C’est parfaitement par hasard, alors qu’il fouillait dans le capharnaüm odorant de la friperie de l’Armée du Salut, que Jean-Luc tomba sur cette culotte — la culotte. Une culotte de coton d’un blanc immaculé, large et pudique, que seules les grand-mères et les bonnes sœurs portent encore peut-être de nos jours. Elle lui apparut comme une relique d’un temps révolu, où tout était plus simple, plus facile. Immédiatement saisi d’un désir impérieux de la posséder, il attrapa deux t-shirts et un jeans et affronta l’indifférence de la caissière en camouflant du mieux qu’il pouvait le trouble émoi qui l’envahissait.
Comme il n’avait personne à qui l’offrir, Jean Luc s’enferma dans sa chambre, se dévêtit et l’essaya. La douce caresse du tissu le remplit d’une étrange empathie envers le sexe féminin: une femme inconnue avait probablement déjà porté cette culotte, des années, peut-être même des décennies auparavant puisque cette femme aurait pu la léguer à sa fille…
Cette rêverie érotico-généalogique fit bander Jean-Luc, qui aurait juré pouvoir sentir l’aura de toutes les vulves qui se sont succédé dans cette culotte. Sans même qu’il n’ait eu à la toucher, sa queue aspergea l’endroit précis que toutes ces chattes ont mouillé depuis toutes ces longues années. Épuisé, Jean-Luc sombra ensuite dans un doux sommeil satisfait.
Au réveil, Jean-Luc fut surpris par l’absence de son habituelle trique matinale. Il souleva la couette et jeta un coup d’œil inquiet sous la culotte de coton d’un blanc maculé. Il constat alors avec horreur qu’une touffe de poils noirs avait remplacé son appendice viril chéri! Cédant à la panique, il tâta son pubis et découvrit une crevasse chaude et humide, puis fut traversé par un étrange frisson en frôlant son clitoris tout neuf.
Encore sous le choc d’avoir éprouvé son premier orgasme féminin, Jean-Luc sut qu’il ne lui restait plus qu’une seule chose à faire.
Il courut à la friperie dénicher le soutien-gorge assorti.







