Lendemain de Saint-Valentin

15 février 2012

M. Serge Lepitre
Directeur adjoint
Relations avec les partenaires

Objet: Comportements inappropriés au bureau

Monsieur Lepitre,

Je vous écris ce matin pour me plaindre pour harcèlement sexuel à mon endroit. Vous conviendrez que tous les employés ont droit de pouvoir travailler en paix, dans un environnement paisible et exempt de tout ce qui pourrait, de près ou de loin, suggérer le moindre comportement sexuel. Or, plusieurs de mes collègues ont récemment adopté des attitudes si lascives et si choquantes que j’en suis profondément traumatisé. C’est bien simple, je suis au bord de l’épuisement professionnel, de la dépression, du suicide et même, de l’agacement.

Par exemple, il y a Cassandra Bédard qui porte des chemisiers si décolletés qu’on voit son soutien-gorge rouge dès qu’elle se penche un peu, ce qu’elle a d’ailleurs fait devant le refroidisseur d’eau alors que Vincent, l’informaticien, la besognait en levrette, le pantalon aux chevilles. On se demande ensuite pourquoi notre réseau est toujours en panne.

Pis encore, Valérie Champoux passe ses journées à tortiller son cul dans son jeans à taille basse sous mon nez. Trouvez-vous normal que tous nos visiteurs puissent voir le string rose de la réceptionniste? Tout le monde au bureau sait qu’elle se fait ramoner chaque midi dans la salle de réunion par Gabriel Lelouche; croyez-vous que ce comportement est digne d’un membre du barreau?

Enfin, il y a Maude Lalonde et sa microjupe fuchsia – que vous avez sûrement remarquée – et qui est indigne de sa profession. Je sais que ça paraît incroyable, mais je vous assure qu’elle s’abaisse à sucer le concierge dans le placard à balai. Quand elle reçoit nos clients, elle sent la serpillière et le sperme à plein nez. Quelle déchéance!

J’exige que des mesures énergiques soient prises pour mettre fin à ces comportements scandaleux, sinon je porterai plainte au syndicat, à la Commission des droits de la personne et à la Ligue pour la moralité publique. Attendez-vous que la réputation de notre entreprise soit publiquement souillée par les turpitudes de ces catins lubriques?

Veuillez recevoir, Monsieur Lepitre, mes salutations les plus outrées.

Signé: un employé anonyme qui vous veut du bien.

Félicitations à Caroline Bégaud qui non seulement m’a envoyé la solution en premier… mais a en par dessus le marché payé sa copie de Pr0nographe! Vous avouerez avec moi que j’ai le meilleur lectorat de l’univers.

L’énigme de la Saint-Valentin

14 février 2012

Samuel en a marre d’en être réduit à manger un dîner congelé Michelina’s avant de se masturber, seul devant xHamster, chaque soir de la Saint-Valentin. Cette année, il a décidé de prendre les grands moyens et d’inviter le Grand Amour à une soirée avec violon, chandelles, champagne et (du moins l’espère-t-il) baise à la hussarde contre la benne à ordures dans la ruelle attenante du restaurant. Pour arriver à ses fins et surtout pour maximiser ses chances, il a fait parvenir une carte d’invitation à trois de ses collègues de travail (Mademoiselle Bédard, adjointe administrative, Mademoiselle Champoux, réceptionniste et Mademoiselle Lalonde, comptable) où l’on pouvait lire :

« Chère élue de mon cœur,

Ton sourire est mon soleil
Tes deux lolos sont une merveille
Ta beauté toujours m’illumine
Tu es l’étoile qui me fascine.

Pour la Saint-Valentin je t’invite
À dîner avec moi au Ritz
On s’embrassera avec tendresse
Et ensuite on jouera aux fesses.

Ton admirateur anonyme.»

Malheureusement pour lui, les trois filles ont toutes cru que quelqu’un d’autre que lui leur avait envoyé ces vers maladroits. Pauvre Samuel! Peut-être aurait-il dû signer son poème plutôt que de laisser planer le mystère…

À partir des indices qui suivent, pouvez-vous me donner le nom et le prénom de chaque femme, la couleur de la carte de la Saint-Valentin qu’elle a reçue et le jeune homme chanceux avec qui elle a forniqué le 14 février?

1. Dès que Mademoiselle Champoux a reçu sa carte, elle est allée remettre à Gabriel, l’avocat, sa petite culotte dans une enveloppe à bulles en guise de réponse.

2. Quand Maude a reçu la jolie carte fuchsia, elle est allée voir Mademoiselle Bédard pour lui montrer et lui demander son avis sur qui aurait bien pu lui envoyer une si charmante invitation. Évidemment, elles n’ont pas pensé une seule seconde que ce serait ce boutonneux de Samuel, avec ses dents croches et son parfum de chaussette mal lavée.

