Sperme

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Bouillante de colère, incapable de garder le silence plus longtemps, Luce se leva de table et alla rejoindre Joël dans la cuisine.

— Mais quel trou de cul, ce connard! s’écria-t-elle dès que la porte se referma derrière elle. Stupide, grossier, arrogant, prétentieux…

— Alouette…

— Ouais. Je le plumerais volontiers. Avec du goudron.

— S’il n’était pas le chum de ta sœur, il y a longtemps que je l’aurais étampé dans le mur, avant de le crisser dehors sur le banc de neige à coup de pied dans le cul. Ce gars-là est une brute avec un accent snob… il est la preuve vivante qu’une éducation à Brébeuf ne te rend pas nécessairement moins imbécile.

— Mélanie m’a dit qu’il est ignoble avec elle depuis le premier jour de leur cohabitation. Elle était vraiment dans tous ses états, la semaine dernière, au téléphone. Il lui a fait une crise parce qu’elle ne voulait pas lui donner son blow job quotidien… et lorsqu’elle s’est enfin exécutée, il a fini par se rebraguetter après une minute et la planter là en disant quelque chose comme «t’es nulle, je vais aller voir une pute»… pour revenir aux petites heures, saoul comme une botte et fleurant le parfum cheap pour femme.

Joël soupira.

— Pourquoi endure-t-elle tout ça?

— Je crois qu’elle est enfin prête à le plaquer. Elle m’a demandé si je connaissais des appartements à louer.

— Tu aurais dû me le dire plus tôt, chérie. Tu te rappelles, Charles? Le gars qui a sous-loué mon ancien appart? Il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour reprendre son bail…

— Ce serait parfait pour elle! Je vais lui en parler ce soir.

Luce devint tout à coup songeuse, puis, sourire narquois au visage, elle demanda à Joël :

— La béchamel est prête, pour les crêpes?

— Presque.

— Je crois qu’il nous manque un ingrédient pour notre invité de marque… combien de temps il te faut pour m’en éjaculer une portion généreuse?

— Avec ton aide, à peine le temps de dire « va chier, salopard ».

— Dans ce cas… à mon fourneau, maître queux !

C’est toujours quand je m’y attends le moins que l’homme qui habite en face de chez moi se met à se masturber devant la fenêtre de sa chambre.

La première fois que c’est arrivé, j’en ai perdu tous mes moyens. Je crus d’abord qu’il ignorait que je pouvais le voir, alors je fis celle qui n’avait rien vu et je fuis illico ma propre chambre en éteignant la lumière derrière moi. Ce qui me troublait particulièrement, c’était que ce type n’était pas un parfait inconnu. Je l’avais déjà croisé sur le trottoir, je l’avais même déjà salué à quelques reprises alors qu’il rentrait chez lui avec sa femme. Il me semble même avoir enseigné à son fils il y a une dizaine d’années, quoique je n’en sois pas certaine – je crois bien l’avoir déjà croisé à une rencontre de parents. À ce moment, j’étais convaincue qu’il serait mort de honte s’il avait su que je l’avais vu se polir l’engin.

La deuxième fois que c’est arrivé, il était debout devant sa fenêtre et je pouvais le voir de profil. Je l’ai observé pendant trois ou quatre secondes et j’ai ensuite éteint la lumière. Mais cette fois-là, au lieu de tourner les talons et quitter à la hâte ma chambre, j’ai plutôt fermé la porte et je me suis doucement approchée de ma fenêtre pour le regarder. La sienne étant plutôt une porte patio, je fus à même de l’admirer de pied en cap et de constater que son pantalon était autour de ses chevilles. Il finit par se tourner et je pus constater à quel point il était velu : des poils sombres et touffus couvraient sa poitrine, son ventre et son pubis. J’aime beaucoup les hommes poilus, j’aime la sensation sur ma peau. Et je pouvais voir sa queue, bien entendu. Elle était longue et bien épaisse, comme la main qui était enroulée autour d’elle et qui la caressait de haut en bas. Son regard était sérieux et concentré sur ce qu’il faisait. Le mien aussi : je n’en manquais pas une miette. J’eus une bouffée de chaleur et de désir quand je le vis renverser la tête vers l’arrière, ouvrir la bouche comme s’il faisait mine de crier. Ma main se fraya inconsciemment un chemin entre mes cuisses, sous ma culotte. Je mouillais abondamment. J’ai joui quelques instants après lui.

