Pendant un long moment d’angoisse, j’eus même de la difficulté à avaler.
— Simone, est-ce que tu dors? lui demandai-je en secouant doucement son épaule. J’ai fait le plus étrange des rêves…
Elle grogna en tirant l’édredon.
— Nous étions dans l’ascenseur avec les deux types du neuvième, Philippe et l’autre, tu sais, celui avec les cheveux… enfin, tu sais, celui qui ne dit jamais bonjour. Toujours est-il que tu te tournes vers eux et tu leur dis: «Messieurs, la petite gouine que voici est travaillée depuis des jours par ses hormones. Ça ne vous dérangerait pas trop qu’elle vous suce?»
Simone grommela en se retournant sur le côté.
— J’étais si mal à l’aise, il n’était pas question que je fasse une telle chose. Mais soudain, sans trop savoir pourquoi, je me suis retrouvé nue, à genoux devant eux, leurs queues turgides dans la bouche, à tour de rôle.
Simone replaça son oreiller en grognonnant.
— Après quelques instants, tu as dit: « C’est bien, chérie, mais dépêche-toi de les faire jouir avant que l’ascenseur ne s’écrase, sinon nous allons tous y passer! » et c’est alors que je me suis mise à paniquer. Je ne savais pas quoi faire pour qu’ils éjaculent en vitesse! Quand j’ai touché à leurs bourses, elles étaient énormes et broussailleuses, rêches comme une pelote de corde de sisal. En les prenant dans la paume de ma main, j’ai vu qu’elles étaient lourdes et remplies à éclater de liquide — je les ai secouées un peu et j’ai senti les couilles flotter à l’intérieur! Ensuite, ils se sont mis à gicler leur foutre épais à longs traits, ça ne finissait plus, ça goûtait comme de la crème pâtissière, leurs glands étaient dodus et spongieux comme des champignons sautés au beurre…
Simone grognassa en tirant les draps par-dessus sa tête.
— Et toi, tu me regardais, souriante, nullement inquiétée par le fait que nous allions mourir, et tu me disais: « Bravo choupinette! Maintenant, tu n’avales rien, tu gardes tout dans ta bouche, jusqu’à ce soir. Sinon, pas de câlin avant de faire dodo. » Tu as léché la goutte qui pendouillait au bout de mon nez, puis tu m’as embrassée sur le front. Et c’est à ce moment que je me suis réveillée. Mais qu’est-ce qu’un tel rêve peut bien vouloir dire?
Pour toute réponse, Simone rognonna un peu, puis se remit à ronfler.
Lorsque plus tard la porte de l’ascenseur s’ouvrit, j’eus un moment d’excitation incisif, comme une fine lame fendant ma moelle épinière. Mais il n’y avait que madame Lalancette et sa chienne Nunuche. Simone regarda la vieille dame et prit ma main. Je résistai à l’envie de la porter à ma bouche, de la plaquer entre mes cuisses et braquai mon regard fébrile sur les voyants lumineux au dessus de la porte. Bien à l’abri dans la voiture de Simone, je troussai sans mot dire ma jupe et fit glisser ma culotte.
Elle me déposa ensuite à la fac où les étudiants, entassés dans le couloir exigu jouxtant la porte verrouillée de la classe, attendaient le professeur. Lorsque nous pûmes entrer, je déposai mon sac à l’avant et, au signal du prof, je pris une grande respiration et ouvris la bouche pour la première fois depuis la nuit : « Révélation de l’avenir ou accomplissement hallucinatoire d’un désir inconscient? Mon exposé portera sur le rêve et son interprétation…»