3. La jeune femme qui a reçu la carte rouge croit encore dur comme fer que c’est Vincent l’informaticien qui lui a écrit ce mot doux. Mal lui en prit, car elle a vite constaté que «romantique» ne rime pas avec «informatique»; ils ont passé la soirée de la Saint-Valentin dans le sous-sol des parents de Vincent à faire le cheval renversé et la brouette chinoise sur son futon posé à même le sol.

4. Ni Cassandra, ni Mademoiselle Lalonde n’ont reçu la carte rose. Par contre, elles ont été très impressionnées par les vers de Samuel – du moins, assez pour se jeter dans les bras du premier douche bag venu, allez savoir pourquoi.

5. Le lendemain matin, Cédric, le concierge, est allé raconter à Samuel sa soirée passée en compagnie d’une des filles du bureau. «Elle était si chaude, t’as pas idée… elle m’a laissé éjaculer sur son visage et ensuite, elle a enfilé son gode-ceinture et m’a ramoné le cul jusqu’aux petites heures!» Évidemment, Samuel est devenu vert de rage en apprenant l’identité de la dame en question!

6. Samuel a ensuite aperçu Valérie près du photocopieur. Elle racontait en gloussant sa soirée de débauche de la veille à sa copine et n’a même pas daigné le saluer, la garce! Et, pour comble de malheur, Samuel a retrouvé la carte rose dans le bac à recyclage du bureau. Décidément, il ira voir la prochaine fois une professionnelle; c’est beaucoup plus simple et au moins on en a pour son argent.

 

La première personne qui me fera parvenir la solution se méritera une copie de Pr0nographe!

Douze chocolats fourrés dans une boite en forme de coeur

11 février 2012

Me croirez-vous si je vous dis que ce blog aura bientôt dix ans et que je n’ai jamais écrit de putain de texte pour souligner la Saint-Valentin? Étant par nature ronchonneuse, les journées fériées m’indisposent, surtout lorsqu’elles ne servent qu’à vendre de la camelote rouge pompier et faire déprimer les célibataires. Mais comme cette année j’ai moi aussi quelque chose à vendre, j’ai décidé de joindre la parade kitsch de Cupidon et de vous proposer quelques scénarios romantiques pour pimenter votre soirée annuelle d’amour conjugal. En prime, j’offrirai un exemplaire gratuit de Pr0nographe aux couples assez pervers pour croquer dans ces chocolats et m’envoyer les photos de leurs ébats!

La vie sexuelle de la Petite Sirène

Madame doit incarner l’héroïne d’Andersen. Pour ce faire, elle s’installe dans sa baignoire, nue, les cheveux défaits, et les chevilles et les genoux liés pour imiter la queue de poisson de la Petite Sirène. Son beau prince a la mission — difficile, mais pas impossible — de la faire jouir malgré son anatomie de femme-poisson. Une réussite vous assurera à tous deux une place dans la légende.

Toréador, en garde!

Dans cette corrida, monsieur est le taureau, madame est le toréador, et votre lit est l’arène. Le taureau est nu, les poings liés dans le dos. Le toréador porte de la lingerie qu’il ne sera pas triste de voir déchirée. Le bovidé en rut doit dénuder son tortionnaire avec ses dents. Quant au toréador, il doit l’esquiver… mais pas trop, puisqu’il convient de se laisser (enfin) monter pour achever la pauvre bête.

Le diable est nu dans ses Prada

Le (ou la) rédac’ chef de Vague, une prestigieuse revue de mode, tyrannise son assistant (ou son assistante) par caprice ou par plaisir sadique. Non seulement on doit lui obéir au doigt et à l’œil jusqu’à tard dans la nuit, mais en plus ce cruel individu exige des services beaucoup trop personnels pour être conformes au code du travail et même aux simples convenances. Si le pauvre assistant (ou la pauvre assistante… enfin, vous avez compris le principe) accepte de souffrir en silence, c’est qu’il sait qu’il finira par être payé en nature.

Le client satisfait

Un des partenaires doit téléphoner au service à la clientèle d’une compagnie de téléphone, d’un câblodistributeur, ou d’un fournisseur de services sans filou d’Internet. Il doit rester imperturbable pour qu’à l’autre bout du fil le commis ne se doute pas du petit manège. Tout est permis: chatouilles, caresses, léchages, masturbation. Celui qui soupire trop fort perd; le premier qui fait des économies gagne.

La devinette épidermique

Votre partenaire a les yeux bandés et n’a pas le droit de se servir de ses mains. Sa mission est de deviner une série d’objets de votre choix (un glaçon, un œuf, de la fourrure, le formulaire simplifié de déclaration de revenus 2011…) frottés contre son sexe. Incluez votre langue dans la liste des objets mystérieux, et récompensez toute bonne réponse par la faveur sexuelle de votre choix.

