Textes portant l'étiquette « Masturbation »

Objets de désir

20 juin 2007

Invitée hier chez une dame pour qui j’ai fait du babysitting il y a quelques années. Sa fille, que j’ai connue alors qu’elle avait encore la couche aux fesses, a maintenant treize ans et semble si précoce qu’elle donne des maux de tête à ses parents.

— Ça ne doit pas être facile de vivre dans la crainte du sida et des grossesses indésirées… avançais-je prudemment.

— Non, répondit sa mère. Elle, c’est… comment dire… les objets. Tous les objets.

Rêveuse, je laissai mon regard parcourir la pièce, s’arrêtant sur chaque bibelot en le considérant sous un angle inédit.

Adultères consentants

12 janvier 2007

Elle s’est endormie dans mes bras. J’ai commencé par la branler très doucement et de mille manières, pour ensuite lui mettre un doigt, puis deux. J’ai joui sur sa cuisse en blottissant mon nez dans son cou, nos doigts poisseux entrelacés. Demain, je la renvoie à son mari.

Travail sur soi

5 janvier 2007

Bientôt vingt ans que je m’adonne quotidiennement à la masturbation. Et ce, quelle que soit l’intensité de ma vie sexuelle ou le nombre de mes partenaires. Bientôt vingt ans que je m’adonne quotidiennement à l’écriture. Et ce, quels que soient les aléas de ma vie personnelle ou le temps que je dispose. Je me demande s’il y a un lien…

Dialogue nuptial (3/5)

4 janvier 2007

— Trésor, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te surprenais au lit avec une autre femme. Tu ne serais jamais capable de me tromper, n’est-ce pas?

— Hein? Bon sang mais qu’est-ce que tu me chantes?

— Olivier! Mais… mais… qu’est-ce que tu fais ici? Et où est…

— À Cornwall – enfin, je l’espère. À quoi veux-tu en venir?

— Mais c’est impossible, je…

— Quoi? Tu ne vas tout de même pas me faire ton numéro de vierge offensée, après tout ce que tu as fait cette nuit!

— Je… oh mon dieu!

— Ah, je vois… encore un de tes petits jeux… Vas-y, fais-toi plaisir, salope, ça me fait bander!

— Je t’en supplie, arrête, tu dois…

— Branle-moi, putain adultère. Avec ta main gauche, pour que je puisse bien voir ton alliance.

*  *  *

— Chérie, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te trompais. Avec un homme, par dessus le marché! Oh, Simone… tu es certaine que cette histoire de mariage est vraiment une bonne idée?

— J’en suis convaincue, ma belle. Dors, maintenant; demain la journée sera longue.

Liste de choses à faire lorsque je serai seule

22 novembre 2006

Dissoudre mon vernis à ongles
Appliquer une couche de gloss sur mes lèvres
Faire ronronner le minou
Brosser ma permanente
Faire tremper mes cuticules
Beurrer mon muffin
Vérifier le niveau des fluides
Sonder les profondeurs
Prendre mon pouls
Tourner autour du buisson
Lisser la pelisse
Astiquer la lampe pour faire sortir le génie
Faire sortir la tête de la tortue de sa carapace
Travailler la pâte feuilletée
Aller à la pêche à la moule
Faire le tour de garde dans la tranchée
Glisser sur la pente savonneuse
Danser le ballet avec deux doigts
Double-cliquer le bouton de ma souris
Engourdir mon index
Faire dégorger l’abricot
Faire une promenade en forêt
Repasser mes rideaux
Faire de la peinture avec les doigts
Écosser le petit pois
Polir l’argenterie
Travailler sur moi-même
Frotter la tache sur ma moquette
Parfumer mes phalangines
Chercher la perle dans le coquillage
Jouer avec l’interrupteur
Gaver la chatte
Jouer un solo à l’archet
Faire de la plongée sous-marine
Faire de l’exploration minière
Huiler mes jointures
Fatiguer la salade au thon
Faire friser mes orteils
M’offrir des doigts de dame avec de la crème
Faire du pouce sur la Rive Sud
Presser la mangue
Faire épaissir la sauce
Passer en mode manuel
Colmater la brèche
Visiter le canyon rose
Jouer une partie de solitaire
Lire en braille
Faire chauffer le four
Sarcler mon jardin
Flatter mon amour-propre
Ramoner la cheminée
Brasser la soupe avant qu’elle ne déborde
Me perdre dans le triangle des Bermudes

La première aventure céleste de Monsieur Bleubleu

4 mars 2003

J’avais dix-sept ans lorsque j’ai rencontré Monsieur Bleubleu. J’étais alors obsédée par mon prof de philo, folle à lier d’amour. Je guettais son arrivée chaque matin, monopolisais ses heures de bureau, buvais chacune de ses paroles, riais comme une idiote à toutes ses blagues. Une vraie midinette.

Un jour, il se présenta en classe avec Monsieur Bleubleu, un gros feutre à encre permanente en métal avec une pointe biseautée de marque Dixon. «Demandons à Monsieur Bleubleu de nous épeler ce mot difficile» nous disait-il en rigolant, chaque fois qu’il écrivait au tableau à feuilles. Ce surnom enfantin, ajouté au caractère éminemment phallique de l’objet, me fit craquer. J’adorais le voir manier Monsieur Bleubleu de sa main robuste, lorsqu’il l’empoignait virilement pour le faire glisser sur la feuille vierge.

Lorsque quelques cours plus tard il plaça Monsieur Bleubleu dans la poche avant de son jean, créant une protubérance des plus suggestives, ma cervelle flancha. Les nerfs à vif, je profitai de la pause pour chaparder Monsieur Bleubleu, avec l’intention confuse de le conserver comme une relique. L’objet du délit dissimulé dans ma manche, je me faufilai discrètement dans le couloir. L’excitation du vol, ajoutée à celle de la leçon, empourprait mon visage. J’allai me réfugier dans les toilettes, où je m’installai dans la première cabine disponible pour contempler mon butin.

Assise sur la cuvette, Monsieur Bleubleu à la main, qu’avais-je d’autre à faire? J’ai relevé ma jupe, retiré mes sous-vêtements et me suis assise sur la cuvette. J’ai étendu mes jambes autant que je pouvais et ai commencé à faire glisser Monsieur Bleubleu, le dos appuyé contre le réservoir de la chasse d’eau, pour faciliter la besogne. My gode! Que Monsieur Bleubleu se sentait bien au chaud en moi! Il me baisait comme un chef. Et, heureusement pour moi, il s’est abstenu éjaculer son sperme indigo lorsque je déclarai forfait.

Mon crime accompli, je me demandai ce que je devais faire de Monsieur Bleubleu. Le rendre innocemment à son propriétaire, dans l’espoir qu’il le porte à sa bouche? Le donner à ma copine Nadine, aussi folle que moi du beau Trang? En faire don à l’Armée du Salut pour les enfants nécessiteux? Après avoir longuement réfléchi à ce dilemme moral, je décidai tout simplement de le garder avec moi. Depuis, Monsieur Bleubleu viste régulièrement les toilettes publiques en ma compagnie. Son encre s’est tarie depuis longtemps, mais il reste le compagnon tout désigné d’une femme de lettres.


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