Textes portant l'étiquette « Saphisme »

Cent plis de peau

16 juillet 2009

Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils
À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée
Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles
Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies
Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés
Afin qu’elle soit prête pour toi, chipie boudeuse et angélique

Cent plis à la commissure de tes lèvres obstinément closes
Quand j’y frottai son gland épaté pour y forcer un passage
Jusqu’à ce que tu cèdes, mal lunée, mais complaisante
Lui abandonnant les clés du palais baveux et soyeux
Creusant les joues pour te faire petite, toute petite
Chair convulsée qui se noue au va-et-vient du nœud

Cent plis de peau où son odeur de foutre exhale
J’en lèche une perle sur ton oreille offerte comme un sexe
Et une longue coulure le long de ta nuque de traînée
Salope éblouissante tu transpire encore le mâle
Qui t’a ouverte et prise et couverte de rage
Qui t’a labourée et enduite de ses sucs vénéneux

Cent plis de putain orageuse où je sens sa présence
Laisse-moi m’y frotter longtemps à m’en brûler la langue
Laisse-moi m’infuser de ce poison viril qu’il t’a instillé
Qui a fait paraître ta chair rouge et comme enflammée
Ce soir ta peau encore en est tout embaumée
Laisse-moi en respirer sur toi l’odorant souvenir.

En veillant su'l perron

18 avril 2009

(avec un flask de gros gin et deux vieilles lesbiennes)

Dans leurs bigoudis, leurs robes un peu trop élimées et leurs bas un peu trop filés, Anne et Sophie étaient assises dans leur fauteuil à bascule sur le perron de leur bicoque hors d’âge, les jambes un peu trop écartées, avec une bouteille de gin frelaté pour regarder passer les machines. Anne sortit une indienne de son sac et l’alluma.

― Tu as vu les deux filles au snack-bar ?

― Ouais, répondit Sophie.

― Elles n’arrêtent pas de se lécher la fente en cachette depuis que la plus jeune est mariée.

― Tu me niaises ?

― Pas du tout, poupée.

Sophie cracha son chewing-gum dans le buisson puis regarda, inquiète, son amante.

― Chérie, tu ne devrais pas fumer en tenant ta bagosse aussi près de toi.

― Ha ! Ça fait plus de trente ans que je le fais ! Il n’arrivera rien, t’inquiète, rigola Anne. S’il y a trois choses que je connais, c’est le moonshine, les cigarettes de contrebande et les brouteuses de carpette. Tu connais la femme du maire ?

― La fausse blonde avec les seins qui lui tombent au nombril ?

― Elle-même. Je sais qu’elle visite quotidiennement la culotte de la petite brune du dépanneur.

― Et comment madame sait-elle une chose pareille ? railla Sophie.

― C’est mon petit doigt qui me l’a dit. Et laisse-moi te dire qu’il sent la chatte bien baisée !

― Plus ça va, plus tu deviens vulgaire, ma pauvre Anne.

― C’est pour ça que tu m’aimes, chérie ! Hey, tu vois la pétasse qui sort de la voiture ?

― Laquelle ?

― De l’autre côté de la rue, à la station-service. Paraît qu’elle a la plotte la plus hot en ville.

Alors que Sophie plissait les yeux pour mieux voir, un bruit terrible accompagné d’un nuage de fumée se fit entendre, faisant sursauter tout le patelin. Sophie se tourna et vit sa gouine le visage enduit de suie noirâtre, les cheveux hérissés et fumants, avec une relique de clope pendant au bout de ses lèvres. Elle prit une gorgée de bibine, se cala dans la chaise berçante et dit simplement :

― Je crois que c’est maintenant toi qui l’as, la plotte la plus hot en ville, chérie.

Supplique

14 avril 2008

Assez, je ne veux plus rien entendre
Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver
Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con
Épargne-moi les détails sur sa bite moisie

Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains
L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit
Tous les fuseaux horaires les frontières déflorées
Pour passer un jour de plus en son odieuse compagnie

Ni le grand lit de son loft de Yaletown
Où vous avez copulé comme des chiens sans collier
Et mangé des gaufres avec de la crème fouettée
Tu vas finir par me faire vomir sur le combiné

Épargne-moi tes pleurnicheries je sais je sais je sais
Que tu ne l’as pas vu depuis la Chandeleur ou la Trinité
Qu’il a des fesses à faire mourir un sourire à faire renaitre
Dis-moi plutôt : t’aime-t-il vraiment, cet enfant de salaud?