L’homme et la femme de lettres

Avec un feutre, écrivez sur les différentes parties du corps de votre partenaire ce que vous avez l’intention de leur faire (vcaresser», «lécher», «mettre mon doigt, mes lèvres…»). Ensuite, laissez l’autre lire et suivez les instructions inscrites sur la chair. Soumettez ensuite votre tendre moitié à un jury de ses pairs. Un Goncourt ou un Fémina assurés!

Betty Croqueuse et Donne-queue Nines

Pâtissiers et pâtissières, à vos fourneaux! On vous a commandé un gâteau érotique; vous avez donc décidé d’enfourner votre chéri(e). Avant de commencer, vous devez voir fait les courses et acheté tous les ingrédients: crème fouettée, glaçage, cerises au marasquin, sirop de chocolat, guimauves, jujubes. Décorez soigneusement votre amour en recourant à mille caresses et chatteries, puis dégustez-le longuement, avec gourmandise. Si vous craignez que la pâte ne lève pas, n’hésitez pas à inviter Josée di Stasio et Ricardo pour échanger avec eux autre chose que des recettes.

Cendrillon et son dildo de verre

En quittant précipitamment l’orgie du palais au douzième coup de minuit, Cendrillon a non seulement perdu sa pantoufle de verre, mais elle a aussi oublié tous ses sex toys.  Le prince charmant, toujours aussi serviable, doit trouver quels sont les siens en les essayant sur elle (vibro, gode, chandelle, concombre, télécommande du téléviseur…), s’assurant ainsi qu’elle et lui vivront heureux sans avoir beaucoup d’enfants.

Le tourisme d’aventure

Votre domicile est rempli de coins pittoresques à visiter. Jouez les touristes et suivez le Guide du routard domestique:

Site touristique Cote À voir À faire
La chambre Un sourire S’ambrasser
Le salon Des seins Les têter
La salle de bains Une chatte La lécher
La cuisine Une queue Le sucer
Le hall d’entrée Un cul Baiser sauvagement

Immortalisez votre voyage en prenant frénétiquement des photos comme des touristes japonais. Montrez-les à tous vos amis en les publiant sur Facebook et Twitter — ça leur fera de jolis souvenirs.

Les positions orphelines

Quel émoi! On a retrouvé un très ancien exemplaire du Kama-d’soudbra qui contient des positions sexuelles inédites! Le problème, c’est que seuls leurs noms sont lisibles:
La biche accroupie
Le moissonneur de roseaux
Le pont suspendu
La sonneuse de cloches
Le labour des collines
Le caniche affamé
La langoustine bègue

À vous d’expérimenter et de trouver à quels agencements de corps ils correspondent. Tout le monde gagne — surtout le chiro!

La gastronomie, c’est le pied

Ce soir, vous sortez au restaurant. Peu importe ce qui est au menu, pourvu que les tables soient recouvertes de longues nappes qui descendent jusqu’au sol. Pendant votre repas, vous avez comme mission d’enlever vos chaussures et de jouer des pieds pour vous tripoter. Si vous arrivez à jouir avant le dessert, félicitations: vous êtes des maîtres-queux. Mais attention! Ne vous faites pas surprendre par le garçon, sinon vous aurez littéralement les pieds dans les plats.

Les narcotrafiquants

Lorsque le narcotrafiquant (ou la narcotrafiquante) se présente au poste-frontière, on devine qu’il a caché sur lui (ou sur elle) un petit sachet de plastique rempli de poudre blanche suspecte. Le douanier ou la douanière a comme mandat de fouiller méticuleusement cet individu louche pour trouver le produit illicite. Et, parce que c’est un honnête fonctionnaire payé à l’heure, il prend tout son temps et ne néglige aucun pli, aucun orifice. Nhésitez pas à de soutirer un max d’informations sous la torture, puisque le gouvernement canadien vous donne dorénavant sa bénédiction.

Fourrer Fourrer Fourrer Fourrer

9 février 2012

— Tu t’es déjà demandé combien de fois on peut écrire le mot «fourrer» avant qu’il ne perde toute signification?

— Non, mais je sens que tu vas me le dire.

— J’ai rempli une page de «fourrer» hier soir. J’étais fatiguée, je m’ennuyais et surtout j’avais les nerfs à fleur de peau. Je pensais que ça allait m’inspirer. C’est ce qu’on appelle se fourrer le doigt dans l’œil…

— Tu écris de la porno. Si fourrer ne t’inspire pas, je me demande bien ce qui le fera.

— Certainement pas fourrer, ni les relations sexuelles en générales, en tout cas.

— C’est pas un peu contradictoire, ce que tu viens de dire, non?

— C’est tout ce qui mène à l’acte qui m’allume. Après, ce n’est que de la mécanique et de la tuyauterie.

