Élévation du discours (à un niveau soutenu)

13 mars 2010

Elle était grande, brune, sculpturale, et retenait la porte de l’ascenseur de sa main pendant que je m’engouffrai à l’intérieur.

— Quel étage? me demanda-t-elle.

— Le vingtième, lui répondis-je timidement.

Je fixais les voyants lumineux des étages en écoutant une version pour orchestre de Question de feeling lorsqu’elle me demanda :

— Vous êtes Anne Archet, n’est-ce pas?

— Comment avez-vous deviné? lui demandai-je et plongeant mon regard dans ses yeux d’outremer.

— Vous ressemblez aux photos qu’on trouve sur votre site.

— Moi qui voulais les enlever… je vois que j’ai bien fait d’attendre!

Elle me sourit puis me tendit la main en me disant :

—Sophie Beaulieu. Je travaille ici comme traductrice. Et je vous lis depuis toujours!

— Enchantée, Sophie.

Elle avait les cheveux bouclés, en cascade sur ses épaules… et les seins si hauts perchés qu’ils auraient fait damner Saint Antoine, perché en haut du mont Qolzum.

— J’ai particulièrement aimé votre histoire avec le chien, ajouta-t-elle. C’était à la fois répugnant et étrangement excitant.

— C’est ce qu’on me dit toujours. Je suis contente que ça vous ait plu.

L’ascenseur s’immobilisa et un homme en sortit. Il ne restait plus que nous deux à bord de l’appareil.

— Je peux vous poser une question? me demanda-t-elle aussitôt que la porte fut refermée.

— Bien sûr.

— Pourquoi n’avez-vous jamais écrit d’histoire qui se passe dans un ascenseur?

Je soupirai.

— Probablement parce que c’est un des clichés les plus usés du genre.

— Ah?

— Oui. Le huis clos… la promiscuité et le désir qui monte alors que l’ascenseur lui, est immobilisé… sans compter la similarité lexicale entre l’élévation et l’érection… tout ça a été dit et redit cent fois.

— Vous croyez?

— Bien sûr. C’est aussi usé que le coup du livreur de pizza dans les films pornos des années soixante-dix. Vous mettez en contact deux étrangers qui en d’autres circonstances ne se seraient même jamais adressé la parole — et encore moins caressé l’entrecuisse. Ensuite, vous décrivez l’échange furtif de regards, l’amorce timide de la conversation, puis paf! La panne. C’est l’élément déclencheur, celui qui fait que, de fil en aiguille, les petites culottes volent, les muqueuses sont tripotées et les fluides corporels s’échangent.

Elle me regarda avec un drôle de sourire au coin de la bouche.

— Si je comprends bien, les clichés ne sont pas dignes pour vous d’être écrits.

— C’est à peu près ça, oui.

— Mais sont-ils dignes d’être vécus? Me demanda-t-elle en défaisant le bouton de son corsage et en appuyant sur celui de l’arrêt d’urgence de l’ascenseur.

Elle me démontra ensuite que je suis incapable de résister aux lieux communs, surtout dans les aires communes.

L’amour au temps du Twitt

7 mars 2010

La suite de ce roman fleuve qui se lit en remontant le courant — de bas en haut. Épisode trois : mariage, chaussures et scandale.

L’amour au temps du Twitt

5 mars 2010

Une grande saga romantique, avec de la passion, des déchirements, des larmes et du sang, qui se lit de bas en haut. Lisez le premier épisode et le deuxième épisode.