Irait-il jusqu’à boire le sang qui s’écoule de ton calice odorant
Quand la lune te transforme en femelle hululante?
Irait-il jusqu’à gratter du bout de la langue les sombres épices
Séchées sur le vortex hypnotique de ton anus astral?

Moi, oui.

Car je ne suis pas un jeune homme bien qu’on présente à sa mère
Je suis la catin invertie la chipie dégénérée hystérique
La tribade vénéneuse qui attend dans l’ombre immémoriale
Le moment propice pour aspirer par ton sexe le miel de ton âme

Irait-il jusqu’à offrir son cul à ta sainte main thaumaturge
Pour que tu puisses jusqu’au poignet voir s’il a du cœur au ventre?
Irait-il jusqu’à oindre tes pieds sublimes de ses sucs
Les essuyer avec ses cheveux pour te bénir, toi, femme christique?

Moi, oui.

Il est des offrandes terrifiantes, nécessaires, mais hors de portée
De ton petit monsieur propret gominé au sourire fluoré
Avec son phallus couvert de poussière de missel
Et de smegma puant le saint chrême des valeurs familiales

Lorsqu’il te délaissera pour ses copains de poker
Lorsqu’il se dira trop vieux pour embrasser ta fente
Lorsqu’il bandera mou à la vue de tes rides sublimes
Lorsqu’il préféra la télé à ta vulve angélique et bestiale

Donne-moi un coup de fil je te susurrai les horreurs que tu adores
Donne-moi un coup de fil je te murmurai les mots que tu veux entendre
Ou alors, laisse-moi un message bien vulgaire et bien tendre
Pour que je devine au premier souffle que c’est bien toi.

Le syndrome de la page blanche

2 avril 2008

— Voilà… ça y est. Et maintenant?

— Et maintenant, tu me racontes, comme promis, me dit-elle en souriant sous le masque noir qui bandait ses yeux. Je veux que tu me racontes une horreur comme toi seule as le secret, une histoire avec notre voisine Lucie. Oh! Oui… comme ça… ta langue, juste ici… Raconte-moi comment Lucie lècherait ma fente pendant des heures, jusqu’à ce que je la supplie de me… Oh! Attends, je vais…

Elle arqua le dos en inspirant profondément, puis repris :

— Allez, tu as promis. Raconte-moi comment elle caresserait mes seins… c’est ça, avec tes… et comment je passerais longuement mes doigts dans sa longue chevelure pendant qu’elle me… mais… ce ne sont pas tes chev… qu’est-ce que?

Elle retira brusquement le masque, cligna un peu les yeux puis sursauta en voyant sa voisine, la mine réjouie, essuyer son menton du revers de sa main.

— Je suis désolée, Simone, lui dis-je en me retirant doucement de la chambre. Je manque cruellement d’inspiration en ce moment.

Le pouls de l'univers

20 février 2008

«Une souris verte
Qui courait dans l’herbe
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs…»

Assise sur la chaise à bascule, Caroline fit sautiller sa petite nièce de deux ans sur sa cuisse en chantonnant cette comptine. La petite Sophie, fille unique de sa sœur Patricia, adorait le rythme et la douce tendresse du va-et-vient. «Tout le monde aime le rythme et la douce tendresse du va-et-vient», se dit Caroline. «Du berceau à la tombe. Tout le monde veut être pris ainsi, dans des bras aimants et consolateurs».

Mais plus personne ne prenait Caroline, qui depuis trois mois restait sans caresse, sans baiser, sans baise. Sans rythme, sans tendresse, sans bras aimants et consolateurs depuis le départ de Maude. Caroline ressentait son absence comme une amputation. Mieux: comme la douleur fantôme, mais lancinante que ressent la femme excisée. «Nous sommes si différentes…», avait expliqué Maude. «Nous n’avons rien en commun. Inutile de s’acharner, nous finirions par nous entredéchirer, c’est certain.» Cette logique était si imparable qu’elle ne laissait aucune prise; Caroline, impuissante, ne put rien faire d’autre que regarder Maude lui filer entre les doigts.

