Textes portant l'étiquette « Sperme »

Lettre à l′amant

14 février 2010

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

La conférence interrompue (4/5)

24 janvier 2010

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

(Lire la suite.)

Nom du fichier : conference04.wav

AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée
LB : Louis Berthier, artiste embroché
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage
L : Lucifer, poète enculé
S : Stella, prostituée de Babylone
F : Fido, soumis bien membré

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.

L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.

La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.

La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. Lire la suite »

Romance de cabine

31 janvier 2009

J’eus la permission de les regarder
Ils laissèrent la porte ouverte
Le plus jeune me tournait le dos

L’autre assis, pantalon aux chevilles
Il lui pompait le dard
Bave en filets gluants au menton

Et moi je me contentais de me branler
Spectateur con et coi, quoique…
J’aurais dû venir sur sa nuque

Ou éjaculer sur ses cheveux graisseux
Parquer mon cul nu sur le béton glacial
Pour lécher le sien, brûlant

Glisser mon gland entre ses lèvres
Pour lui faire goûter le suc amer
L’essence même de mon plaisir

Lécher sur sa joue râpeuse les traces
Du plaisir défunt de son amant
Lui demander son prénom, à tout le moins

Mais ils ont fui hilares et repus
Bien avant que j’eus le temps d’éponger
Le foutre bleu qu’ils ne purent voir jaillir

Le sirop d’orgeat

21 novembre 2008

Suce ma pine
Mon petit Isidore
C’est l’heure du sirop
Le bon sirop d’orgeat
Suce-la bien vite
Suce-la bien fort
Le bon sirop d’orgeat
Crois-moi tu en auras

Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six avale ton sirop
Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six il n’y en a que trop.

Je t’appelle Tony

29 octobre 2008

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony

Tous les goûts sont dans la nature

26 mars 2008

— Euh… Excusez-moi mademoiselle… dit-t-il en évitant mon regard.

Je déposai le panier de laitues, essuyai mes mains sur mon tablier et lui souris. « Toujours mettre la clientèle à l’aise », tel était le mot d’ordre de l’épicerie qui m’avait engagée cet été-là, me permettant ainsi de ramasser quelques sous pour l’année scolaire.

— Oui Monsieur, que puis-je faire pour vous?

— Quel fruit est le plus… euh… le plus sucré? réussit-il à articuler.

— Le plus sucré? Tout dépend de la saison et de l’usage que vous voulez en faire, répondis-je avec le sourire prescrit par mon manuel de service à la clientèle.

— L’usage que veux en faire? Qu’est-ce que vous voulez dire? demanda-t-il en jetant un regard furtif autour de lui.

— Voulez-vous le manger cru? En salade? Le cuire dans un gâteau? En faire une compote? Une purée? Extraire son jus? Comment comptez-vous l’utiliser?

— Ah oui! Je comprends! Bien sûr! s’exclama-t-il, visiblement soulagé. Non, non, je veux juste… je n’ai besoin que du fruit le plus sucré, c’est pour mon régime… parce que voyez-vous, je… Bon, disons que je vais le manger comme ça, directement du sac. Lequel est le plus sucré?

Je l’écoutai en souriant, puis lui demandai :

— Si je comprends bien, vous voulez améliorer le goût de votre sperme, n’est-ce pas?

L’homme devint soudainement livide.

— Qu’est… qu’est… qu’est-ce que vous avez dit? finit-il par bafouiller.

— Il y a des tas de régimes qui recommandent de manger des fruits, mais je n’en connais aucun qui s’intéresse à leur niveau de sucre… à moins bien sûr que vous soyez diabétique, mais dans ce cas ce seraient les fruits peu sucrés qui vous intéresseraient. Il n’y a décidément qu’une seule raison qui motiverait un homme timide et nerveux comme vous à demander à une jeune femme comme moi des fruits sucrés… et c’est le désir de rendre son foutre plus agréable au goût.

— Je… je…

— Je suis loin d’être une sommité en la matière, mais je vous conseille le jus d’ananas. C’est doux, acide et ça devrait donner à votre sperme une saveur agréable. Mais ce n’est peut-être pas la meilleure solution… attendez, je vais m’informer.

Je m’étirai le cou et appelai le gérant de la section des fruits et légumes, qui plaçait des courgettes dans le présentoir immédiatement derrière mon client.

— Hé, Roger! Qu’est-ce que tu prends pour que ton foutre ait bon goût?

Mon patron frotta son front dégarni un instant, puis répondit :

— Pour moi, c’est les figues. Ça élimine les grumeaux et transforme le jus de couilles en vraie meringue!