Rapport au ministère de la Démographie et de la Famille

2 mars 2010

Tout a commencé lorsque les fonctionnaires du sous-secrétariat adjoint à la préparation des ébauches préliminaires de planification (SSAPEPP) ont constaté avec consternation l’échec des incitatifs fiscaux pour enrayer le déclin démographique de la nation. La population étant depuis plus de vingt ans composée essentiellement de célibataires, il fallait de toute urgence trouver un moyen plus efficace pour renouveler la main-d’œuvre active et assurer un bassin de contribuable adéquat au financement des activités de l’État. Les jeux de hasard ayant fait leurs preuves pour les autres services publics — comme, entre autres, la perception des taxes et des impôts, la distribution de l’aide sociale et la dispensation des soins de santé — il fut décidé, après une vaste consultation interministérielle de plus de trois ans, d’orienter les comportements reproducteurs des citoyens-bénéficiaires dans un sens plus bénéfique pour la société grâce à un dispositif de jeu en ligne portatif géré par la Société des loteries nationales (SLN).

Le programme, baptisé Lucky Sex, a d’abord été implanté auprès des 18-30 ans, une cohorte qui selon nos analyses est la plus encline à mener à terme des grossesses. Dès la phase initiale du projet, des appareils constitués d’un écran à cristaux liquides monté sur un brassard — nommés Lucky Boy et Lucky Girl — ont été commercialisés dans kiosques de la SLN, mais aussi dans les bars, les brasseries, les salons de coiffure et les cliniques de fertilité. Lorsque deux appareils sont mis en présence dans un rayon de dix centimètres ou moins, ils entrent en fonction, se mettent à clignoter et à émettre un signal sonore indiquant si une relation sexuelle a été gagnée ou non. Selon le hasard et le profil génétique et reproductif des individus tel que déterminé par les experts du ministère, cette relation peut aller de la simple poignée de main à la pénétration intravaginale avec éjaculation, en passant par le sexe oral, la masturbation, la sodomie et même les perversions acceptées par le ministère de la Santé et de l’Hygiène, l’enduisage des organes génitaux avec du Nutella, le rasage du pubis et le port de costumes de Star Wars.

(Remercions en passant nos commanditaires Ferrero Group, Gillette et Lucasfilms, sans qui le programme Lucky Sex n’aurait jamais pu être un succès.)

La priorité étant la multiplication des relations hétérosexuelles menant à la procréation, mais pour éviter toute accusation éventuelle d’homophobie (ou pire encore, des poursuites judiciaires invoquant la Charte des droits et libertés), la possibilité de gagner une relation avec un individu du même sexe a été publicisée et présentée comme possible, même si le logiciel a été programmé pour rendre la chose hautement improbable.

Selon le règlement de Lucky Sex, l’acte sexuel gagné devait être consommé dans les cabines Lucky Sex officielles. Stratégiquement placées à presque chaque coin de rue, ces cabines bâties et gérées en partenariat avec la chaîne hôtelière Starwood Hotels & Resorts  offraient le double avantage d’encadrer les comportements sexuels tout en s’assurant de la distribution des lots selon les normes définies dans l’artice 57 de la Loi sur les loteries de services publiques.

L’implantation puis la généralisation du programme Luck Sex furent soutenues par une campagne publicitaire d’une ampleur jamais vue. La stratégie la plus efficace fut de faire miroiter des possibilités d’accouplement avec des vedettes de cinéma, des stars du rock et des top-modèles qui avaient accepté de se prêter au jeu en porter un Lucky sex. Les cas de quelques gagnants furent d’ailleurs hautement publicisés grâce à une campagne virale sur Internet où on les voyait s’accoupler avec les vedettes de l’heure — vedettes qui, en réalité, portaient des Lucky Boy et des Lucky Girl programmées spécialement pour leur éviter de se frotter indûment à la masse.

Le but du programme Lucky Sex étant d’éviter les désordres liés à la sexualité tout en maximisant les grossesses, la masse des gagnants était formée d’individus sains, sans tare génétique décelable, en âge de procréer et dont la fertilité favorise la reproduction. Les individus classés dans la catégorie lambda, au potentiel procréateur limité, ne gagnaient habituellement qu’une bise sur la joue ou au mieux, une masturbation (avec port de gants de latex).