La petite Sophie soupirait de bonheur pendant que sa tante retenait ses cris et ses larmes. Enfant, elle avait toujours été la plus sage et la plus courageuse, protégeant sa petite sœur, ouvrant toutes les portes pour elle, les défonçant lorsque la situation l’exigeait. Depuis la venue de Sophie, Patricia comptait tout naturellement sur sa grande sœur, sur sa force tranquille, sa bienveillance et son indéfectible fidélité pour l’aider à concilier les exigences de la maternité et celles de sa carrière. Ce que Caroline acceptait avec grâce, puisqu’elle était folle de cette enfant, de sa simplicité et de son honnêteté: lorsqu’elle avait faim, elle demandait à manger; lorsqu’elle voulait de l’attention, elle grimpait sur ses genoux; lorsqu’elle était fatiguée, elle venait dormir dans ses bras.

La petite s’étant assoupie, Caroline la porta jusqu’à son propre lit. Elle la borda et plaça des oreillers le long de son corps pour éviter qu’elle ne tombe dans son sommeil. Il ne pouvait toutefois y avoir de repos pour la tante. On lui avait appris dans son enfance que c’était vilain de pleurnicher, de crier, de se plaindre. Toutes ces bonnes manières faisaient de Caroline une femme si facile à laisser…

Pour ne pas troubler le sommeil de sa nièce, Caroline s’allongea sur le sol, dans l’odeur poussiéreuse et sèche de la carpette. Les jambes repliées contre son ventre, elle se mit à se bercer, cherchant un peu de douceur et de tendresse dans le va-et-vient. Le plancher, en grinçant, murmurait «Reviens, reviens…» et son cœur blessé répondait en chantant «Elle est partie, elle est partie…». Caroline appuya son poing contre sa poitrine, par peur qu’à force de saigner et de chanter, il décide lui-même de partir, la laissant seule et froide comme un tombeau. Sous cette caresse involontaire, les pointes de ses seins s’érigèrent, dans une excitation incongrue.

C’est alors que Caroline fut traversée par une force étrange, ancienne, obscure. Elle ne venait pas de Maude, ni d’elle-même. On aurait dit un dieu émergeant des profondeurs immémoriales venant assouvir ses pulsions de vengeance et de viol. Ou peut-être une déesse. Quoi qu’il en soit, la pauvre mortelle en fut tétanisée, alors qu’une voix se mit à résonner dans sa tête: «Ton sexe m’appartient. Je vais le transpercer. Tes mains m’appartiennent. Je vais en faire que bon me semble. Ta vie m’appartient. Je ne te laisserai pas en finir avec elle. La vie est souffrance et je te ferai souffrir. Mais je te donnerai les moyens de guérir.»

Tout en continuant de se bercer, Caroline déboutonna son jeans et le fit glisser jusqu’à ses chevilles. Elle fit glisser sa main habituelle contre son ventre jusqu’à ce qu’elle rencontre des poils follets et une fente entrouverte, assez humide pour humecter sa culotte. La petite Sophie suçait son pouce et soupira dans son sommeil. Caroline gémit en retrouvant son clitoris, intact, mais rebelle, au même endroit où Maude l’avait laissé. Elle émergeait de trois mois d’hibernation; l’hiver était bien loin d’être fini, mais les eaux semblaient enfin libérées des glaces. Un doigt, puis un autre plongèrent au plus profond d’elle-même pour prouver que la source, miraculeusement, ne s’était pas tarie.

Loin des regards, une lesbienne se fit l’amour en pleurant. Un bébé mouilla sa couche dans la chaleur et la sureté du lit de sa tante. Toutes deux se berçant au rythme doux et tendre du pouls de l’univers.

L’ego gouine

26 janvier 2008

Hier matin, j’ai reçu par la poste un cadeau d’anniversaire de la part d’un lecteur français que je remercie de tout cœur (et qui se reconnaîtra). Il s’agit d’un exemplaire impeccable de La Froideur chez la femme, par le Docteur d’Orbec, publié à Paris par la Bibliothèque populaire des sciences médicales. L’ouvrage ne porte pas de mention de date mais il a probablement été publié au début du XXe siècle — si je me fie à la typographie et surtout au propos — à l’époque de la sexologie naissante.