La troisième fois que c’est arrivé, il faisait carrément face à ma fenêtre. J’avais placé un fichu de coton rouge sur ma lampe de chevet pour tamiser la lumière juste assez pour me sentir en sureté, mais de façon à laisser aussi assez de clarté pour qu’il puisse m’observer à sa guise. Je portais un string en dentelle et un soutien-gorge transparent. Fébrile comme une pucelle lors de son premier rendez-vous, je tremblais comme une feuille. J’étais déjà sur le point de jouir au moment où mon doigt se posa sur mon clitoris et j’eus le temps de venir trois autres fois avant qu’il n’éjacule. Cette fois-là, je vis son foutre éclabousser la fenêtre comme mille gouttes de pluie opalines. Lorsque ce fut fait, nos regards se croisèrent pendant un long moment. Il ne souriait pas – moi non plus. Il sortit de sa chambre sans éponger la vitre; moi, je restai longtemps assise sur mon lit, troublée par ce qui venait de se produire, me demandant d’où pouvait bien provenir cette tendance au voyeurisme incongrue qui ne s’était jamais manifestée chez moi par le passé.

La quatrième fois que c’est arrivé, nous étions tous les deux nus. Mes mamelons étaient durs et je les pinçais pendant qu’il me regardait. Je le voyais caresser sa bite qui lentement se gorgeait de sang en relevant fièrement la tête. Je posai un pied sur la chaise de la coiffeuse et adoptai une posture qui lui permettrait d’avoir une vue imprenable sur ma chatte qui s’était éclose juste pour lui. Je le voulais dans la chambre, avec moi, je le voulais à l’intérieur de moi – je le voulais plus que tout ce que j’avais pu vouloir auparavant. Ses mouvements étaient plus lents que la fois précédente, comme s’il voulait se laisser tout le temps de me regarder. J’eus un orgasme, puis deux, puis trois en ne quittant pas sa main et son sexe des yeux. J’aurais voulu me mettre à genoux entre ses jambes et prendre dans ma bouche. J’aurais voulu le goûter. Ma bouche s’ouvrit machinalement lorsqu’il jouit, comme si j’avais pu attraper son foutre qu’il étala, encore une fois, sur la fenêtre. Les scénarios les plus fous envahirent mon esprit : s’il ouvrait sa fenêtre, si j’ouvrais la mienne…

La dernière fois que c’est arrivé, c’était le premier orage du printemps. Il pleuvait si fort qu’on voyait à peine à travers les fenêtres. J’ai fini par me retrouver, comme lui, écrasée contre la vitre et lorsque nous eûmes tous deux joui, les fenêtres étaient maculées de bave, de foutre, de cyprine, de sueur et de la brume de notre souffle oppressé. Du bout du doigt, je traçai en lettres inversées « XU∃V ∃T ∃ᒐ ». Il me répondit « MOI AUSSI ». Un étrange sentiment d’intimité partagée m’envahit, même si deux vitres, une dizaine de mètres et des trombes d’eau me séparaient de l’objet de mes désirs.

Depuis, chaque fois que je le croise dans la rue – la plupart du temps en compagnie de sa légitime – nos regards se fuient, ne se rencontrent jamais. Je souris à sa femme et je les salue, mais nous agissons, lui et moi, comme si nous étions de parfaits étrangers. Pourtant, je me sens chaque fois le rouge me monter au front et ma culotte s’imbiber de mouille. Je jette alors un regard furtif sur sa braguette dans l’espoir d’y détecter la bosse qui trahirait son désir. Parfois, elle est là. Parfois, il se place afin qu’elle soit moins perceptible. Toujours est-il que je suis continuellement dans un état d’excitation insoutenable. J’attends impatiemment que le soleil se couche, que vienne l’orage, que nous puissions nous unir fois de plus. Et surtout, je me demande si, un soir de pluie, il viendra maculer ma fenêtre ou si je serai celle qui prendra les devants et irai mouiller la sienne.

— Tiens, chéri… tu es encore debout?

— Ouais. Ils passent Le Cuirassé Potemkine.

— Faudrait que je le regarde un de ces jours. Il parait que c’est drôlement bon.

— Tu es encore allée te faire…

— Oui. C’est vendredi, hein.

— Combien, cette fois-ci?

— Trois. C’était une soirée faste, ils étaient en forme. Un des gars avait garé sa voiture dans la ruelle derrière le bar, on était tranquilles.

— Et dans le cul?

— Un seul.

— Ah.

— Dommage. J’aurais bien aimé qu’ils me remplissent.

