Saphisme

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— Oh! Oh! Ok, ça suffit… je ne suis plus capable d’en prendre.

— Mais… tu avais dit que tu aimais le sexe oral !

— Bien sûr ! Sauf que… si je jouis ne serait-ce qu’une seule autre fois, je pense que je vais tomber dans le coma.

— Ben là… je ne faisais que commencer.

— Commencer? Ça doit faire une heure que tu me dévore le bonbon comme une ex-gréviste de la faim dans un Dairy Queen !

— J’ai commencé à trois heures.

— Et alors ?

— Il est seulement trois heures six.

— Ben là…

— Je peux continuer ?

— C’est le changement d’heure, nounoune! Tu m’as léché la fente pendant le passage à l’heure normale!

— Slurp slurp slurp !

— Oh! Oh!

Quand je suis allumée, quand j’ai le feu au cul
Je suis excitée en ton honneur.
Quand je cours me cacher dans ma chambre
Pour soulager la tension du mieux que je peux
Je verrouille la porte en ton honneur.
Quand je passe mon t-shirt par-dessus ma tête
Je l’envoie valser à travers la pièce en ton honneur.
Quand je laisse tomber mon vieux jeans sur le parquet
Je fais glisser ma culotte en ton honneur.
Quand je sors ma copie de Passions saphiques au collège
Du tiroir où je cache mes plus obscures perversions
Je lis un passage bien juteux en ton honneur.
Quand je m’assois sur le lit, jambes écartées
Sur l’édredon – cul nu calé contre l’oreiller
Je fais courir deux doigts sur ma fente en ton honneur.
Quand je glisse une main sous mon soutif
Je pince un mamelon tout durci en ton honneur
Quand j’attrape mon vibro préféré
Celui qui gronde comme les cavaliers de l’Apocalypse
Je l’enduis généreusement de KY en ton honneur.
Quand je le frotte tout autour de mon clito
Et que des ondes délicieuses me transpercent
Transverbérée par la pureté de l’amour charnel
Je me laisse bercer par la houle en ton honneur.
Quand j’échappe et laisse choir mon bouquin
Que j’imagine tes flammes capillaires soyeuses
Caressant l’intérieur de mes cuisses
Mes orteils se crispent en ton honneur
Quand je me sens tanguer comme dans un bateau ivre
Quand je bascule dans l’abysse aveuglant du plaisir
Quand le plaisir en cascades vient épicer mon sang
Je détrempe et embaume mes draps en ton honneur.
Et quand tout est rangé, que le tiroir est refermé
Que j’ai repris à peu près forme humaine
J’essuie tout ce charmant désordre en ton honneur.

— Encore en train de lire tes romans de dino-cul ? demanda Véronique.

— Pour ta gouverne, ça s’appelle de l’érotisme dinosaurien et c’est excellent, répondit Julie dans lever les yeux de son Kindle.

— Tu es trop weird pour cette planète, chérie.

— Je pense que tu n’as pas de leçons de normalité à me donner, madame je-couche-avec-n’importe-quoi-du-moment-que-ça-respire-encore.

— Je vais faire semblant que je n’ai pas entendu cette remarque: j’ai trop hâte de te donner ta surprise.

— Une surprise? Pour moi? Chouette! J’adore les surprises!

— Déshabille-toi et je te montre.

— Okidoki ! dit Julie en faisant glisser ses pantalons de survêtement.

Nue sur le lit, elle figea de stupeur en voyant Véronique revenir dans la chambre.

— Fuck ! Véro… où as-tu trouvé ce monstre?

— Le masque ou le strap-on?

— Les deux !

— J’ai commandé le gode-ceinture en ligne il y a quelque temps. Je suis allée le chercher au bureau de poste ce matin, répondit Véronique en badigeonnant généreusement le phallus factice de lubrifiant. Quant au masque de lézard… il était dans la boîte d’objets perdus du bureau depuis l’Halloween.

— Quelle forme bizarre, on dirait vraiment une bite de reptile.

— Merci mon dieu pour internet, qui rend accessible à masse tout ce qui est pervers, bizarre et ultra-marginal.

— Et aussi de trop grande taille. Ça ne rentrera jamais.

— Ben voyons. Tu es une athlète de la foufoune ; avec un peu de préparation mentale tu vas pouvoir la prendre comme une championne. Tu n’as qu’à imaginer que je suis le héros à cervelle de noix d’un de tes romans à la noix. Tiens, tu la vois, sa pine? Elle dégouline de liquide pré-éjaculatoire et préhistorique juste pour toi.

— Je ne sais pas, Véro, il est terriblement… OH !

— Tiens… c’est curieux, je n’aurais pas pensé pouvoir l’enfoncer si facilement.

— Shit, shit, shit, shit ! Je me sens sur le bord d’éclater.

— Tu veux que j’arrête ?

— Surtout pas ! Je veux pouvoir raconter à tout le monde que je me suis fait baiser par un Vérociraptor… soupira Julie en attrapant les sangles et en tirant son amante vers elle.

Elle me laisse la plupart du temps la regarder.

Certains soirs, elle me permet aussi de m’étendre derrière elle, quand elle dort sur ​​le flanc gauche sous le drap couvert de son écriture en pattes de mouches, de ces poèmes indéchiffrables qu’elle tisse des nuits entières, Pénélope infatigable, en attente de l’arrivée de l’homme éternel, de l’homme archétypal et abstrait, celui qui saura la compléter, celui qui donnera un sens à son existence, celui qui lui permettra enfin d’atteindre la plénitude. Moi, je ne suis qu’une femme, alors je ne compte à ses yeux pour pas grand-chose, pour moins que rien, en somme. Voilà pourquoi je peux me plier autour d’elle et la serrer moi, pourquoi je peux enrouler mes bras autour d’elle son corps, toucher sa peau et poser ma main délicatement sur sa conque vierge et nacrée jusqu’à ce qu’elle se recouvre de rosée.

Parfois, elle me permet de l’embrasser.

Nellie était à deux doigts de tout envoyer valser et d’entrer au Carmel.

L’homme qui avait promis sur internet de lui donner une fessée dont elle se souviendrait toute sa vie s’est, de peine et de misère, rendu à la deuxième claque, puis s’est mis à pleurer. Quant à l’autre, celui avec qui elle avait eu de longues conversations téléphoniques qui lui avaient mis le feu aux sangs… il ne pensait qu’à une seule lorsqu’elle se retrouva nue devant lui : qu’elle lui pisse au visage. Sans parler de son sadique cyclothymique préféré qui était trop déprimé pour répondre à ses courriels. La factrice la trouva, en larmes, assise sur les marches de l’escalier menant à la porte d’entrée de sa maison.

— Mais qu’est-ce qui vous arrive, ma p’tite dame?

Nellie leva vers elle ses yeux d’un bleu étincelant.

— Personne ne veut de moi… du moins, personne ne veut de moi de la façon dont je voudrais qu’ils me veulent.

La factrice la regarda de haut en bas et esquissa un sourire en apercevant ses seins lourds et ses courbes généreuses. Elle prit sa main et la conduisit dans la maison en lui disant:

— Je me prénomme Auréa, mais tu peux m’appeler Maîtresse.