Attention délicate, mon gentil admirateur a placé un signet au milieu du chapitre intitulé «La faute de la femme» où le bon docteur nous explique à quel point l’égoïsme maladif et pervers de la lesbienne représente un danger à la fois pour elle-même et pour la société:

«Par dessus tout, elle [la saphiste] est odieusement égoïste. Malheur à l’homme qui oserait lui faire la cour! Il serait brutalement repoussé. Et pourtant, cette vertueuse si farouche n’est qu’une horrible gourgandine. […] Les saphistes détestent l’homme; mais, par contre, elles aiment la femme d’un amour violent. Pour elle, elles sont capables de toutes les folies, elles iraient jusqu’au crime. Nulle considération ne les arrêtera, ni mari, ni famille, ni enfants mêmes, car elles peuvent être mères sans oublier leur vice. Coûte que coûte, elles retourneront à leur horrible passion, au risque d’y perdre réputation, honneur, santé, raison.»

Décidément, la sexualité féminine est bien menaçante pour les sociétés patriarcales, en particulier celle qui donne congé au phallus. À moins, bien entendu, que cette idée ne me soit venue seulement parce que j’ai perdu depuis longtemps réputation, honneur, santé et raison…!

Carte de tendre

1 novembre 2007

Je relus pour la dixième fois l’itinéraire que ma collègue Sophie m’avait griffonné sur un bout de papier froissé.

«Un long moment sur l’avenue de l’Engagement, dépasser l’intersection de la rue de la Fidélité, puis tourner à gauche sur le boulevard du Coup-de-foudre, qui se transforme après quelques minutes en rue de l’Adultère… Suivre la pente douce jusqu’au chemin du Divorce… Tourner à droite sur la rue des Regrets, jusqu’à la promenade de la Dépression et tourner à gauche sur l’impasse de la Psychopathe. Mon adresse: 911, impasse de la Psychopathe.»

Effrayée, je pensai alors à Sophie. Son charme mutin, son sourire malicieux, et ses seins… tout petits, tout mignons, attendant sagement sous sa chaste blouse de coton blanc d’être bécotés, mordillonnés. Les yeux de Sophie, ses lèvres qui faisaient déboîter mon cœur et mouiller ma culotte…

«Et puis merde!» me dis-je en jetant le papier sur le siège arrière de la voiture de Simone. «Je sais qu’elle m’attend, je finirai bien par trouver le chemin!» Je pris la clé et démarrai.

Le libraire, sa femme et sa cliente

10 octobre 2007

Pour Nefisa

— Je… je dois y aller, lui dis-je d’une voix tremblante, le souffle coupé, et les joues luisantes de cyprine.

— Non. Pas tout de suite. Reste, je t’en prie, me répondit Rachel, souriante, sa chevelure de feu répandue sur l’oreiller. Reste, il fait froid dehors et le lit est si doux, si chaud…

— Je sais, chérie, soufflai-je en enfilant ma culotte, mon soutien-gorge entre les dents. Mais je dois vraiment partir. Si ton mari nous surprend, je ne suis pas mieux que morte.

Elle caressa son ventre rond puis le doux renflement de son pubis du bout des doigts, puis murmura:

— Allez, respire par le nez et reviens près de moi. Il reste des parties de mon anatomie que tu n’as pas encore dépliées!

— Cesse de te moquer, je suis sérieuse. Des cocus qui font la peau à la maîtresse de leur épouse, ça ne se trouve pas que dans les romans de gare, mais aussi à la page des faits divers des journaux jaunes. Ce n’est pas parce que ton cher et tendre passe le plus clair de son temps avec des bouquins poussiéreux qu’il est inoffensif et non violent.

— Tu t’en fais pour rien. Maurice ne risque pas de débarquer à l’improviste pour te mettre une balle entre les deux yeux.

— Et qu’est-ce qui te permet de dire cela avec un tel aplomb?

— Il a téléphoné juste avant ton arrivée. Il m’a dit qu’il va rentrer tard, car il te présente en ce moment des curiosa rarissimes et tu sembles très, très intéressée, me dit-elle avec un clin d’oeil.