— Ce n’est rien, voyons. Je ne veux pas que tu te fasses mal.

— Tu sais que je suis faite solide. Tu te rappelles, quand j’en avais pris six fois?

— Tu parles si je m’en souviens. Tu débordais, littéralement.

— Bon, on fait ça comment? Je suis claquée, j’ai envie d’une douche et d’un dodo. Comme d’habitude? À moins que tu aies quelque chose de spécial en tête…?

Il se lève de son fauteuil et dit :

— Il est trop tard pour la fantaisie. Allons-y pour le plus simple.

Il se couche sur la moquette, entre les jambes de sa femme. Elle releva sa jupe, s’accroupit et, ne portant pas de culotte, s’exécuta.

— Tu te rends compte à quel point je suis une gentille épouse? Quand je sors, jamais je n’oublie de ramener à boire à mon petit mari.

Tout ce que j’apercevais au premier regard était un amoncellement informe de corps, une pile de membres s’agitant rythmiquement, de façon désordonnée, mais non sans grâce. Il fallait que je plisse les yeux pour pouvoir détailler dans la pénombre le tableau scandaleusement obscène qui se déroulait devant moi.

Angélique, mon amour, rivait ses yeux rougis sur les miens. Elle était assise à califourchon sur un inconnu dont la bite était enfoncée jusqu’aux couilles dans sa chatte. Un autre inconnu, posté derrière elle, la sodomisait précautionneusement, avec une délicatesse maniérée. En les voyant besogner joyeusement, je me suis surprise à fredonner mentalement Valderi Valdera – il y a fort à parier qu’ils se sentaient comme de joyeux promeneurs du dimanche tant les sentiers qu’ils empruntaient avaient été, avant leur passage, longuement balisés et parcourus de long en large. Pantelante, la tête renversée, la bouche ouverte, les lèvres et le menton couverts du sperme du travesti poilu comme un grizzli qu’elle venait tout juste de sucer, Angélique y était presque – enfin, je l’espérais. Car voyez-vous, c’est très difficile pour ma chérie : les arrangements se doivent d’être toujours plus complexes, toujours plus extravagants et surtout, jamais deux fois les mêmes. Je suis bien placée pour le savoir, puisque c’est toujours à moi que le devoir incombe de mettre en place tout ce que son plaisir exige.

Quant à moi, je contemplais la longue ascension d’Angélique vers le plaisir assise paresseusement sur le canapé pendant qu’un apache portant Doc Martens et mohawk jaune me léchait la chatte avec un enthousiasme stimulé par la vigoureuse enculade que lui prodiguait avec un gode ceinture monumental une grasse butch au sourire niais et partiellement édenté. Même s’ils ne se connaissaient pas il y a une heure à peine, ces deux-là s’en donnaient à cœur joie dans l’unique but de me satisfaire… dommage que j’ai oublié de leur demander leur nom, ça aurait pu servir une prochaine fois.

Comme d’habitude, j’ai joui la première, cette fois-ci en tordant dans mon poing la mèche canari du gringalet dont le nez s’est écrasé contre mon pubis. Surprise, la corpulente gouine s’est crispée, faisant du coup sortir le gode du cul de son amant dans un «flop» baveux. Ce fut l’étincelle qui mit le feu aux poudres. Il n’en a pas fallu plus pour faire basculer Angélique dans l’orgasme; elle a d’abord émis un faible gémissement qui s’est ensuite mué en rugissement impétueux. Elle s’est crispée, trembla, puis, vaincue, elle a roulé sur le côté, abandonnant ses amants ahuris à leur bandaison inassouvie.

Il ne me reste plus maintenant qu’à la rapailler ses fripes et la ramasser à la petite cuillère pour la ramener à la maison. J’ai préparé une bonne soupe aux poireaux cet après-midi en prévision de notre retour. Je vais lui donner un bain, l’éponger, la poudrer et je vais ensuite la mettre au lit. Ses piles devraient être rechargées pour au moins trois ou quatre semaines – peut-être même cinq, si je suis chanceuse.

Il y a quelques années, j’avais un maître. Je l’avais rencontré sur un forum de discussion athée. Il était du genre militant et radical, comme seuls les ex-croyants – ceux qui ont vécu la séparation d’avec leur sainte mère l’Église comme une peine d’amour – savent l’être.

