— Annie ! Comment peux-tu… toi… avec Max !
— Je peux tout expliquer, chéri !
— Max, mon pauvre chien-chien… Es-tu tombée sur la tête ?
— Calme-toi mon amour, inutile d’en faire tout un plat.
— Me calmer ? Je reviens à la maison et je surprends mon chien en train de prodiguer un cunnilinctus à ma femme et tu dis que j’en fais tout un plat ?
— Cesse de crier, tu lui fais peur. Tu vois ? Il est parti se cacher, la queue entre les pattes…
— J’aime mieux sa queue entre ses pattes que sa langue entre tes…
— Assez, Éric ! Sers-toi un verre, respire un peu et ensuite nous discuterons. Max ! Viens mon chien !
— Alors, c’est à ça que tu consacres tes journées pendant que je suis au travail ? Est-ce que tu séduis aussi le chien des voisins ?
— Tu crois que j’ai séduit Max ? Mon pauvre chéri, n’as-tu pas remarqué qu’il a toujours le museau fourré entre mes cuisses ?
— Pfff. Moi aussi, il a toujours le museau fourré entre mes cuisses, mais tu ne le vois pas me sucer la bite.
— Éric, tu agis comme si je t’avais trompé. Max n’est qu’un chien… ce n’est pas comme si tu m’avais surpris au lit avec ton meilleur ami.
— Honnêtement, j’aurais préféré que ce soit lui plutôt que le chien.
— Tu n’es pas sérieux.
— Et comment que je suis sérieux ! Que tu couches avec Stéphane, à la limite, je pourrais comprendre. Ce serait un comportement normal. Mais ça, c’est… dérangé.
— Tu me traites de dérangée ?
— Appelle cinq de tes amies et demande-leur ce qu’elles pensent de la bestialité, si mon avis ne te suffit pas.
— Ah ? C’est comme ça que ça s’appelle ?
— Tu parles que c’est comme ça que ça s’appelle. C’est une perversion.
— Si c’est une perversion, je l’aurais encouragée, je l’aurais cherchée. Or, je ne savais même pas ce qui m’arrivait ! Je faisais la sieste, innocemment, et je crois que j’ai
eu un rêve érotique… et quand j’ai ouvert les yeux, Max me léchait la fente.
— Et tu n’as rien fait ? Tu aurais pu le faire sortir du lit à grands coups de pied au cul !
— J’étais encore à moitié assoupie…
— J’en ai assez entendu.
— Tout ce que je dis, c’est que ce n’est pas de ma faute. C’est Max qui a tout fait.
— Donc, si je comprends bien, tu t’es réveillée, Max te bouffait la chatte et puis je suis entré dans la chambre ?
— Euh… pas exactement.
— Depuis combien de temps durait ce petit manège lorsque je suis revenu du travail ?
— Je n’avais pas de chronomètre, chéri.
— D’accord, d’accord. Explique-moi pourquoi tu ne l’as pas arrêté à la seconde où tu as pris conscience de ce qui se passait.
— Bien, c’est que…
— C’est que quoi ?
— C’est que j’étais en train de…
— Je vois. Max t’a donné un orgasme.
— Plusieurs, en fait.
— Comment expliques-tu que je doive m’escrimer pendant plus d’une heure pour tirer un seul soupir de toi alors que Max te donne des orgasmes multiples avec quelques coups de langue ?
— Je ne sais pas quoi te dire.
— Essaie.
— Ne sois pas jaloux.
— Je ne suis pas jaloux d’un chien, Annie.
— Vraiment une langue rude et très… longue et large. Tu n’as jamais remarqué ?
— C’est un gros chien. Il est long et large à plusieurs endroits.
— Qu’est-ce que tu insinues ? Que je le laisse me baiser ?
— Manquerait plus que ça.
— Tu es malade.
— Je me demande qui de nous deux est la plus malade !
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je fais ma valise. Je reviendrai chercher le reste de mes trucs demain.
— Tu me laisses pour cette peccadille !
— Oui, et je pars avec Max. Alors, dis adieu à ton amant.
— Non ! Ne pars pas avec lui !
— Et c’est maintenant que tu pleures. Pas parce que je pars, mais parce que Max te quitte !
— Je vais me battre pour obtenir la garde !
— Ce chien était à moi bien avant que je te rencontre, Annie. Mais rassure-toi, tu n’auras pas à courir les bars pour faire des rencontres : tu n’auras qu’à te rendre à la fourrière et adopter.
— Tu me laisses Nano, ton chat ?