Une grande saga romantique, avec de la passion, des déchirements, des larmes et du sang, qui se lit de bas en haut. Lisez le premier épisode et le deuxième épisode.
Textes portant l'étiquette « Sodomie »
5 mars 2010
Samedi soir, Olga reçoit six amis chez elle pour une orgie.
Julie s’est bien assurée que la personne qui la prend en levrette porte un condom. Joë est gay et porte une cagoule. Marc est exclusivement hétérosexuel. La personne qui porte des bas résille a 25 ans. La femme de 35 ans est lesbienne. Pierre se fait sucer par une personne de 20 ans. La femme qui porte des talons aiguilles se fait prendre par les deux bouts. La personne de 19 ans est homosexuelle. Olga a 30 ans et ne baise que des personnes qui ont au moins son âge. La personne tatouée lèche le cul d’une femme de 40 ans. Annie est dans la trentaine. Martine encule avec son gode-ceinture une personne qui porte un soutien-gorge. Et seule la personne âgée de 29 utilise un contraceptif.
Qui reste dans son coin et se branle, solitaire?
(La réponse lundi, bande de joyeux pervers!)
Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?
Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?
Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?
Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?
Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?
Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?
Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?
Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?
Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?
Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?
Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?
Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?
Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?
Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?
Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?
Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?
Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?
Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?
Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?
Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?
Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?
Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?
Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?
Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?
Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?
Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?
Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?
Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?
Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?
Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?
Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?
Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?
Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?
Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?
Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?
Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.
« Je n’embrasserai jamais une femme » me dit-elle, un an avant que sa langue, alourdie par le drambuie, ne glisse entre mes lèvres et sur mes dents.
« Je ne laisserai jamais une femme me caresser » me dit-elle, un an avant que je ne soupèse ses seins et pince ses mamelons sous son pull de laine.
« Je ne toucherai jamais le sexe d’une femme » me dit-elle, un an avant qu’elle ne fasse voler ma culotte à travers sa chambre.
« Je ne laisserai jamais une femme poser sa langue sur moi » me dit-elle, un an avant qu’elle ne me laisse goûter les sucs salins qui enduisaient ses lèvres vénériennes.
« D’accord, mais j’espère que tu ne t’attends pas à ce que je te rendes un jour la pareille » me dit-elle, un an avant que je ne caresse, entre mes cuisses, la cascade rousse et soyeuse de sa chevelure.
« Mon cul ? Pas question qu’une femme y touche ! Ni un homme, d’ailleurs : c’est trop sale » me dit-elle, un an avant d’agiter des hanches en soupirant pour que mon pouce fouille plus profondément son fondement.
« Range moi ce gode ceinture sur le champ. Je ne veux jamais plus entendre parler de ces trucs pervers de lesbienne dégénérée » me dit-elle, un an avant que je ne la besogne, le dos sanglant labouré par ses ongles fraîchement manucurés.
« Je ne cesserai jamais de t’aimer » me dit-elle, un an avant qu’elle ne parte avec la moitié des meubles de l’appartement.
Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)
(Lire la suite.)
Nom du fichier : conference04.wav
AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée
LB : Louis Berthier, artiste embroché
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage
L : Lucifer, poète enculé
S : Stella, prostituée de Babylone
F : Fido, soumis bien membré
[Début de l’enregistrement]
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.
L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.
La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.
La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. Lire la suite »
Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)
Nom du fichier : conference02.wav
AA : Anne Archet, conférencière interrompue
LB : Louis Berthier, artiste subventionné
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale
L : Lucifer, poète sans abri
[Début de l’enregistrement]
[Bruits de manipulation de micro.]
AA : «Individualisme, aristocratie et anarchie», par Anne Archet. Suite et fin.
L’individualisme de Nietzsche est aristocratique dans le sens où il est convaincu que tous les individus ne sa valent pas : il y a les forts et les faibles. L’erreur est de comprendre ces termes dans le cadre des relations sociales actuelles et surtout de croire que « forts » veut dire « bourgeois », « maîtres » ou « dictateurs » et que « faibles » veut dire « prolétaires », « esclaves » ou « opprimés »; la pensée de Nietzsche est beaucoup trop complexe pour tomber dans un tel manichéisme.
Nietzsche distingue plutôt la force et de la faiblesse, la volonté de puissance ascendante (qui va dans le sens de la vie) et la perversion de cette volonté (lorsqu’elle se heurte à des obstacles comme la morale, la religion ou la société), perversion qui fait que l’individu retourne sa volonté contre lui-même, s’affaiblit et éventuellement s’autodétruit. Le fort et le faible ne sont donc pas nécessairement deux individus séparés et distincts dont l’un réduirait l’autre en esclavage; ce sont plutôt deux tendances en lutte qui coexistent chez l’individu, le tirant tantôt vers le bas, tantôt vers le haut.
Le fort — l’aristocrate étymologique, le meilleur — et le faible ne sont donc pas deux individus séparés dont l’un réduirait l’autre en esclavage. Il s’agit plutôt de deux tendances qui tirent l’individu tantôt vers le bas, tantôt vers le haut. L’individu fort est celui qui s’est placé dans des conditions de vie qui favorisent la tendance ascendante de sa volonté et qui parvient à faire triompher en lui les forces positives. Le faible est celui qui renonce à lui-même, qui a honte de son égoïsme, qui préfère se dominer lui-même, dominer ses passions, ses instincts, plutôt que d’exercer sa puissance vers le monde extérieur.
Le fort est un « homme supérieur », c’est un individu qui…
Lire la suite »
Charlie était un amour ; j’en étais folle. Il était grand, il était beau, il était blond, il avait le corps d’un dieu grec qui se serait échappé des frises du Parthénon et avait des yeux outremer que je pouvais contempler pendant des heures sans discontinuer. Et quand je dis « des heures », ce n’est pas une simple figure de style, parce que Charlie n’avait que deux passions : l’acide lysergique et le conduit sodomique des demoiselles. Et puisque j’étais adepte à l’époque autant les psychotropes que l’amour anal, nous formions un couple joliment assorti, uni dans la débauche et le délire chimiquement induit. Nous nous donnions rendez-vous chaque semaine à son appartement ; nous décollions ensemble les yeux dans les yeux le samedi — et nous atterrissons ensemble le dimanche, lui derrière et moi devant.
Ce samedi-là, j’en avais pris beaucoup plus qu’à l’accoutumée… 150 ou 200 microgrammes si ma mémoire est bonne. Ce qui selon toute vraisemblance explique ce que j’ai pu voir par la fenêtre du salon…
— Fuck ! Charles ! Viens voir !
— Quoi ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? me répondit un Charlie phosphorescent avec une voix qui semblait provenir de l’intérieur de mon crâne.
— Les flamants roses !
— Les flamants roses ?
— Oui ! Sur la pelouse ! Ici !
— Je sais. C’est la concierge qui les a…
— Mais regarde ! Regarde donc ! Ils baisent !
— Anne, ils sont en plastique.
— Celui-ci la prend par-derrière ! Et celle-là le suce avec son énorme bec…
— Ha ha ha ! J’en connais une qui a eu les yeux plus gros que la panse ! Tu te limiteras à la dose que je te donne, la prochaine fois… conclut Charlie en retournant s’étendre sur le sofa.
Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à me scandaliser des mœurs dépravées des flamants roses en plastique. Ils avaient tous plus ou moins des attributs humains : certains avaient au bout des ailes des mains aux longs doigts filiformes dont ils se servaient pour titiller les seins ronds comme des melons des femelles qui étaient affublées de longs cils exagérément recourbés. Elles adoptaient des postures alanguies et complaisantes pour faciliter la pénétration des verges énormes de leurs volatils partenaires, des bites multicolores au gland noueux et congestionné qui crachaient à répétition un foutre épais et rose ressemblant à s’y méprendre à du savon liquide à vaisselle rose. Je vis un mâle, goguenard, qui branla son membre et vint asperger deux femelles qui, indifférentes à cette libation, continuaient de se faire minette avec des langues luisantes de cyprine. Je vis dix de ces échassiers s’aimer virilement en s’enculant mutuellement jusqu’à former un cercle particulièrement vicieux. Je vis même une de ces décorations de jardin en plastique chanter Tico tico et La vie en rose avec la voix d’Alys Robi pendant que ses deux amants la prenaient l’un dans le con et l’autre dans le cul.
J’étais si bouleversée par ce spectacle que j’en tremblais.
— Charles ! Charles ! Je te dis qu’ils baisent sur ta pelouse ! En public ! Fais quelque chose !
— Calvaire ! Là, ça suffit…
— Mais… mais… mais… qu’est-ce tu fais ? Ma jupe !
— Je vais t’enculer jusqu’à ce que tu te la fermes, bordel !
Avec son index, il fit descendre ma culotte, écarta mes fesses et je sentis son gland, humide de sperme et de KY, buter contre mon petit trou.
— Pas devant la fenêtre… non… les voisins… le suppliai-je.
— Aucun danger : ils sont tous occupés à regarder les flamants roses ! me répondit Charlie en enfonçant son pieu jusqu’à la garde dans mes entrailles.
(Ce texte a été publié dans le dernier numéro du magazine FA, avec trois illustrations de Thierry Labrosse. Courez vous le procurer : l’empire Quebecor a besoin de vos sous.)
— Un instant, j’arrive !
Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit : c’était la fille de la voisine.
— Noémie ! minauda-t-elle. Entre, ma chérie !
Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. « Comme elle a grandi ! » pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.
— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre ?
— Mais bien sûr, chérie ! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés ?
— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.
— Voilà qui est tout à fait charmant ! Quelle grande fille tu fais ! Et tes frères, comment vont-ils ? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…
— Oh, j’espère bien ! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.
Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.
— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères ?
— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.
— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas ?
— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer !
Elle huila généreusement ses mains, les frotta puis les posa sur les épaules de son client.
— Oh la la, mais qu’est-ce que tu peux être tendu, Éric! Tes muscles sont noués comme de la corde de navire…
— Marilou, je deviens fou… soupira-t-il.
— Tu vois toujours ces deux mecs? demanda-t-elle en lui frottant le dos.
— Ouais… je culpabilise à mort. Mais je les aime tous les deux.
— Et aucun d’eux ne connaît l’existence de l’autre?
— Jamais de la vie! Ça leur briserait le cœur, c’est certain.
— Hum… grogna-t-elle d’approbation.
— Ils sont si semblables. Ils ont la même taille, les mêmes cheveux, ils ont les mêmes goûts, surtout quand vient le temps de…
— De…?
— De… tu-sais-quoi. Iils ne me prennent qu’en levrette… et après, ils aiment tous deux… jouer avec mon cul, dit-il en riant nerveusement.
— Vraiment?
— Je te jure. Je n’ai jamais rencontré de tels amateurs de fesses… on dirait qu’ils n’arrivent pas à les laisser tranquilles!
— Je vois… parlant de tes fesses, chéri…
— Quoi?
— Quelqu’un les utilise pour jouer à tic-tac-toe.
— Hein?
— Une partie par miche. Celle de gauche a trois «X» en diagonale. Qui a gagné, tu crois? demanda la masseuse en pouffant.
Ce soir, en lisant un conte à Lou, je ne faisais que penser à «l’étroit petit cochon». Je crois qu’il est grand temps que je cesse d’écrire des récits gay…
— Oh… oui…
— Je t’avais dit que je ferais un grand garçon de toi.
— Hum… et moi… Je n’aurais jamais cru que j’aimerais autant me faire sucer par un mec. Encore moins par un coéquipier, dans le vestiaire, après un match…
— Tu n’as encore rien vu, joli cœur. Viens prendre par en arrière le corps de ton quart-arrière.
— Je n’osais pas le demander.
— Attends, je vais me placer comme ça… Oh! Oui! Enfonce bien ta langue… Salaud! Tu sais t’y prendre…
— Je t’ai mis de la bave jusqu’aux couilles. Ça te fait bander, mon cochon.
— Tu vois comme je m’ouvre? Allez, viens, prends-moi, je suis prêt.
— Oh… je…
— Ouf! Doucement… je… Oui!
— C’est si… hum… serré… je…
— Oui! Oui!
— Je crois que je vais… Oh!
— Vas-y! Vas-y! Viens!
— Ahh! Ahh! AAAAAHHHHRRRGG!
— Oh oui.
— Ooooh.
— Je comprends maintenant pourquoi ils t’on choisi comme botteur de précision. Alors, c’était bon?
— Très, même.
— Tu as aimé m’enculer, espèce de vicieux?
— J’ai adoré t’enculer, espèce de pervers.
— Tu crois que c’était pervers? Attends, je connais un truc qui va te renverser cul par-dessus tête.
— Qu’est-ce que c’est? Tu veux que je te bourre encore le fion?
— Je veux que tu le bourres comme jamais il n’a été bourré.
— Tu veux que je le bourre à le faire éclater?
— Oui! Et je veux que tu le fasses avec ça!
— Avec… ça?
— Ouais! Je veux que tu m’encules jusqu’à ce que je tremble de plaisir!
— Mais… c’est une boîte de délicieux macaronis au fromage Kraft®, si utiles lorsque la fringale nous prend et que le temps nous manque!
— Oh oui! Pour moi, c’est Kraft Dinner™ ou rien!
Crème glacée, limonade sucrée,
À qui pensez-vous quand vous vous branlez?
Vole, vole, vole que je t’aime,
Viens ici ma chère Annie.
Ma langue glisse dans ton oreille,
Un doigt chatouille ton mimi:
Ah oui! (il faut sortir) Youpi!
Pas hier soir, mais le soir d’avant,
Quarante violeurs sont venus cogner à ma porte
Et voici le message qu’ils ont laissé:
Madame, tournez-vous de bord, (ter)
Madame, touchez à terre, (ter)
Madame, relevez votre croupe, (ter)
Madame, présentez votre rosette, (ter — en sortant de la corde)
Je veux manger une gourgandine,
Je veux manger une traînée,
Le minou
Le bouton
Le p’tit trou
Et aussi les gros lolos
Qu’il faut téter comme il faut
(il faut sortir)
À la ferme de Bruno,
Je me fais prendre par derrière
Par toutes sortes d’animaux,
Y’en a des p’tits, y’en a des gros,
Mais celui que je préfère,
C’est…
(Une catin entre en nommant un animal et saute quatre fois en
l’imitant. À chaque saut, toutes les autres en imitent le son.
La débauchée sort, on reprend le refrain et une autre entre avec un
nouvel animal…)
Madame Angot est en colère
Car elle s’est fait prendre par derrière
Et son mari est bien penaud
De pas l’avoir mise comme faut
Vive la mère Angot!
La même copine m’a raconté qu’elle s’adonne à une curieuse pratique dans la chambre à coucher de son coquet split-level de banlieue: «Après quelques préliminaires, mon chéri lubrifie mon vagin puis le remplit avec du latex liquide. Lorsque le tout a durci, il le retire puis me demande que je m’en serve pour le sodomiser. Tu as déjà entendu parler d’un truc pareil?»
J’eus beau me gratter longuement la tête, je dus reconnaître la justesse du vieil adage: les amoureux sont seuls au monde.
