Textes portant l'étiquette « Seins »

Quand je serai maquerelle

21 novembre 2008

Quand je serai maquerelle
J’aurai de gros lolos
De gros lolos tout rouges
Ronds comme des navets
De gros lolos tout rouges
Gros comme des courges
De gros lolos tout rouges
Qui remuent et qui bougent.

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

Quand je serai tapineuse
J’aurai une guêpière
Une drôle de guêpière
Avec des cotillons
Une guêpière magique
Remplie de foulards
Remplie de pétards
Remplie de morpions

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

Quand je serai une grue
J’aurai une paire de bottes
Avec des talons hauts
Qui montent jusqu’à la plotte
Avec des talons hauts
Pour faire monter au ciel
Avec les zosiaux
Sans avoir des ailes

Et ça f’ra rire les vicieux
Les petits enfants et même les vieux

Je t’appelle Tony

29 octobre 2008

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony

Quinze minutes de gloire

1 août 2008

Je levai distraitement les yeux de mon roman lorsqu’une jeune femme sans parapluie ni imperméable — et donc ruisselante de pluie — entra dans le l’autobus. Au moment où elle s’assit près de moi, j’entendis, à mon grand désarroi, son portable hurler les notes nasillardes et métalliques de L’hymne à la joie.

— Allo…? Oui… Tu m’as vu? dit-elle en essuyant la goutte qui perlait au bout de son nez. Dans un bar? Ils avaient la télé, c’est ça… et tes copains étaient avec toi, par-dessus le marché? Mario y était aussi… je parie qu’il a adoré, ce salopard.

Elle ajusta sa coiffure imbibée d’eau, projetant de ce fait quelques gouttes sur les pages de mon bouquin.

— Comment voulais-tu que je devine qu’il allait pleuvoir… Quatre-vingts pour cent? Pffff. Ils ont dit ça tout l’été. Depuis quand les météorologues prédisent-ils le temps avec précision, hein…

Elle écouta les explications de son interlocuteur en fronçant les sourcils.

— Vraiment? Je ne pensais pas qu’ils pouvaient avoir raison aussi souvent. Qu’importe, j’étais beaucoup trop nerveuse pour regarder le bulletin de nouvelles.

Je relus trois fois la même ligne. Dieu que je déteste les cellulaires et leurs indélicats usagers!

— Non, pas trop satisfaite. C’était ma chance, j’aurais pu me faire remarquer et lancer ma carrière, mais j’ai tout foutu en l’air… Ne ris pas! Je n’étais pas au meilleur de ma forme, ma voix était enrouée, forcément, avec toute cette pluie… j’ai même trébuché sur le mot «ceint», la honte… Mais tu comprends que c’était le cadet de mes soucis… est-ce que ça se voyait beaucoup, à la télé…? Je ne veux pas savoir si c’était beau, je veux savoir si ça se voyait… Tu vas me répondre, à la fin?

Elle fit la moue, se mordit la lèvre inférieure, puis soupira.

— Cette blouse de soie blanche m’a coûté cent dollars et c’est la meilleure de ma garde-robe. Normal que j’ai voulu la mettre… Non, je n’en ai pas mis. Je ne voulais pas qu’on puisse voir les bretelles, à travers.

Titillée par cette conversation, j’abandonnai l’idée de lire et refermai mon livre.

— Oui, c’était des enfants. Je sais ce que «Peewee» veut dire, je ne suis pas conne. Mais il y avait aussi des adultes et c’était ma chance de faire bonne impression… On voyait tout? Vraiment? Oh mon dieu! Je comprends pourquoi l’entraineur ne cessait de me faire des clins d’œil en souriant comme un demeuré…

Long silence agacé.

— Cesse de rire, ce n’est pas drôle du tout! Au moins, tous tes amis étaient au bar avec toi… personne n’a pu enregistrer… Quoi? Ça se programme, ce machin…? Et sur You Tube, déjà? Tu aurais pu l’en empêcher, merde!

Je me penchai un peu vers elle et tendis l’oreille pour ne pas en manquer une miette.

— Ils l’ont montré combien de fois, à la télé? Quoi? Tant que ça… Merde! Merde! Tout le monde de la paroisse va appeler ma mère… TQS? Qu’est-ce qu’ils me veulent…? Ah non! Pas question! Ce n’est pas comme si j’avais fait exprès…

Inconsciemment, je me tournai carrément vers elle, suspendue à ses lèvres.

— Je ne serai plus jamais capable de regarder tes copains dans les yeux… Hey, ils ont intérêt à me regarder dans les yeux et pas plus bas, s’ils ne veulent pas recevoir un genou dans les couilles…! Ouais… c’est ça… on se voit à la maison.

Elle fit claquer le téléphone en le refermant, tourna les yeux et constata que je contemplais fixement les deux vedettes du jour depuis un bon moment.

— Qu’est-ce que tu regardes, toi? me siffla-t-elle, hargneuse, en serrant son sac à main contre sa poitrine.

Le syndrome de la page blanche

2 avril 2008

— Voilà… ça y est. Et maintenant?

— Et maintenant, tu me racontes, comme promis, me dit-elle en souriant sous le masque noir qui bandait ses yeux. Je veux que tu me racontes une horreur comme toi seule as le secret, une histoire avec notre voisine Lucie. Oh! Oui… comme ça… ta langue, juste ici… Raconte-moi comment Lucie lècherait ma fente pendant des heures, jusqu’à ce que je la supplie de me… Oh! Attends, je vais…

Elle arqua le dos en inspirant profondément, puis repris :

— Allez, tu as promis. Raconte-moi comment elle caresserait mes seins… c’est ça, avec tes… et comment je passerais longuement mes doigts dans sa longue chevelure pendant qu’elle me… mais… ce ne sont pas tes chev… qu’est-ce que?

Elle retira brusquement le masque, cligna un peu les yeux puis sursauta en voyant sa voisine, la mine réjouie, essuyer son menton du revers de sa main.

— Je suis désolée, Simone, lui dis-je en me retirant doucement de la chambre. Je manque cruellement d’inspiration en ce moment.