Textes portant l'étiquette « Lingerie »

Des conséquences domestiques du fétichisme

19 septembre 2007

Elle voulait me lécher à travers mes collants. J’ai accepté, mais à condition que ce soit elle qui, pour une fois, les lave… avec le reste de ma lingerie fine qui encombre depuis trop longtemps le panier à lessive.

Quelques heures plus tard, je l’entends maugréer au-dessus du lavabo et maudire son goût immodéré de la dentelle, des rubans, de la fanfreluche et des colifichets.

Sans entraves

4 juillet 2007

Je suis convaincue qu’à l’origine, le mot nuisette signifiait «petite nuisible». Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que je préfère dormir nue…

Froid dans le dos

9 mai 2007

«Maillot de corps»: quelle macabre contrepèterie!

Soleil couchant

27 avril 2007

Pubis osseux, renflé — la marque de l’élastique de la culotte. C’est le paysage que je contemple en sombrant lentement dans le sommeil.

Comment les culottes se retrouvent sur le trottoir

5 mars 2007

— Regarde, un string! Comme ça, sur le trottoir…

Je me penchai pour le ramasser, mais Simone attrapa mon bras.

— Hey! Pas touche! Tu ne sais pas par où il a pu passer…

— Tu as raison. J’aimerais bien savoir par où il a bien pu passer et surtout, comment il est arrivé là…

— Question existentielle s’il en est-une. Allons, nous sommes attendues.

Dans l’autobus, je ne cessai de spéculer sur l’origine du sous-vêtement.

— Peut-être s’est-il échappé d’une corde à linge… À moins qu’il s’agisse d’un sac troué de La Senza… Tu penses que ce serait un couple qui baisait dans le parc et qui…?

Excédée, Simone leva sa jupe, souleva son popotin, retira sa culotte et la lança, sans trop regarder, sur le banc vide devant nous.

— La voilà, ta réponse. Contente?

Nous pouffâmes de rire alors qu’un jeune couple montait dans l’autobus.

— Regarde! dit le jeune homme en portant la culotte à son nez.

— Beurk! répondit sa copine.

Il lui chuchota quelques mots à l’oreille, puis se elle se mit à farfouiller sous sa robe en rigolant.

Troisième scène de ménage

12 février 2007

La petite culotte blanche s’était détachée de la corde à linge et avait virevolté par dessus la clôture pour atterrir sur le pas de ma porte. Je la ramassai, puis allai frapper chez la voisine.

— C’est la vôtre? lui demandai-je en souriant malicieusement.

Elle fit signe que oui, rougissante. Elle avait trente-cinq ans, quarante peut-être — je n’ai jamais été douée pour deviner l’âge de mes coups de foudre — un éclair gris qui rayait sa chevelure de minuit et un sourire affûté comme un scalpel. Elle prit la culotte, m’invita chez elle et m’offrit un café.

La table de la cuisine était revêtue d’une vitre translucide et sa blouse l’était presque autant. Quant à son espresso… il était noir comme le péché, brûlant comme l’enfer — exactement comme son regard. Nous échangeâmes quelques banalités de bon voisinage jusqu’à ce que ma tasse soit refroidie et que mes sens s’échauffent. Après une vingtaine de minutes, elle me montra poliment le chemin de la sortie, souriante comme le Chat de Cheshire.

Le lendemain matin, un string rouge reposait sur ma pelouse.

Vision

24 janvier 2007

En plein milieu de la nuit, étendue dans mon lit à côté de moi un corps, une momie décharnée, sèche et poussiéreuse, jaunâtre, affublée de sous-vêtements affriolants. Il m’a fallu deux heures de terreur glaçée pour m’en défaire.