C’est alors qu’un autre client s’approcha de nous et apostropha le monsieur qui se mit à rougir comme une tomate de serre.

— Êtes-vous fumeur? Parce que le tabac goudronne méchamment le foutre. Ma femme a toujours refusé de me faire une gâterie jusqu’à ce que j’abandonne les clous de cercueil. Je me demande d’ailleurs pourquoi ils ne s’en servent pas dans les campagnes antitabac…

Une dame dans la quarantaine se joint alors à la conversation :

— Quoi que vous fassiez, évitez les asperges. Le résultat peut être catastrophique, fiez-vous à moi…

— Et le curry, aussi, ajouta un jeune homme qui passait avec son caddy. Je le goûte pendant presque une semaine chaque fois que mon copain se paie une bouffe indienne…

— Sans oublier tout ce qui est alcalin ou qui contient trop d’iode, comme le poisson! cria Roger, toujours affairé avec ses courgettes.

— Quelqu’un a déjà essayé le jus d’ananas? Il paraît que c’est vraiment efficace, criai-je à la ronde.

Personne ne répondit, mais d’autres clients s’approchèrent pour donner leur opinion. Voilà ce que j’aimais de travail en épicerie : tous ces gens aimables et empressés, prêts à offrir leur aide…

— Jamais d’alcool, telle est ma devise, commenta un grand échalas tenant un bébé dans ses bras.

— J’ai entendu dire par contre que les bières sur lie… objecta le non-fumeur.

— Le schnaps à la menthe, messieurs. C’est la seule solution, ajouta une dame âgée à l’oreille de mon client, qui fondait littéralement sur place.

— Les papayes, c’est bon, les papayes.

— Évite les viandes rouges, gamin! En plus, ça te donnera de la mine dans le crayon!

Une jeune femme au décolleté plongeant arrêta pour suggérer des produits homéopathiques :

— Ils ont fait des miracles pour mon agent de probation!

— Il faut boire beaucoup d’eau! cria encore Roger en arrosant les courgettes.

— Ben voyons! Le simple fait qu’il se lave l’engin suffirait amplement pour faire mon bonheur, cria une dame qui sortait de la rangée quatre, ce qui déclencha l’hilarité de la clientèle et lui mérita une ovation générale.

Mon client en profita pour filer sans demander son reste, mais je l’aperçus quelques minutes plus tard à la caisse, les bras chargés de bouteilles de jus d’ananas. «Un autre client satisfait!» pensai-je avant de retourner au travail. Lorsque j’eus le dos tourné, j’entendis Julie, la caissière, lui dire sur un ton amical :

— Vous voulez améliorer le goût de votre sperme, n’est-ce pas?

Oral

26 octobre 2007

Pendant un long moment d’angoisse, j’eus même de la difficulté à avaler.

— Simone, est-ce que tu dors? lui demandai-je en secouant doucement son épaule. J’ai fait le plus étrange des rêves…

Elle grogna en tirant l’édredon.

— Nous étions dans l’ascenseur avec les deux types du neuvième, Philippe et l’autre, tu sais, celui avec les cheveux… enfin, tu sais, celui qui ne dit jamais bonjour. Toujours est-il que tu te tournes vers eux et tu leur dis: «Messieurs, la petite gouine que voici est travaillée depuis des jours par ses hormones. Ça ne vous dérangerait pas trop qu’elle vous suce?»

Simone grommela en se retournant sur le côté.

— J’étais si mal à l’aise, il n’était pas question que je fasse une telle chose. Mais soudain, sans trop savoir pourquoi, je me suis retrouvé nue, à genoux devant eux, leurs queues turgides dans la bouche, à tour de rôle.

Simone replaça son oreiller en grognonnant.

— Après quelques instants, tu as dit: « C’est bien, chérie, mais dépêche-toi de les faire jouir avant que l’ascenseur ne s’écrase, sinon nous allons tous y passer! » et c’est alors que je me suis mise à paniquer. Je ne savais pas quoi faire pour qu’ils éjaculent en vitesse! Quand j’ai touché à leurs bourses, elles étaient énormes et broussailleuses, rêches comme une pelote de corde de sisal. En les prenant dans la paume de ma main, j’ai vu qu’elles étaient lourdes et remplies à éclater de liquide — je les ai secouées un peu et j’ai senti les couilles flotter à l’intérieur! Ensuite, ils se sont mis à gicler leur foutre épais à longs traits, ça ne finissait plus, ça goûtait comme de la crème pâtissière, leurs glands étaient dodus et spongieux comme des champignons sautés au beurre…

Simone grognassa en tirant les draps par-dessus sa tête.

