Yoni

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On dit souvent que porter un coquillage contre son oreille permet d’entendre le bruit de la mer. Quand je porte le con de Simone à mes lèvres et que le goût salin de ses fluides envahit ma bouche, quand elle serre ses cuisses contre mes oreilles, j’entends le bruit du bonheur. Un bonheur spontané, gratuit, immédiat, rugissant dans son sang comme un éclat de rire dans la tempête.

Chaque fois que ça se produit, je souris, puis je pousse ma langue en elle. Et lorsque je ne puis m’enfoncer davantage, mes mains glissent, paumes plates et lisses, le long de la douce chair qui s’étend des profondeurs de ses fesses aux vallons légers de ses genoux. Ensuite, je m’accroche à elle, j’écarte ses cuisses, je soulève ses hanches pour laisser ma bouche migrer lentement vers le sud, vers le soleil obscur de son cul.

Si ses mains sont libres — ce qui n’est pas souvent le cas —, Simone laisse alors danser ses doigts dans ma chevelure, empoignant et repoussant mes cheveux suivant les retraits et les insertions de ma langue. Mais comme elle préfère avoir les poignets solidement liés bien au dessus de sa tête, je me contente la plupart du temps des frémissements saccadés de son corps.

Si sa bouche est libre — ce qui n’est pas souvent le cas —, Simone laisse alors sa parole divaguer dans un torrent de cris et de chuchotements, d’injonctions et de supplications, de litanies et de blasphèmes. Mais comme elle préfère être bâillonnée, je me contente la plupart du temps de ses soupirs, de ses gémissements et des gargouillis baveux de sa gorge.

Je crois que c’est T.S. Eliot qui a dit que «l’homme ne peut prendre trop de bonheur»… à moins que ce fût «de vérité»? Je ne saurais dire, surtout lorsque Simone laisse perler son bonheur sur ma figure. Mais n’étant pas un homme, je prends mon bonheur où je peux et c’est là ma seule vérité.

On dit souvent que porter un coquillage contre son oreille permet d’entendre le bruit de la mer. Quand je porte le sein de Simone à mon oreille et qu’elle me presse tout près de son cœur, j’entends le bruit du bonheur.

J’ai des lectrices et des lecteurs merveilleux, pour qui l’obsession du yoni est naturellement compatible avec la recherche tout aussi obsessive du mot juste.

Guite, mouque, nouche, platine et rigouèche: cinq mots incomptéhensibles pour les Français… mais aussi pour les Québécois, puisqu’ils désignent tous l’appareil génital externe féminin en chiac, le parler populaire acadien — noune et plotte étant des termes communs à toute la francophonie canadienne.

Tout ce jargon aussi obscur que néo-brunswickois n’a toutefois pas empêché Sihaya, Française de son état mais néanmoins heureuse propriétaire d’une nouche, d’être ma grande gagnante! Elle se méritera bientôt une retaille d’hostie où la mouque sera à l’honneur.

(En passant, voici la soluce.)