrivées à destination, le chauffeur se donne cette fois-ci la peine de venir nous ouvrir la portière. Elle sort en premier et s’éloigne en tortillant exagérément son popotin. Il me prend à part, me tend sa carte d’affaires et me dit :

— Appelez-moi quand vous voulez. Vraiment. Je suis sérieux.

Mon petit doigt me dit que j’ai bien fait de ne pas m’embarrasser d’un prêt-auto.

À la boutique de lingerie, je trouvai une paire de bas noirs tout ce qui a de plus sexy. Mais comme je suis une consommatrice avisée, j’allai voir la vendeuse pour m’assurer de ne pas me faire un fourrer avec des bas qui se niquent dès la première baise.

— Pardonnez-moi, madame… j’aimerais savoir si le sperme peut tacher ce tissu.

Elle jaugea le vêtement d’un œil avisé, puis me répondit :

— Pas du tout. Ces bas résistent à toutes les taches; le foutre ne fait que glisser, comme de l’eau sur le dos d’un canard.

— Ah oui? Ça me semble difficile à croire…

— Je peux vous faire une démonstration, si vous le souhaitez.

— Je vous en prie, faites, faites…

— Patrick! Amène ton cul ici sur le champ! J’ai besoin de toi pour une cliente! cria la vendeuse.

Un commis rondouillard sortit de l’arrière-boutique en maugréant. J’eus l’impression que nous le dérangions en pleine pause branlette syndicale, à en juger par la bosse qui déformait sa salopette.

— Vous allez voir, c’est presque miraculeux, me dit-elle en débraguettant le zigoto.

Elle en extirpa une bite longue et épaisse autour de laquelle elle enroula le bas. Elle se mit ensuite à le branler à toute vitesse, tout en poursuivant nonchalamment sa discussion avec moi.

— Si c’était de la soie, ou même du nylon, il y a longtemps que le bas aurait filé, voire même déchiré. Mais il s’agit ici de microfibres spéciales développées par la NASA qu’on a traitées à l’acide perfluorobutanesulfonique. Croyez-moi, c’est tout simplement impossible de les abimer ou de les tacher…

Après à peine une minute de ce traitement, Patrick le commis se mit à respirer bruyamment,  grogna, puis éjacula à longs traits sur le bas.

— Vous voyez comme le sperme perle sur le tissu? Si je plie le bas ainsi, je peux tout ramasser en une seule petite flaque… il ne reste ensuite à verser le tout à l’endroit de son choix et on se retrouve avec des bas impeccables — c’est l’idéal pour le bureau ou les sorties en ville.

Elle défit les deux premiers boutons de son chemisier et versa le foutre sur ses seins.

— Vous pouvez vérifier par vous-même, si vous le voulez, me dit-elle en me faisant un clin d’œil.

J’inspectai le bas et vis qu’elle avait raison : je ne trouvai pas la moindre trace d’humidité. Quant au commis, il s’affairait à nettoyer de la langue le corsage de sa patronne.

— Dites-moi… Vous faites ce genre de démonstration avec toutes vos clientes?

— Bien sûr que non, répondit-elle d’un ton sec. Vous êtes ici dans un commerce honnête, pas dans un lupanar.

— Elle ment, ajouta Patrick en sortant pour la première fois de son mutisme.

Elle voulait me lécher à travers mes collants. J’ai accepté, mais à condition que ce soit elle qui, pour une fois, les lave… avec le reste de ma lingerie fine qui encombre depuis trop longtemps le panier à lessive.

Quelques heures plus tard, je l’entends maugréer au-dessus du lavabo et maudire son goût immodéré de la dentelle, des rubans, de la fanfreluche et des colifichets.

Je suis convaincue qu’à l’origine, le mot nuisette signifiait «petite nuisible». Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que je préfère dormir nue…

— Regarde, un string! Comme ça, sur le trottoir…

Je me penchai pour le ramasser, mais Simone attrapa mon bras.

— Hey! Pas touche! Tu ne sais pas par où il a pu passer…

— Tu as raison. J’aimerais bien savoir par où il a bien pu passer et surtout, comment il est arrivé là…

— Question existentielle s’il en est-une. Allons, nous sommes attendues.

Dans l’autobus, je ne cessai de spéculer sur l’origine du sous-vêtement.

— Peut-être s’est-il échappé d’une corde à linge… À moins qu’il s’agisse d’un sac troué de La Senza… Tu penses que ce serait un couple qui baisait dans le parc et qui…?

Excédée, Simone leva sa jupe, souleva son popotin, retira sa culotte et la lança, sans trop regarder, sur le banc vide devant nous.

— La voilà, ta réponse. Contente?

Nous pouffâmes de rire alors qu’un jeune couple montait dans l’autobus.

— Regarde! dit le jeune homme en portant la culotte à son nez.

— Beurk! répondit sa copine.

Il lui chuchota quelques mots à l’oreille, puis se elle se mit à farfouiller sous sa robe en rigolant.

La petite culotte blanche s’était détachée de la corde à linge et avait virevolté par dessus la clôture pour atterrir sur le pas de ma porte. Je la ramassai, puis allai frapper chez la voisine.

— C’est la vôtre? lui demandai-je en souriant malicieusement.

Elle fit signe que oui, rougissante. Elle avait trente-cinq ans, quarante peut-être — je n’ai jamais été douée pour deviner l’âge de mes coups de foudre — un éclair gris qui rayait sa chevelure de minuit et un sourire affûté comme un scalpel. Elle prit la culotte, m’invita chez elle et m’offrit un café.

La table de la cuisine était revêtue d’une vitre translucide et sa blouse l’était presque autant. Quant à son espresso… il était noir comme le péché, brûlant comme l’enfer — exactement comme son regard. Nous échangeâmes quelques banalités de bon voisinage jusqu’à ce que ma tasse soit refroidie et que mes sens s’échauffent. Après une vingtaine de minutes, elle me montra poliment le chemin de la sortie, souriante comme le Chat de Cheshire.

Le lendemain matin, un string rouge reposait sur ma pelouse.

En plein milieu de la nuit, étendue dans mon lit à côté de moi un corps, une momie décharnée, sèche et poussiéreuse, jaunâtre, affublée de sous-vêtements affriolants. Il m’a fallu deux heures de terreur glaçée pour m’en défaire.