Ce jour-là, il m’avait amenée à la cathédrale. Assises au premier rang, devant le choeur, quelques vieilles dames, tête baissée, égrenaient leur chapelet. Mon maître m’entraîna vers un banc placé juste à côté d’une statue de la Vierge. Il prit ensuite ma main et la déposa sur la bosse qui déformait son jeans. Je savais ce qu’il attendait de moi. Il se débraguetta et je m’agenouillai devant lui. Lorsque je le pris en bouche, il fit le signe de croix. Je le pompai du mieux que je pus au son de ses «Je vous salue Marie».

Du coin de l’oeil, je vis passer une soutane noire.

— Continue de sucer, sussura mon maître.

Plus facile à dire qu’à faire. Je figeai et rougis jusqu’à la racine des cheveux. J’entendis les pas s’approcher. Mon maître me plaqua contre le banc, s’assurant ainsi que je ne tenterais pas de fuir.

— Prends et bois-le tout, car ceci est mon foutre, répandu pour le pardon de tes péchés.

Lorsque le prêtre se présenta devant nous, j’avais le menton recouvert de sperme.

— Gloire au père, dit-il simplement, d’une voix étrangement grave.

Il s’assit à côté de mon maître et attendit que je lui prodigues mes soins de pécheresse.

— À partir de maintenant, dit-il, tu sera le Saint Calice de Dieu, le réceptacle de toutes nos libations.

Et c’est ainsi que je devins – pour un temps du moins – la traînée de Notre Dame.

— Vous êtes en retard, mais dieu soit loué, vous êtes là. Madame Leblanc a insisté pour qu’il y en ait dix et nous ne voulons surtout pas la décevoir.

— Je suis désolé, mais…

— Inutile de vous excuser. Je suis convaincue que vous avez de bonnes raisons d’être en retard, vous me les raconterez tout à l’heure si vous en avez envie, mais de grâce, dépêchez-vous. Nous en sommes déjà au septième, il ne vous reste plus beaucoup de temps.

— Euh…

— Comme je vous l’ai expliqué au téléphone, tout le monde sans exception doit être testé, mais puisque vous remplacez à la dernière minute et que nous avons vraiment besoin de vous, vous enfilerez ce condom. Madame Leblanc trempe déjà dans le sperme, alors elle ne se rendra compte de rien.

— Pardon?

— Faites seulement en sorte de vous en débarasser discrètement lorsque vous aurez terminé. Madame Leblanc a déjà eu sa dose de foutre, mais elle saura bien qu’elle n’aura été baisée que par neuf hommes si vous ne vous dépêchez pas. Nous ne voulons surtout pas la perdre comme cliente, après toutes ces années… Vous pouvez placer vos vêtements sur ce crochet.

— Attendez, il y a erreur…

— Vous avez pris votre cachet?

— Quel cachet?

— C’est ce que je pensais. Julie! J’ai besoin d’aide ici! Notre numéro dix a besoin d’un peu d’aide pour se mettre en état!

— Tout de suite madame! Bonjour chéri…hey, tu es plutôt mignon!

— Écoutez, ceci est un malentendu. Je ne suis pas l’homme que vous avez engagé. J’habite juste à côté et je venais vous demander de faire moins de bruit. Il est passé minuit et il y a des gens qui travaillent demain, vous savez…

— Ah zut. Est-ce que ça veut dire que je ne peux pas le sucer, madame?

Long silence.

— Bien… je pourrais rester un peu, je suppose…

— À la bonne heure! Julie, occupe-toi de lui je t’en prie. Je dois aller dire à Patrick qu’il est le suivant…

Sur Craigslist, j’avais pris contact avec une infirmière qui travaillait de nuit dans une maison de vieux. Elle me raconta que lorsque ses pensionnaires dorment, elle reçoit discrètement des hommes dans son poste de soins. La plupart du temps, elle les suçait et recueillait leur foutre dans un grand bécher; elle en buvait le contenu pour épater l’un deux, qui venait la visiter chaque vendredi, tard dans la nuit.

Ne voulant pas manquer un truc pareil, je voulus immédiatement aller la rejoindre. Elle m’indiqua que lorsqu’elle n’était pas occupée, elle dormait dans une chambre de la résidence. Mais arrivée sur place, dans chaque chambre que je visitai, sous chaque drap que je soulevai, je ne trouvai qu’une horrible vieillarde ou un cadavre.

À la boutique de lingerie, je trouvai une paire de bas noirs tout ce qui a de plus sexy. Mais comme je suis une consommatrice avisée, j’allai voir la vendeuse pour m’assurer de ne pas me faire un fourrer avec des bas qui se niquent dès la première baise.