Les résultats immédiats dépassèrent largement tous les objectifs du ministère. Le taux de fertilité et ne natalité fit un bond stupéfiant en deux ans à peine; les résultats auraient d’ailleurs pu être encore plus spectaculaires si nous n’avions pas tardé à mettre sur pied le programme Loto-avortement. Selon les données les plus récentes du ministère de la Statistique sociale, plus de 70% des individus en âge de procréer sont en ce moment des joueurs et des joueuses inscrits à plein temps à Luck Sex. Nos prévisions nous permettent d’espérer un taux de participation qui frôle des 90% d’ici cinq ans.

Ceux et celles qui refusent encore aujourd’hui de porter un Luck Boy ou un Luck Girl le font surtout pour des raisons religieuses. Nous sommes d’ailleurs en négociations avec des cardinaux, des rabbins et des imams et sommes optimistes quant à la levée imminente des dernières barrières liées à la foi. Les autres — une minorité statistiquement négligeable — estiment que Luck Sex « tue l’amour, le romantisme et la spontanéité ». Mais comme l’a si bien dit Marie R., une de nos grandes gagnantes et mère de cinq enfants lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle : « Bien sûr, on a perdu un peu avec Lucky Sex, mais avouez que c’est bien mieux comme ça… »

L’énigme de la partouze enfin résolue

28 février 2010

Voici la solution tant attendue : c’est Joë qui se branle tout seul dans son coin. Mais comment en arrive-t-on à cette conclusion?

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La conférence interrompue

27 février 2010

En attendant la solution de ma petite énigme, je vous invite à télécharger La conférence interrompue en format pdf.

Reste plus qu’à trouver des comédiens qui seraient prêts à la mettre en scène…

[edit]

Oh, pendant que j’y suis, j’ai aussi placé en ligne des récits illustrés. Je vous invite à y jeter un coup d’oeil — et vous le rincer, par la même occasion.

L’énigme de la partouze

25 février 2010

Samedi soir, Olga reçoit six amis chez elle pour une orgie.

Julie s’est bien assurée que la personne qui la prend en levrette porte un condom. Joë est gay et porte une cagoule. Marc est exclusivement hétérosexuel. La personne qui porte des bas résille a 25 ans. La femme de 35 ans est lesbienne. Pierre se fait sucer par une personne de 20 ans. La femme qui porte des talons aiguilles se fait prendre par les deux bouts. La personne de 19 ans est homosexuelle. Olga a 30 ans et ne baise que des personnes qui ont au moins son âge. La personne tatouée lèche le cul d’une femme de 40 ans. Annie est dans la trentaine. Martine encule avec son gode-ceinture une personne qui porte un soutien-gorge. Et seule la personne âgée de 29 utilise un contraceptif.

Qui reste dans son coin et se branle, solitaire?

(La réponse lundi, bande de joyeux pervers!)

La fonte des neiges

22 février 2010

Léa était la plus jolie fille du village. C’était une beauté gracieuse, délicate, presque irréelle, qui contrastait fortement avec son patelin natal, une campagne comme il en a tant où les hivers s’étirent à n’en plus finir. À la fin de février, alors que la neige a depuis longtemps perdu sa blancheur virginale et que la terre est enduite de cette souillure immonde et froide qui annonce — mais de loin seulement — le printemps, Léa n’avait qu’à paraître pour devenir le point focal de tous les regards, de toutes les attentions.

Ceci, évidemment, déplaisait au plus haut point à son père qui ne voyait pas d’un bon œil que tous les vauriens du canton rodent autour de son enfant chérie. Jaloux de la vertu de sa fille unique, il surveillait constamment ses fréquentations avec le zèle de celui à qui on aurait confié la garde des joyaux de la couronne. Il avait fait le serment qu’il la mènerait pure et sans tache à l’autel, le jour de son mariage; la seule pensée que son hymen puisse être abîmé de quelque manière que ce soit lui était tout simplement intolérable.

