Ménage

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Pendant le week-end, nous eûmes une terrible scène de ménage. Dimanche soir, étendue sur le sofa et rongée par le remords, je me résolus à me réconcilier coûte que coûte avec elle.

Lundi, je lui achetai des œillets. Déçue, elle me fit la gueule — elle aurait préféré des roses.

Mardi, je lui achetai des chocolats. Déçue, elle me fit la gueule — elle aurait préféré des Godiva.

Mercredi, je lui achetai un bourgogne. Déçue, elle me fit la gueule — elle aurait préféré du champagne.

Jeudi, je lui achetai une perle montée en pendentif. Déçue, elle me fit la gueule — elle aurait préféré un diamant.

Vendredi, de guerre lasse, j’abandonnai et invitai le directeur du département à dîner à la maison. Déçue, elle me fit la gueule — elle aurait préféré la réceptionniste.

La petite culotte blanche s’était détachée de la corde à linge et avait virevolté par dessus la clôture pour atterrir sur le pas de ma porte. Je la ramassai, puis allai frapper chez la voisine.

— C’est la vôtre? lui demandai-je en souriant malicieusement.

Elle fit signe que oui, rougissante. Elle avait trente-cinq ans, quarante peut-être — je n’ai jamais été douée pour deviner l’âge de mes coups de foudre — un éclair gris qui rayait sa chevelure de minuit et un sourire affûté comme un scalpel. Elle prit la culotte, m’invita chez elle et m’offrit un café.

La table de la cuisine était revêtue d’une vitre translucide et sa blouse l’était presque autant. Quant à son espresso… il était noir comme le péché, brûlant comme l’enfer — exactement comme son regard. Nous échangeâmes quelques banalités de bon voisinage jusqu’à ce que ma tasse soit refroidie et que mes sens s’échauffent. Après une vingtaine de minutes, elle me montra poliment le chemin de la sortie, souriante comme le Chat de Cheshire.

Le lendemain matin, un string rouge reposait sur ma pelouse.

— Tu viens, chérie? Je veux te montrer mon petit bouton secret, lui dis-je, les yeux remplis de promesses.

— Vraiment? me répondit-elle, soudainement intéressée.

Je la pris par la main et, passant sans m’arrêter devant la porte de la chambre, je la menai directement à la cuisine.

— Ma puce, je te présente le lave-vaisselle. Ce truc est fabuleux: un seul geste de ta part et ça devient chaud, bien mouillé et prêt pour l’action. Mais tu dois d’abord trouver le bouton.

J’appuyai sur wash et l’appareil se mit à ronronner.

— Oups, dit-elle tout simplement.

Elle avait l’air si piteuse. Qu’auriez-vous fait à ma place?

— Ne fais pas cette tête. Viens, j’ai un autre bouton à te montrer — son effet est à peu près le même.

— J’en ai assez de vivre dans une telle soue à cochons! Désolée ma belle, mais c’est aujourd’hui que je vais t’apprendre à ranger tes trucs!

— Tu n’es pas ma mère, à ce que je sache. Je paie ma part de loyer et ce n’est surtout pas toi qui va venir me… mmm! mmm! mmm!

La pose du bâillon-boule eut l’heureux effet de clore définitivement cette discussion. Et puisqu’elle m’assassinait du regard, je lui bandai aussi les yeux. Après tout, j’avais besoin de la sainte paix pour travailler.

J’étudiai tous les accessoires éparpillés un peu partout sur le plancher de la chambre. Je commençai par les pinces à seins, que je réglai lentement jusqu’à obtenir la sensation – et la grimace – désirées. Je glissai ensuite le petit plug de latex noir délicatement dans son derrière, non sans l’avoir préalablement enduit de ce qui restait du contenu du tube de lubrifiant qui traînait près de la table de nuit. Ce fut ensuite au tour du stimulateur de clitoris, un joli petit vibro rose en forme de papillon, que je fis tenir en place grâce à ses courroies élastiques ajustables. Je terminai par le vibromasseur surdimensionné à tête rotative et, souriante et fière de la besogne accomplie, la regardai se tordre en geignant sur le lit.

— Tiens! lui dis-je sur un ton satisfait. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place; ne se sent-on pas mieux ainsi, quand tout est rangé?