— Et toi, tu me regardais, souriante, nullement inquiétée par le fait que nous allions mourir, et tu me disais: « Bravo choupinette! Maintenant, tu n’avales rien, tu gardes tout dans ta bouche, jusqu’à ce soir. Sinon, pas de câlin avant de faire dodo. » Tu as léché la goutte qui pendouillait au bout de mon nez, puis tu m’as embrassée sur le front. Et c’est à ce moment que je me suis réveillée. Mais qu’est-ce qu’un tel rêve peut bien vouloir dire?

Pour toute réponse, Simone rognonna un peu, puis se remit à ronfler.

Lorsque plus tard la porte de l’ascenseur s’ouvrit, j’eus un moment d’excitation incisif, comme une fine lame fendant ma moelle épinière. Mais il n’y avait que madame Lalancette et sa chienne Nunuche. Simone regarda la vieille dame et prit ma main. Je résistai à l’envie de la porter à ma bouche, de la plaquer entre mes cuisses et braquai mon regard fébrile sur les voyants lumineux au dessus de la porte. Bien à l’abri dans la voiture de Simone, je troussai sans mot dire ma jupe et fit glisser ma culotte.

Elle me déposa ensuite à la fac où les étudiants, entassés dans le couloir exigu jouxtant la porte verrouillée de la classe, attendaient le professeur. Lorsque nous pûmes entrer, je déposai mon sac à l’avant et, au signal du prof, je pris une grande respiration et ouvris la bouche pour la première fois depuis la nuit : « Révélation de l’avenir ou accomplissement hallucinatoire d’un désir inconscient? Mon exposé portera sur le rêve et son interprétation…»

Une éclaboussure, des lunettes et un raton laveur

30 juin 2007

— Oui, oh oui, continue comme ça, oh…

Elle aurait arboré le plus charmant des sourires n’eut été la bite congestionnée de son amant qu’elle faisait glisser dans sa bouche comme une sucette glacée grand format. Ce n’était pas la première fois qu’elle lui taillait une pipe, loin de là, mais elle avait résolu cette fois-ci d’aller jusqu’au bout et de le sucer jusqu’à la moelle, de l’aspirer jusqu’à ce qu’il décharge, jusqu’à ce qu’il gicle, jusqu’à ce qu’il crache son venin, jusqu’à ce qu’il balance la sauce. Elle le pompait consciencieusement, en creusant les joues et en faisant serpenter sa langue contre son gland, toute déterminée qu’elle était de faire les choses dans les règles de l’art. Cela ne l’empêchait toutefois pas d’être empêtrée dans l’éternel dilemme de la fellatrice: devait-elle avaler ou cracher?

Selon sa copine Suzie, une fille qui se respecte ne doit pas avaler de foutre et ce, même s’il provient de la queue de l’homme de sa vie. C’est selon elle une simple question de dignité. Mais selon sa copine Lison, si on aime véritablement un émetteur de sperme et que cet éjaculateur vous aime en retour, il faut avaler la sauce blanche sans coup férir, le sourire au lèvres et la tendresse au fond des yeux.

Avaler ou cracher. Évidemment, elle avait cet homme non seulement dans la bouche mais aussi dans la peau. Et elle était aussi convaincue qu’il l’aimait, même s’il n’avait pas encore eu l’occasion de le lui dire. Alors, que faire? Avaler ou cracher? Les gémissements de son homme devenaient de plus en plus insistants; il fallait décider, et vite. Pourquoi ne pas lui demander ce qu’il préfère, tout simplement?

— François, est-ce que…

— Ah, ah, ah… oui! Oh! Chérie! Tu m’a laissé venir sur ton visage! Regarde-moi… je t’aime!

*  *  *

Vêtue de sa plus belle robe de soirée, elle arpentait la grande salle de balle au bras de son amant, devenu le temps d’une éclaboussure spermatique l’amour de sa vie. Après avoir salué quelques connaissances, ils se dirigèrent tous deux à la table où les attendaient des amis communs. Lorsqu’elle fut assise, elle put sentir la chaleur familière de la cuisse de François. Elle plongea son regard dans le sien et dégusta longuement la douce tendresse qui l’envahit. Elle pensa à toutes ces choses qu’elle avait osé faire avec lui ces dernières semaines — des trucs qu’elle n’oserait même pas raconter à sa meilleure amie.

«Et puis zut!» se dit-elle. «Qu’est-ce que ça peut bien faire que je laisse mon amour tartiner mon visage de crème fraîche? Ça ne regarde personne et surtout personne n’a à savoir à quel point j’aime le faire!»

— Annie, tu pourrais me prêter ta brosse?

— Bien sûr, Suzie, répondit-elle en ouvrant son sac à main.

Après avoir fouillé quelques instants, elle retira la brosse à cheveux en faisant tomber par mégarde une paire de lunettes de natation hors de son sac.

— Tu t’es mise à la natation? lui demanda son amie. Je croyais que tu avais une peur bleue de l’eau…

François s’étouffa dans son verre d’eau pendant que son copain, qui semblait être au parfum, éclata de rire.

— Je les utilise plutôt… comment dire… au lit. C’est que… ça brûle horriblement lorsqu’on en reçoit dans les yeux, répondit-elle en rougissant jusqu’à la racine des cheveux.

*  *  *

Après un long cunnilinctus et deux orgasmes bien sentis, elle ajusta l’élastique de ses lunettes de natation et entreprit un quinze centimètres style libre. Un jet laiteux plus tard, elle releva la tête pour que son amant puisse apprécier les conséquences de ses bon services: une longue coulisse zébrant sont visage de la joue gauche à son oeil droit, avec une goutte opaline qui restait accrochée au bout de son nez comme un stalactite séminal. Comme d’habitude, elle le laissa lécher sur sa peau les restes de sa jouissance avant de l’embrasser longuement en s’échangeant foutre et salive.

— Bon, assez rigolé, il faut partir, dit-elle en enlevant ses lunettes. Laisse-moi cinq minutes pour m’éponger et retoucher mon maquillage puis partons, nous sommes déjà en retard.

François la regarda puis se mit à rire.

— Quoi? Qu’est-ce qu’il y a de si drôle? demanda-t-elle en regardant autour d’elle.

— L’élastique de tes lunettes est beaucoup trop serré, ma chérie, répondit-il en riant aux éclats.

Elle courut jusqu’au miroir de la salle de bains.

— Ah non! J’ai des yeux de raton laveur! se lamenta-elle en constatant l’étendue des dégâts.

Pendant qu’elle tapotait ses paupières rougies avec une débarbouillette froide, son amant vint la rejoindre. Il caressa ses fesses puis frotta une verge une peu molle contre sa raie culière.

— Ne t’inquiète pas, Annie. J’ai en tête quelques prétextes pour justifier notre retard et quelques idées pour passer le temps, lui susurra-t-il à l’oreille.

L’arroseur dégorgé

3 mars 2007

Rêve étrange: couchée sur le dos, les cuisses toutes grandes ouvertes, je me fais faire l’amour longuement avec un homme filiforme qui, au moment de jouir, se retire et se met interminablement à éjaculer sur mon ventre. Au plaisir du début succède rapidement sur son visage une expression de profonde douleur et de panique. Il se ratatine littéralement à force de gicler jusqu’à ce qu’il ne reste de lui qu’un petit sac de peau et un globe oculaire.

Surprise partie

26 février 2007

Je portais ce soir-là une robe au décolleté plongeant et, nichée entre mes seins, une perle en pendentif comme une goutte de sperme congelée. «Alors? Quelle est ma surprise?» lui demandais-je, fébrile, alors que douze inconnus m’attendaient dans la pièce d’à côté.

Et pour finir, le glaçage

27 août 2006

Regarde Josée, je t’ai préparé ton dessert préféré. Des brownies tout chauds, à peine sortis du four… pour fêter le nouvel homme de ta vie!

Moi, fâchée? Ben voyons. Pour ton information, j’essayais de me débarrasser de ce salopard depuis des semaines. Quoi? Tu ne me fais pas confiance? Ça me fait de la peine, tu sais. Tiens, je vais prendre la première bouchée.

Miam. Que c’est bon.

Tu vois? Je t’avais bien dit qu’ils étaient délicieux. Allez, mange. Entre filles, il faut se faire confiance et s’entraider. D’ailleurs, tu cesserais de voir François si je te le demandais.

N’est-ce pas?

*  *  *

Une autre dispute avec François, n’est-ce pas? Ça tombe bien, je viens de finir de glacer ce gâteau triple-chocolat. Non, garde-le, c’est pour toi. J’insiste.

*  *  *

Il est treize heures… et tu es encore au lit? Que ce passe-t-il, ma chouette? Vous avez rompu? Il t’a traitée de grosse vache? Quel salopard! Ne t’avais-je pas dit que c’était un salaud et un menteur de la pire espèce? Crois-moi, c’est bien mieux ainsi. Cet enculé ne te méritait pas.

J’y pense! J’ai apporté un petit quelque chose pour te remonter le moral. Tes préférés! Non, je ne te crois pas. Je sais que tu en as envie. Si j’ajoutais de la crème glacée? Regarde, j’y mets même un peu de sirop de chocolat… On ouvre grand… fais-moi plaisir… allons, une bouchée pour Annie… Mmmm! Tu vois? C’est bon, pas vrai? Ne te sens-tu pas déjà mieux, ma jolie?

*  *  *

Tu ne devineras jamais ce que j’ai mitonné pour toi ce matin. Un tiramisu! C’est la première fois que je le réussis à ce point. Non, inutile de te lever; je vais te nourrir ma grande.

Ce que je fais? Ça fait six mois qu’il t’a quittée. Et crois-moi, je sais que ce n’est pas la même chose avec ses propres doigts. Détends-toi. Entre filles, il faut se faire confiance et s’entraider, tu te rappelles? D’ailleurs, tu es toute mouillée. Je sais que tu en as envie. Tu n’as qu’à te laisser faire, je m’occupe de tout.

C’est ça, C’est bien. Laisse-toi aller.

Chut. Shhhh! Moins fort, les voisins vont t’entendre! Ouvre grand, je vais fourrer le reste de ce putain de gâteau, peut-être vas-tu te taire… Ah! C’est mieux! Attends, tu t’en mets partout… qu’est-ce que tu peux être sexy! Tiens, lèche mes doigts. Allez-lèche!

*  *  *

Bonne fille! Reste couchée et laisse-moi m’installer sur toi comme un oreiller doux et soyeux. Regarde, je t’ai apporté quelque chose à manger!

Quoi? Salope! Tu n’avais pas l’air de te plaindre hier soir quand tu te tortillais sous mes doigts! Dans ce cas, va te faire foutre. On verra bien qui voudra d’une fille aussi obèse que toi.

Ne pleure pas Josée. Ne crains rien, je ne vais pas t’abandonner. Tiens, j’ai une idée. Il reste un peu de sirop de chocolat, ça devrait t’aider un peu. Voilà! Une chatte-dessert, juste pour toi! Miam miam!

Merde! Qui l’eut cru… te voilà, en train de me lécher la… Oui! C’est ça! Régale-toi! N’en laisse pas une miette! Oui! Plus haut… je…

Attends, je vais me relever. Tu disais?

*  *  *

Quoi? Hé ho, je te ferais remarquer que je t’ai branlée la semaine passée. Quoi? Désolée, je ne lèche pas de plotte. Je ne suis pas lesbienne, moi.

Toi non plus? Ben j’aurais jamais cru.

D’accord, connasse. Je m’en vais. T’auras qu’à trouver quelqu’un d’assez tordu pour te baiser, moi j’en ai rien à foutre.

Ah! Ben voilà! Je savais que tu finirais par être raisonnable. D’ailleurs, j’ai une surprise pour toi ce soir. Laisse-moi seulement le temps de retirer ma culotte et de m’asseoir sur ton visage… Ah! Ma puce! Ta langue est si agile, on dirait que as fait ça toute ta vie. Pas une lesbienne? Pffff. À d’autres!

Qu’est-ce qui ne va pas? Tu n’aimes pas ma surprise? Hé! Tu vas te taire, oui? Ta gueule! Tu te la fermes ou je pars pour de bon! Écoute-moi, c’est pas compliqué à comprendre. Tu as déjà été avec François, non? Tu as déjà été avec moi, n’est-ce pas? Alors cette fois, c’est la même chose. La seule différence, c’est que François a été avec moi juste avant. Ne pleure pas. J’ai dit ne pleure pas, merde, si l’une de nous deux devait être vexée, ce devrait être moi : je l’ai baisé pour toi, gros tas de saindoux!

Oh arrête, veux-tu? Je ne pensais pas ce que je viens de dire. Tu n’es pas grosse, juste… voluptueuse. Tu es très jolie, je t’assure.

Viens, mouche ce joli nez. Laisse les doigts d’Annie te consoler. Mais… c’est qu’elle mouille, la coquine!

Bon, tu sais ce que je veux. Allez… goûte un peu. Pour me faire plaisir. S’il te plaît? Bonne fille! Ce n’est pas si terrible, n’est-ce pas?

Quoi? Humiliant? Ben voyons. Dis-toi que c’est du… glaçage.