— Pardonnez-moi, madame… j’aimerais savoir si le sperme peut tacher ce tissu.

Elle jaugea le vêtement d’un œil avisé, puis me répondit :

— Pas du tout. Ces bas résistent à toutes les taches; le foutre ne fait que glisser, comme de l’eau sur le dos d’un canard.

— Ah oui? Ça me semble difficile à croire…

— Je peux vous faire une démonstration, si vous le souhaitez.

— Je vous en prie, faites, faites…

— Patrick! Amène ton cul ici sur le champ! J’ai besoin de toi pour une cliente! cria la vendeuse.

Un commis rondouillard sortit de l’arrière-boutique en maugréant. J’eus l’impression que nous le dérangions en pleine pause branlette syndicale, à en juger par la bosse qui déformait sa salopette.

— Vous allez voir, c’est presque miraculeux, me dit-elle en débraguettant le zigoto.

Elle en extirpa une bite longue et épaisse autour de laquelle elle enroula le bas. Elle se mit ensuite à le branler à toute vitesse, tout en poursuivant nonchalamment sa discussion avec moi.

— Si c’était de la soie, ou même du nylon, il y a longtemps que le bas aurait filé, voire même déchiré. Mais il s’agit ici de microfibres spéciales développées par la NASA qu’on a traitées à l’acide perfluorobutanesulfonique. Croyez-moi, c’est tout simplement impossible de les abimer ou de les tacher…

Après à peine une minute de ce traitement, Patrick le commis se mit à respirer bruyamment,  grogna, puis éjacula à longs traits sur le bas.

— Vous voyez comme le sperme perle sur le tissu? Si je plie le bas ainsi, je peux tout ramasser en une seule petite flaque… il ne reste ensuite à verser le tout à l’endroit de son choix et on se retrouve avec des bas impeccables — c’est l’idéal pour le bureau ou les sorties en ville.

Elle défit les deux premiers boutons de son chemisier et versa le foutre sur ses seins.

— Vous pouvez vérifier par vous-même, si vous le voulez, me dit-elle en me faisant un clin d’œil.

J’inspectai le bas et vis qu’elle avait raison : je ne trouvai pas la moindre trace d’humidité. Quant au commis, il s’affairait à nettoyer de la langue le corsage de sa patronne.

— Dites-moi… Vous faites ce genre de démonstration avec toutes vos clientes?

— Bien sûr que non, répondit-elle d’un ton sec. Vous êtes ici dans un commerce honnête, pas dans un lupanar.

— Elle ment, ajouta Patrick en sortant pour la première fois de son mutisme.

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

(Lire la suite.)

Nom du fichier : conference04.wav

AA : Anne Archet, conférencière doublement pénétrée
LB : Louis Berthier, artiste embroché
SB : Simone Bechara, lesbienne spermophage
L : Lucifer, poète enculé
S : Stella, prostituée de Babylone
F : Fido, soumis bien membré

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Je ne finirai jamais, au rythme où vont les choses… je ne sais même plus où j’en suis rendue…

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Hum… bon. Je pourrais… ok. L’insurrection.

L’anarchie n’est pas un programme politique; c’est une affaire de volonté — ou de désir, comme le disaient Deleuze et Guattari. Créer de nouveaux agencements, de nouvelles valeurs, de nouvelles façons d’interagir, de nouvelles façons d’aller au bout de nous-mêmes.

La stratégie que je vous propose est insurrectionnelle. L’insurrection n’est pas une solution idéologique à tous les problèmes de la terre, ni une marchandise de plus sur le marché sursaturé des idéologies et des opinions, mais une pratique destinée à mettre un terme à la domination de l’État et la reproduction du capitalisme. L’insurrection n’est pas une utopie. Elle n’a pas de système ou de modèle de société idéal à offrir à la consommation publique. L’insurrection doit se comprendre comme processus et non comme une fin — c’est un processus d’émancipation, de rupture, c’est le soulèvement en tant que tel.

La liberté qui ne peut être vécue qu’une fois la république instaurée, qu’une fois la révolution accomplie, qu’une fois le communisme advenu n’est qu’un mensonge des apprentis sorciers, des aspirants maîtres de l’État. Continuer la lecture →

Suce ma pine
Mon petit Isidore
C’est l’heure du sirop
Le bon sirop d’orgeat
Suce-la bien vite
Suce-la bien fort
Le bon sirop d’orgeat
Crois-moi tu en auras

Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six avale ton sirop
Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six il n’y en a que trop.

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony