Textes portant l'étiquette « Sodomie »

Message vocal

11 juillet 2007

Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière

Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher

Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes

Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau

Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari

Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.

Le congé de Pascale

8 avril 2007

Comme à chaque matin, la lecture de son journal l’absorbait tout entier. Assise de l’autre côté de la table, Pascale, sa femme, sirotait d’un air absent son café depuis une dizaine de minutes. Soudain, elle déposa sa tasse, planta son regard dans le sien et lui dit:

— Je te trompe avec Dominique depuis maintenant trois mois.

— Quoi? Tu… tu te fous de ma gueule… je…

— Je suis très sérieuse.

Trop abasourdi pour répondre, il attendit le coup de grâce, qui prit la forme de cette proposition laconique:

— Ça te dirait de nous regarder?

— Oui, réussit-il à articuler en bandant douloureusement.

Il était nu, tapi dans le placard, lorsque Dominique entra dans leur chambre. Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance — or, c’est exactement le contraire qui se produisit. Il s’attendait à des ébats sauvages, violents même, mais il n’aurait jamais soupçonné que Pascale puisse être aussi cruelle et Dominique d’une soumission aussi complète. Leurs étreintes furent rudes et leurs orgasmes interminables.

Depuis sa cachette, il vit ensuite sa femme se lever, sortir une longue corde de la table de nuit et se mettre à ligoter Dominique: les poignets dans le dos, le visage enfoui dans l’oreiller, les genoux largement séparés et les fesses bien remontées vers le ciel. Pascale contempla son travail avec satisfaction puis ouvrit la porte du placard. Il hocha la tête en signe de désapprobation mais se laissa guider jusqu’au lit, entre les cuisses de Dominique.

— Vas-y, mets-la lui, ordonna Pascale. Ne fais pas cette tête, je connais tes tendances et je sais que tu en rêves depuis longtemps.

Comme dans un rêve, il se mit à besogner frénétiquement le conduit sodomique de Dominique jusqu’à ce qu’ils se mettent à l’unisson, tels des coyotes, à hurler leur jouissance à la lune.

Après le départ de Dominique, Pascale le prit dans ses bras et, caline, lui demanda:

— Tu as aimé?

— Bien sûr.

— Tu voudrais répéter l’expérience?

— Peut-être.

— Tu penses à Dominique? demanda Pascale en empoignant la bite de son époux.

— Non, répondit-il. Je pense à ton autre sœur.

Tout est dans la manière d’amener la chose

12 novembre 2006

Il se retourne vers elle et caresse son épaule nue. Elle lui tourne le dos et tire les draps contre elle en soupirant très fort.

– Allons, chérie…

Il caresse ses cheveux. Elle éloigne sa tête.

– Je suis sûr que tu vas aimer…

– Et moi je suis sûre que non.

– Ne sois pas si…

Elle se retourne et le fusille du regard.

– «Si» quoi?

Surpris, il s’éloigne un peu, instinctivement.

– Ne te mets pas en colère ma choupinette. Je me disais seulement que ça serait bien d’essayer, qu’on aurait du plaisir…

– Peut-être pour toi, salopard! Parce que ce ne serait pas toi qui te retrouverait avec un truc enfoncé dans le derrière, évidemment.

– Chérie… toutes mes ex aimaient l’amour anal.

– Je ne suis pas une de tes ex! Enfin, pas encore…

– Come on! On pourrait essayer une seule petite fois de rien du tout. Je vais y aller délicatement, je te le jure.

Elle soupire encore plus fort.

– Qui sait? Peut-être va-tu aimer, ma choupinette…

– Écoute-moi bien. Si j’aimais le sexe anal, je serais restée un homme. Maintenant, laisse-moi dormir.

Prends-moi par la main avec tes veines corrompues comme des seringues bibliques

28 janvier 2003

Prends-moi par la taille avec tes bras reptiles comme le roc aux yeux mi-clos.
Prends-moi par la main avec tes tresses mauves comme le félin glacé.
Prends-moi par les épaules avec tes moues d’uranium comme les visions d’archanges.
Prends-moi par les cheveux avec tes songes osseux comme les grincements verts des angles sonores.
Prends-moi par les seins avec ton souffle d’émeraude comme une débauchée aux ongles de bravoure.
Prends-moi par le sexe avec tes doigts de grammaire comme une étoile aux pensées volcaniques.
Prends-moi par le cul avec ta langue de terre chaude comme une huître aux paraboles catholiques.
Prend-moi par le cœur avec tes mots de rasoir comme l’amante cartésienne aux larmes fatales.


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