Voilà pourquoi il était si furieux ce jour-là, lorsqu’il frappa à la porte de son voisin.

— Tiens, bonjour Marcel… quel bon vent t’amène?

— Beaulieu! Ton fils est un salopard! Un dégénéré! Je t’avais dit de l’éloigner de ma fille! cria le papa courroucé, en guise de salutations.

— Mais… qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que tu te mettes dans un état pareil? demanda le voisin, soufflé.

— Il a écrit le prénom de ma fille en pissant dans la neige! Voilà ce qu’il a fait, ton cochon de fils!

— C’est tout? Mais voyons, Marcel, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat! Ce ne sont que des jeux d’adolescent… une bêtise innocente, sans conséquence…

— Innocente? Innocente? Mais c’est l’écriture de ma fille! siffla-t-il, les dents serrées par la rage.

Lettre à l′amant

14 février 2010

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

Sex bomb, sex bomb, you’re my sex bomb

5 février 2010

Alerte rouge, panique, stupeur
Dans un bureau de poste de Russie.
Qu’est-ce qu’il y a dans ce suspect colis?
Une bombe? Non: un vibromasseur.

Fontaine…

4 février 2010

« Je n’embrasserai jamais une femme » me dit-elle, un an avant que sa langue, alourdie par le drambuie, ne glisse entre mes lèvres et sur mes dents.

« Je ne laisserai jamais une femme me caresser » me dit-elle, un an avant que je ne soupèse ses seins et pince ses mamelons sous son pull de laine.

« Je ne toucherai jamais le sexe d’une femme » me dit-elle, un an avant qu’elle ne fasse voler ma culotte à travers sa chambre.

« Je ne laisserai jamais une femme poser sa langue sur moi » me dit-elle, un an avant qu’elle ne me laisse goûter les sucs salins qui enduisaient ses lèvres vénériennes.

« D’accord, mais j’espère que tu ne t’attends pas à ce que je te rendes un jour la pareille » me dit-elle, un an avant que je ne caresse, entre mes cuisses, la cascade rousse et soyeuse de sa chevelure.

« Mon cul ? Pas question qu’une femme y touche ! Ni un homme, d’ailleurs : c’est trop sale » me dit-elle, un an avant d’agiter des hanches en soupirant pour que mon pouce fouille plus profondément son fondement.

« Range moi ce gode ceinture sur le champ. Je ne veux jamais plus entendre parler de ces trucs pervers de lesbienne dégénérée » me dit-elle, un an avant que je ne la besogne, le dos sanglant labouré par ses ongles fraîchement manucurés.

« Je ne cesserai jamais de t’aimer » me dit-elle, un an avant qu’elle ne parte avec la moitié des meubles de l’appartement.

La conférence interrompue (5/5)

2 février 2010

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

(Lire le début.)

Nom du fichier : conference05.wav

AA : Anne Archet, un individu
LB : Louis Berthier, un autre individu
SB : Simone Bechara, un troisième individu

[Début de l’enregistrement]

AA : Bon, la foutue conférence… Hum… Ouais… Pffff… Je pourrais peut-être terminer sur une note plus… personnelle…

Ok. Les idées que je partage avec vous ne sont qu’exploratoires; elles appellent à l’expérimentation, à la prospection de domaines inconnus. Ce sont des invitations à des voyages, à des transhumances, à des aventures à la mesure de nos désirs, qui mènent par delà de nos limites. Ces idées n’ont en soi rien de révolutionnaire. Elles ne le deviennent qu’au moment où elles entrent en conjonction avec une résistance active et consciente à la société — une reconnaissance consciente que notre unicité et notre liberté en tant qu’individus sont radicalement en conflit avec la société et que nous devons la détruire pour finalement devenir ce que nous sommes. Car nous…

LB : Euh… Anne? Tu as une minute?

AA : Oui, Louis.