Érotisme horticole

20 septembre 2007

Les jours sont chauds et les nuits presque glaciales. Je me suis donc résignée à préparer mon potager pour l’hiver, arrachant les quelques plants de tomates qui résistaient encore vaillamment sur leur tuteur. Une légère pluie avait humecté le jardin en matinée, rendant la terre grasse, malléable, douce au toucher. Simone, qui me regardait travailler depuis quelques minutes, vint m’embrasser dans le cou et me chuchota à l’oreille: «La terre est féminine. Jamais elle n’est plus belle que lorsqu’elle est mouillée.»

Scène de ménage

5 juillet 2007

Lou est chez sa grand-mère pendant que ses deux mamans forniquent crapuleusement dans une chambre kitsch et romantique d’une petite auberge de campagne. Pénombre et bougies, corps enlacés, odeur de transpiration, de cyprine, de fauve. Les draps sont arrachés, froissés, tachés. Vers six heures, alors que je sombre finalement dans le sommeil, elle s’inquiète subitement:

— Qui fait le ménage, après? La patronne ou sa fille?

Rapbutchzel

4 avril 2007

Comme à l’habitude, Rapunzel dénoua ses longues mèches d’or et les laissa cascader le long du mur de pierres de la tour. Le prince grimpa, entra par la fenêtre, fit basculer la jeune femme sur le lit, l’enconna prestement et vigoureusement, l’éclaboussa généreusement de sa liqueur séminale et princière, l’embrassa sur le front puis redescendit le long de la route capillaire en sifflotant de satisfaction.

La nuit suivante, lorsque qu’il revint lancer des cailloux à sa fenêtre, le prince constata avec horreur que Rapunzel avait coupé ses longs cheveux et qu’il n’avait plus aucun moyen de grimper et la rejoindre. Stupéfait, il contempla longuement son cou gracieux et délicat — qu’il n’avait jamais remarqué auparavant — ainsi que ses lèvres sensuelles et ses seins ronds et mignons comme des petits pains de mie. Ivre de désir, il fit les cent pas devant la tour en fixant la fenêtre ouverte. Soudainement, le silence de la nuit fut déchiré par le bruit grinçant des ressorts de matelas qu’on malmène et surtout un bruit incongru, que le prince n’avait jamais entendu auparavant: les cris de jouissance flûtés de Rapunzel.

— Encore! Encore! Ta langue… oui! Juste ici! Oh! cria Rapunzel avant de hululer comme une chouette ayant enfin trouvé son bonheur.

Une heure plus tard, la porte de la tour s’ouvrit. En sortit une grasse paysanne aux cheveux très courts qui s’essuyait les lèvres sur le revers de sa manche.

— Comment avez-vous pu vous rendre au sommet de la tour? demanda le prince, perplexe.

— J’ai ouvert la porte et j’ai monté l’escalier, répondit la roturière qui exhalait une forte odeur de musc et de poissonnerie.

Le prince se frappa le front.

— Je comprends maintenant pourquoi elle ne cessait de répéter que son ex n’avait aucune imagination… ajouta-elle en affichant un sourire goguenard et édenté.

Lesbianisme amplement justifié

23 janvier 2007

— On se lève ?
— Je ne peux pas me lever parce que je suis… peut-être pourrais-tu…
— Ça va, ça va, je m’exécute.

Voilà pourquoi je ne vivrai jamais avec un homme: trop de tâches domestiques.

Distraction

22 janvier 2007

Lorsque je lis au lit, elle me mordille, me caresse et me griffe, agace mon entre-jambe. Je finis toujours par poser mon livre, faussement mécontente.

Adultères consentants

12 janvier 2007

Elle s’est endormie dans mes bras. J’ai commencé par la branler très doucement et de mille manières, pour ensuite lui mettre un doigt, puis deux. J’ai joui sur sa cuisse en blottissant mon nez dans son cou, nos doigts poisseux entrelacés. Demain, je la renvoie à son mari.

Dialogue nuptial (3/5)

4 janvier 2007

— Trésor, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te surprenais au lit avec une autre femme. Tu ne serais jamais capable de me tromper, n’est-ce pas?

— Hein? Bon sang mais qu’est-ce que tu me chantes?