— Un instant, j’arrive!
Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit: c’était la fille de la voisine.
— Noémie! minauda-t-elle. Entre, ma chérie!
Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. «Comme elle a grandi!» pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.
— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre?
— Mais bien sûr, chérie! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés?
— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.
— Voilà qui est tout à fait charmant! Quelle grande fille tu fais! Et tes frères, comment vont-ils? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…
— Oh, j’espère bien! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.
Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.
— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères?
— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.
— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas?
— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer!
Un soir de farniente, dans sa petite chambre aux résidences universitaires. Nous étions jeunes et cérébraux, nous buvions des expressos en caquetant sur Derrida et Foucault — ce qui suffisait amplement pour nous convaincre que nous étions des intellectuels d’avant-garde.
— Allez, viens, «encule-moi», me mis-je à lui répéter d’un ton las, à quatre pattes sur son lit, en agitant mon popotin sous son nez. Je suis ta «chienne», vas-y, «bourre-moi» avec ta «grosse queue».
Surpris, il faillit s’ébouillanter avec sa cafetière.
— Qu’est-ce que tu attends? Je connaîtrai enfin le «plaisir absolu» et toi… tu auras la queue pleine de merde, lui susurrai-je avec ironie.
Se produisit alors quelque chose de totalement imprévisible: il me sauta brusquement dessus, m’arracha ma culotte et se mit à me ramoner le tuyau comme s’il y avait danger d’incendie pendant que je criais à l’assassinat.
C’est alors que je compris que les hommes n’ont pas les capacités mentales nécessaires pour saisir le sous-texte.
Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière
Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher
Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes
Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau
Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari
Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.
Comme à chaque matin, la lecture de son journal l’absorbait tout entier. Assise de l’autre côté de la table, Pascale, sa femme, sirotait d’un air absent son café depuis une dizaine de minutes. Soudain, elle déposa sa tasse, planta son regard dans le sien et lui dit:
— Je te trompe avec Dominique depuis maintenant trois mois.
— Quoi? Tu… tu te fous de ma gueule… je…
— Je suis très sérieuse.
Trop abasourdi pour répondre, il attendit le coup de grâce, qui prit la forme de cette proposition laconique:
— Ça te dirait de nous regarder?
— Oui, réussit-il à articuler en bandant douloureusement.
Il était nu, tapi dans le placard, lorsque Dominique entra dans leur chambre. Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance — or, c’est exactement le contraire qui se produisit. Il s’attendait à des ébats sauvages, violents même, mais il n’aurait jamais soupçonné que Pascale puisse être aussi cruelle et Dominique d’une soumission aussi complète. Leurs étreintes furent rudes et leurs orgasmes interminables.
Depuis sa cachette, il vit ensuite sa femme se lever, sortir une longue corde de la table de nuit et se mettre à ligoter Dominique: les poignets dans le dos, le visage enfoui dans l’oreiller, les genoux largement séparés et les fesses bien remontées vers le ciel. Pascale contempla son travail avec satisfaction puis ouvrit la porte du placard. Il hocha la tête en signe de désapprobation mais se laissa guider jusqu’au lit, entre les cuisses de Dominique.
— Vas-y, mets-la lui, ordonna Pascale. Ne fais pas cette tête, je connais tes tendances et je sais que tu en rêves depuis longtemps.
Comme dans un rêve, il se mit à besogner frénétiquement le conduit sodomique de Dominique jusqu’à ce qu’ils se mettent à l’unisson, tels des coyotes, à hurler leur jouissance à la lune.
Après le départ de Dominique, Pascale le prit dans ses bras et, caline, lui demanda:
— Tu as aimé?
— Bien sûr.
— Tu voudrais répéter l’expérience?
— Peut-être.
— Tu penses à Dominique? demanda Pascale en empoignant la bite de son époux.
— Non, répondit-il. Je pense à ton autre sœur.







