Textes portant l'étiquette « Pornographie »

Valeurs familiales

12 avril 2013

Une avocate évangéliste et anti-gay
Est accusée d’inceste et de pédophilie
Sur sa fille de quatorze ans qu’elle a filmée.
Je sèche mes pleurs en savourant l’ironie.

Il y avait anguille sous poche

10 avril 2013

Inspiré par des vidéos pornographiques
Un Chinois, dans le fondement s’est enfoncé
Une anguille (vivante, mais pas électrique) :
On a dû l’opérer pour la lui retirer.

Monkey TV Love

18 février 2013

Il n’y a que les chaînes très spécialisées
Que Gina regarde sur la télé du zoo,
Ce qui prouve que même chez les chimpanzés
On peut être femelle et aimer la porno.

Licence poétique

13 février 2013

Un Anglais au goûts, disons… particuliers,
De porn extrême est accusé de possession.
C’était, dit-il, dans un but désintéressé:
Pour un bouquin, il en faisait la collection.

Dans les petits pots japonais, les meilleurs onguents

28 décembre 2012

Pour son vidéo Collecte de sperme 2
Uta a demandé à ses admirateurs
Des flacons contenant ce qu’ils ont de meilleur ;
Cent généreux branleurs ont exaucé son voeu.

Exécution automatique

10 avril 2012

Le père McVeigh, en branchant sa clé USB
Par mégarde a projeté de la porno gay
À ses paroissiens heurtés et abasourdis.
Que le zèle de Windows 7 en soit maudit!

Big Branleur is Watching You (porn)

24 février 2012

Jadis, quand vous vouliez zieuter de la porno
Vous l’achetiez incognito, sous le manteau.
Depuis que sur YouPorn vous la téléchargez,
Le monde entier peut savoir que vous vous branlez.

Confession de la pornographe

22 décembre 2011

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Prière de la pornographe

18 juillet 2011

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des prostituées
Toi qui t’abandonnas toute entière aux exigences impétueuses de la chair,
Toi qui connus toutes les joies sublimes et foudroyantes de la débauche,
Toi qui fus vierge, mère, maîtresse, mystique, putain et stigmatisée
Toi qui te fis refuser le voile parce que tu étais trop belle
Toi qui trouvas ton amant assassiné au pied d’un arbre
Fais que je sois toujours pleine de désir

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des érotographomanes
Toi qui, pour racheter tes errements, fis pénitence publique
En te promenant dans les rues, montée par un ânier
Qui dans les rues criait ton passé en n’omettant
Aucune impudeur, aucune obscénité
Apprenant ainsi aux bourgeois effarés
Une multitude de péchés délectables
Qu’ils n’auraient jamais eu la liberté
Ou même l’imagination de commettre
Fais que je puisse toujours crier mon désir

Amen.

LIVE NUDE GIRLS

25 mars 2010

Le soir venu
La mer d’huile des trottoirs
Reflète des lèvres rougies par le stupre
Des seins à la pulpe licencieuse et dense
Et les promesses infinies
De jambes interminables
Pendant que le néon entre deux éclipses
Martèle un LIVE NUDE GIRLS
Qui réverbère le cri de tout ce qui crie grâce
De tout ce qui m’implore d’avoir la vie sauve
Dans la toundra de mon cœur

Le terrible incident du mah-jong de Terrebonne

8 décembre 2008

«Marjorie est enfin partie au mah-jong… parfait!»

Roger installa La revanche des naines partouzardes dans son lecteur DVD, étala ses numéros préférés d’Amputées asiatiques sodomisées sur le parquet, se glissa dans la robe du dimanche de sa femme, ajusta avec précaution sa perruque blonde, tartina ses lèvres d’une généreuse couche de rouge puis enfila son masque à gaz. Ensuite, il lubrifia consciencieusement Tonnerre noir puis, à force de grimaces et de soupirs, réussit tant bien que mal à l’enfoncer dans son derrière jusqu’à la garde. Devant lui, langoureusement étendue sur le fauteuil de cuir noir, Dolly la brebis gonflable le regardait d’un œil concupiscent.

«Tu es certaine que ça ne dérangera pas Roger si nous utilisons ton salon pour notre partie de ma-jong?» demanda Rita, qui suivait Johanne, Agnès et Emma dans l’entrée du bungalow. «Pas du tout!» répondit Marjorie, trousseau de clés à la main. «Il sera enchanté et agréablement surpris.»

Le mot, l’image et la sécrétion

15 septembre 2007

Dans ma courte existence, j’ai dû lire des milliers et des milliers de pages de littérature obscène, mais — je l’avoue bien humblement — je n’ai consommé que très peu de pornographie audiovisuelle.

Pour ce que j’ai pu en observer, une des différences fondamentales entre les deux genres est l’absence flagrante, dans les vidéos, de ces détails triviaux que sont la morve, la sueur, le cérumen, le sang, les excréments. Par exemple, les rapports anaux sont étonnamment propres, faciles, aseptisés même. En fait, la seule humeur qui semble avoir le droit d’exister au grand jour est le sperme, à un tel point qu’il est inimaginable, dans ce genre de représentation, d’oser éjaculer ailleurs que sur le visage de sa partenaire.

Oh, et la salive me semble particulièrement sous-exploitée. Pourtant, que serait l’amour sans elle?

On the road

25 juin 2007

En balade avec Simone et Lou, je suis fascinée par les trois lettres qui apparaissent sur les plaques minéralogiques. Hélas, je n’ai pas encore vu le CON, le CUL ou le ZOB, ni le ASS, le CUM ou le SEX, mais je ne désespère pas.

Procrastination

18 mai 2007

Simone m’a fait remarquer que j’invente chaque trimestre une nouvelle façon de perdre mon temps pour éviter de corriger les copies de mes étudiants. Je déclare donc officiellement que mai 2007 est le mois officiel de la typornographie.

Ma vie secrète

5 mai 2007

Je suis la pornographe du typographe et je ne manque pas de caractères.

Cheap thrill

2 mai 2007

Assise ce midi sur les marches de l’escalier du collège pour prendre un peu d’air. Sur le trottoir, quelques pages arrachées d’une revue pornographique qui baignent à moitié dans une flaque d’eau, dont une photo en très gros plan d’une baveuse fellation. Je mastique mon sandwich en comptant les passants qui ralentissent le pas, les yeux rivés sur le sol.

Prête à tout pour être satisfaite

18 avril 2007

C’est alors qu’elle le surprit à zieuter de la pornographie sur Internet: une fille au postérieur particulièrement rebondi se faisant écarquiller par derrière et en gros plan par un mat de cocagne aux veines violacées; des doigts bizarrement manucurés agaçant la connette béante avec la passion de celle qui en a vu d’autres.

— Qu’est-ce que c’est que ça? dit-elle, attrapant ses épaules par derrière, sur un ton feignant impeccablement l’indignation outrée.

— Ce n’est rien. Juste… des trucs, répondit-il, penaud.

Sur l’écran, l’oignon plissé se faisait bourrer de plus belle.

— Juste des trucs?

La pimbêche numérique se mit à couiner son plaisir virtuel.

— Elle a l’air d’aimer, articula-t-il timidement. Je ne sais pas… peut-être qu’on… qu’on pourrait essayer…

Elle se glissa devant lui et s’assit sur ses cuisses.

— Tu crois? dit-elle, sentant la trique sous ses fesses prendre la forme de celle qui s’agitait les pixels sur l’écran.

Les deux hommes soupirèrent.

— Pour tout de suite, essayons plutôt ceci… dit-elle en tapant « tiffany.com » dans la fenêtre du fureteur.