— Olivier! Mais… mais… qu’est-ce que tu fais ici? Et où est…

— À Cornwall – enfin, je l’espère. À quoi veux-tu en venir?

— Mais c’est impossible, je…

— Quoi? Tu ne vas tout de même pas me faire ton numéro de vierge offensée, après tout ce que tu as fait cette nuit!

— Je… oh mon dieu!

— Ah, je vois… encore un de tes petits jeux… Vas-y, fais-toi plaisir, salope, ça me fait bander!

— Je t’en supplie, arrête, tu dois…

— Branle-moi, putain adultère. Avec ta main gauche, pour que je puisse bien voir ton alliance.

*  *  *

— Chérie, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te trompais. Avec un homme, par dessus le marché! Oh, Simone… tu es certaine que cette histoire de mariage est vraiment une bonne idée?

— J’en suis convaincue, ma belle. Dors, maintenant; demain la journée sera longue.

Cache-cache

3 novembre 2006

– Anne… nous ne devrions pas être ici…

– Avoue que c’est excitant!

Émilie hocha la tête. Depuis son embauche au collège comme prof de comptabilité, j’avais pris sur moi de l’entraîner toujours un peu plus loin sur la pente du vice, l’initiant à des actes pervers qu’elle n’avait jamais osé imaginer commettre même dans ses rêves les plus fous, comme boire son café en classe et porter des jeans ajustés le vendredi. Entrer nuitamment et par effraction dans le bureau du directeur des études représentant évidemment un pas supplémentaire et décisif sur le chemin de l’enfer.

Voyant qu’elle hésitait à plonger tête première dans l’antre du malin, je la pris par la main et lui dit :

– Allons Émilie, tu sais que cet homme est un immonde salopard.

– Je sais qu’il te harcèle sans raison au sujet de ton enseignement, mais… nous risquons toutes les deux d’êtres foutues à la porte, non?

– Tu t’inquiètes encore pour rien. Qu’est-ce que tu peux être godiche, chérie! Nous allons seulement jouer un peu à cache-cache avec ses accessoires directoriaux, c’est tout.

– Même quand j’étais à la petite école, je détestais ce jeu. J’étais toujours la première à me faire attraper.

– Émilie, c’est avec moi que tu joues maintenant. Impossible de perdre.

Je laissai ma main s’aventurer sur son flanc. Émilie frissonna et ferma les paupières en soupirant. Je fis sauter les deux derniers boutons de sa blouse pour me donner suffisamment d’espace pour caresser son ventre soyeux, puis ses seins si menus qu’ils ne pourraient jamais justifier un budget trimestriel de fine lingerie. Tout en poursuivant mes explorations mammaires, je glissai ma main gauche entre ses cuisses et pinçai la couture double de l’entrejambe de son jeans. Émilie ouvre les yeux et me regarda d’un air désapprobateur, en hochant de la tête.

– Je sais que tu en as envie, lui dis-je tout simplement en parcourant du doigt la couture qui séparait, sous le tissu, les plis de sa chatte.

Elle referma les yeux, ce que je reçus comme un blanc-seing. Je frottai ainsi vigoureusement la toile rude et souple du denim avec trois doigts, en accélérant la cadence, jusqu’à ce ses muscles se tendent, que son bassin s’agite.

– Tu vois? lui soupirais-je à l’oreille. Pour être contentée, il faut parfois laisser tomber un peu les comptes en T.

Émile trembla, crispée, le souffle coupé et le visage écarlate. Lorsque son corps se fut relâché, je lui demandai:

– Alors? Le bilan de l’exercice est-il positif?

–Ouf! soupira-t-elle pour seule réponse.

– Trêve de badineries, il est l’heure de jouer à chache-cache! ajoutai-je.

– Je te l’ai dit, je déteste ce jeu, commenta Émilie en reprenant son souffle.

– Pfff. Tu n’aimais probablement pas non plus dépasser les lignes dans ton cahier à colorier quand tu étais petite. Mais ne vois tu pas à quel point dépasser les bornes peut être agréable?

Émilie me sourit puis attrapa le coupe-papier du directeur. Sa poignée était longue, douce et épaisse.

– Je connais la cachette parfaite pour ce truc, me dit-elle en souriant malicieusement.