Textes portant l'étiquette « Prostitution »

La conférence interrompue (4/5)

24 janvier 2010

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

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Nom du fichier : conference04.wav

AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée
LB : Louis Berthier, artiste embroché
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage
L : Lucifer, poète enculé
S : Stella, prostituée de Babylone
F : Fido, soumis bien membré

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.

L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.

La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.

La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. Lire la suite »

La conférence interrompue (3/5)

9 janvier 2010

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

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Nom du fichier : conference03.wav

AA : Anne Archet, conférencière encore et toujours interrompue
LB : Louis Berthier, artiste sodomisé
SB : Simone Bechara, lesbienne excédée
L : Lucifer, poète sans écrits

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Je ne sais même plus où j’en étais… l’individu… l’homme du ressentiment… le grand individu… est-ce que je devrais parler du surhomme? Hum… je vais garder ça pour la période de questions. Passons tout de suite à la société.

Selon Nietzsche, ce ne sont pas les forts qui oppriment les faibles, mais les faibles qui oppriment les forts. Les faibles sont les individus du ressentiment. Ils ont érigé des structures sociales basées sur la morale des esclaves et l’instinct grégaire — obéissance, renoncement de soi, peur — dont la fonction est de triompher des valeurs individuelles des forts que sont le courage, la fierté, la volonté. Comment ont-ils réussi une telle chose? En offrant au fort le pouvoir, ce qui le réduit au rang de faible en le transformant en berger, l’obligeant à mettre sa force au service du troupeau.

Mais quand l’individu fort refuse de commander tout autant que d’obéir, la société tout entière est unie pour le culpabiliser. Sa non-intégration au troupeau est interprétée par les faibles comme un défaut, une anormalité.

[Bruits étouffés de discussion.]

La société aristocratique de Nietzsche n’a donc rien à voir avec une quelconque société moyenâgeuse, faite de clans, de classes et de hiérarchies. Elle est constituée d’individus libres et forts qui sont des ponts vers le surhomme. Leur association, temporaire par essence, n’a pas pour but, comme c’est le cas pour les faibles, de les protéger, puisqu’ils ont la capacité de défendre seuls leurs intérêts. En fait, les aristocrates s’associent pour donner et non pour recevoir. Ils cherchent des «cocréateurs» et des « comoissonneurs » qui participent dans l’élaboration de nouvelles valeurs, des égaux — amis ou ennemis — dignes de lui, pour créer, vivre, jouir.

[Bruit d’une porte qui claque]

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Elles luttent pour le climax

5 décembre 2009

A Copenhague des prostituées
Offrent désormais du sexe gratuit.
C’est pour elles un moyen contester;
Encourageons-les pour toute une nuit.

En Allemagne, les cochons sont verts

18 octobre 2009

Même les putes et les macs doivent désormais
Mettre leur épaule à la roue pour Kyoto.
Ainsi, un bordel berlinois offre un rabais
À tous ses clients qui se présentent en vélo.

Barista-te-moi le popotin

26 septembre 2009

Elles vendaient de bons cafés latte.
En plus de servir ces douces boissons,
Leurs seins et leur cul laissaient tripoter :
On les accusa de prostitution.

Doublement arnaqué

31 août 2009

Par une putain s’étant fait duper,
Un Norvégien eut l’intelligence
D’aller sitôt se plaindre aux policiers
Qui lui collèrent une contredanse.

Quand je serai maquerelle

21 novembre 2008

Quand je serai maquerelle
J’aurai de gros lolos
De gros lolos tout rouges
Ronds comme des navets
De gros lolos tout rouges
Gros comme des courges
De gros lolos tout rouges
Qui remuent et qui bougent.

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

Quand je serai tapineuse
J’aurai une guêpière
Une drôle de guêpière
Avec des cotillons
Une guêpière magique
Remplie de foulards
Remplie de pétards
Remplie de morpions

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

Quand je serai une grue
J’aurai une paire de bottes
Avec des talons hauts
Qui montent jusqu’à la plotte
Avec des talons hauts
Pour faire monter au ciel
Avec les zosiaux
Sans avoir des ailes

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

L’appel

19 novembre 2008

Le téléphone sonna, ce qui la fit sursauter — habituellement, le téléphone ne sonnait plus à cette heure si tardive.

— Nathalie, c’est Steve. Tu peux envoyer une de tes filles à la suite présidentielle de l’hôtel le St-James? Brad, George et Orlando veulent s’amuser un peu.

Le souffle coupé, elle prit quelques secondes pour se rasséréner, puis demanda d’une voix tremblante d’émotion :

— Est-ce que c’est vraiment le Brad, le George et le Orlando auxquels je pense?

— Qu’est-ce que tu crois, ma vieille, évidemment! répondit Steve. Alors, je te fais confiance: elle doit être classe, sexy, discrète, mais complètement déchaînée. Capiche?

— Depuis quand ai-je l’habitude de te décevoir? Je m’en occupe personnellement, t’inquiète.

— Meci Nath, tu m’enlèves une sacrée épine du pied! Je passerai dans une heure avec le cash, comme d’habitude. Ciao! dit-il avant de raccrocher.

Elle se leva péniblement de son fauteuil, essuya son pantalon de coton ouaté jauni de ses doigts graisseux pour le débarrasser de ses miettes de pizza puis marcha d’un pas lourd jusqu’aux toilettes. Elle vida le point noir sur son nez, enleva la plaque dentaire sur ses incisives du bout de son ongle et replaça tant bien que mal sa coiffure. Elle racla ensuite la boue qui tachait ses bottes et enfila le vieux manteau de fourrure qu’elle gardait sous son matelas.

«Je ne sais pas qui est cette Nathalie et je m’en moque…», se dit Josée en se regardant une dernière fois dans le miroir du vestibule. «Ce que je sais, c’est que ce soir, après quarante-neuf ans d’attente, je vais enfin avoir un peu d’action!»

Lapsus

13 octobre 2007

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai longtemps confondu les mots puritain et putain. D’ailleurs, il me semble toujours que les deux termes sont inséparables, ontologiquement liés.