LB : Lucifer vient de partir.

AA : Ah oui?

LB : Oui. Avec Stella.

AA : Tu veux dire que…

LB : Tu as vu comme moi à quel point il était fasciné par elle. Alors qu’elle se refaisait une beauté, elle lui a dit : « Lucifer, j’ai des projets pour toi, viens avec moi. » Et il a dit oui, tout simplement.

AA : Quel genre de projets?

LB : Je ne sais pas. Mais j’ai trouvé une enveloppe à ton nom sur la table de la cuisine.

AA : Ah?

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Merci!

31 janvier 2010

Cette année encore, la Fondation Anne Archet a reçu un tas de dons qui vont lui permettre de poursuivre sa mission humanitaire, celle de me procurer des orgasmes à profusion. Je remercie donc mes généreux mécènes (qui se reconnaîtront) : Laurent, Éric, Stéphane, Amélie, Laurence et Philippe. Sans oublier Martin, sans qui ce blogue ne serait même pas en ligne.

Je vous embrasse tous et toutes autant que vous êtes.

La nuit de la comptine érotique 2010

30 janvier 2010

Bienvenue à la quatrième édition de la Nuit de la comptine de Lubricités, les cahiers Anne Archet! Je me propose ce soir d’écrire un petit texte érotique à l’heure de 20h00 (heure de Montréal) à 8h00 demain matin. Pour ceux et celles que ça intéresse, vous pouvez assister en direct aux coulisses de cet événement grandiose sur Twitter et même participer en me suggérant des thèmes ou en me faisant part de vos commentaires.

Et n’oubliez pas, ce marathon de la grivoiserie bancale est au profit de la Fondation Anne Archet pour l’achat de pornographie et de sex toys pour les blogueuses défavorisées. Pour vous, ce n′est que quelques dollars; pour moi, c’est un orgasme de plus à inscrire dans mon journal intime.

Bonne nuit à toutes et à tous… et que le spectacle commence! Les comptines sont publiées en bas, juste ici.

Je voudrais un mari

Je voudrais un mari
Docile et sans reproches
Qui tienne dans ma poche
Un mari à batteries
Je le voudrais petit
Pointu et arrondi
Et qui ne gronde pas
Surtout comme Papa

Je voudrais un mari
Massif en chocolat
Sa bite faite de nougat
Ses couilles de fruits confits
Je voudrais boire son miel
Son foutre de caramel
Mais qu’il ne transpire pas
Surtout comme Papa

Je voudrais le mari
Le plus noir et cornu
Bestial et corrompu
Que l’enfer ait vomi
Qu’il satisfasse la nuit
Mes goûts de sodomie
Mais qu’il ne sermonne pas
Surtout comme Papa

Les quatre étages

Au premier étage
Habite Madame Josée
Qui chaque premier mai
Organise un bukkake
Que c’est gai!

Au deuxième étage
Habite Monsieur Lucien
Qui tous les matins
Se fait mettre par son chien
Que c’est malin

Au troisième étage
Habite ma maman
Qui dès le printemps
Cravache son amant
Que c’est touchant!

Au quatrième étage
Habite Mortimer
Qui pendant tout l’hiver
Encule son petit frère
Quel pervers!

Les vagues

Clapoti clapota
Une vague, et deux, et trois
De mon connin ont giclé
Et ont taché mon sommier

Clapoti clapota
Une vague, et deux, et trois
Sur ta joue tu vas sentir
Les embruns de mon plaisir

A vos outils!

Les outils pour s’amuser
Sont rangés sous l’oreiller

Un fouet
Pour fouetter

Du lubrifiant
Pour lubrifier

Une cravache
Pour cravacher

Des préservatifs
Pour préserver

Un vibromasseur
Pour vibromasser

Un godemichet
Pour godemicher

Des boules de geishas
Pour bouledegeishaser

Un plug anal
Pour s’analyser.