— Tu ne vas pas encore me casser les couilles avec tes foutus préliminaires!

— Tiens, c’est une idée, ça. L’escarpin dans les chnolles comme prélude à l’amour…

— Dis plutôt «prélude à l’hospitalisation».

— Mais non, mon chéri, je te botterais le sachet avec grâce et délicatesse.

— Je vais quand même passer mon tour, si ça ne te dérange pas trop.

— Toujours est-il qu’en Arial 12 points et des marges de 2 centimètres, j’ai pu «fourrer» cinq cent trente-neuf fois.

— Un vrai gang bang.

— Au quarantième fourrer, je me sentais comme à l’école, lorsqu’on me punissait avec une copie. Je ne voyais plus que des lettres, sans signification. Ce n’est qu’un mot, après tout.

— Fourrer, ce n’est pas qu’un mot. Glisse-le dans n’importe quelle conversation et tu verras quel effet il produit.

— Pour moi, ce n’est qu’un mot. Avant, j’écrivais «baiser», jusqu’à ce que je l’use à la corde. J’ai essayé «niquer», mais c’est trop franchouillard et ça me laisse de glace. Alors je me suis mise à utiliser ce «fourrer», bien gras, bien joual et bien vulgaire.

— Et alors?

— Alors il ne me fait plus d’effet non plus. Je me sens comme une gynécologue qui ausculte des vagins à longueur de jour et qui n’a plus envie de lécher une plotte de retour à la maison.

— Et le mot «plotte», il te fait encore de l’effet?

— À peine.

— Dans ce cas, tu devrais arrêter d’écrire.

— Quoi?

— Fourrer est l’unique objet de ton écriture. Alors quand vient le temps de fourrer pour de bon, tu es trop saturée pour joindre le geste au mot.

— Je préfère écrire que fourrer.

— Merci, c’est très flatteur. Pourquoi alors sautes-tu dans mon lit chaque mardi après-midi?

— C’est à cause des préliminaires. Et aussi parce que j’ai des escarpins à étrenner et que tes chnolles sont juste à la bonne hauteur.

Écologie de la fornication

2 février 2012

Elle s’approcha de lui et l’embrassa en faisant courir ses ongles sur la bosse qui commençait déjà à déformer son pantalon.

— De tous les trois «R», c’est «réutiliser» que je préfère, lui murmura-t-elle à l’oreille alors que le sexe palpitant durcissait sous ses doigts. Dans cette société consumériste du prêt-à-jeter, il est important de se diriger vers des sources de plaisir renouvelables.

— Parlant de développement durable, je suis en ce moment dur et je me développe à vue d’œil. Regarde, ma queue s’érige et se dirige naturellement vers toi.

— On croirait une baguette de sourcier! s’exclama-t-elle à la vue de ce gourdin de bois brut qui émergeait de sa braguette.

Il glissa sa main sous sa jupe de lin de fabrication locale sans teinture chimique et la fit courir sur sa cuisse. Bientôt ils s’arrachèrent mutuellement leurs vêtements puis basculèrent sur le lit.

— Je suis d’accord, soupira-t-il lorsqu’elle prit son sexe en bouche, il faut réutiliser de façon optimale nos ressources, comme les sexes, les doigts et les langues. Mais il est aussi nécessaire, dans le cadre d’un mode de vie écoresponsable, de savoir recycler correctement les objets de consommation courante.

Il étira le bras et attrapa la chandelle qui était posée sur la table de nuit.

— Je me plie de bon cœur à tes arguments et à ton analyse si pénétrante, lui dit-elle en pliant les genoux et en cambrant les reins. Ceci étant dit, je te laisse penser globalement, mais il est pour toi maintenant l’heure d’agir localement.

Les genoux enfoncés dans les draps de coton écru équitable, une chandelle de cire végétale de soya biologique bien enfoncé dans le fondement, elle savoura avec délice les plaisirs simples et carboneutres de se faire bourrer la chatte à répétition. Ils forniquèrent longuement, comme deux bêtes en rut fraîchement libérées de leur laboratoire de test pharmaceutique par un commando de militants animalistes radicaux.

Plus tard, étendue sur le lit et repue d’amour, elle mit sa tête sur sa poitrine et lui demanda:

— Nous avons oublié le dernier «R»… Qu’en est-il de «réduire»?

— Chérie, je ne suis pas écolo à ce point, lui répondit-il en se remettant à bander de plus belle.

Idée fixe

26 janvier 2012

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert, est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant. Et blanc.
Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel serait si blanc ?
Je veux dire – Jean-Robert ? Le Jean-Robert ? Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants, blancs et hétérosexuels que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés d’un braquemart géant, blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement le plus blanc, le plus géant
Et le plus hétérosexuel
Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs qu’un hétérosexuel ait pu porter
Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc est le plus hétérosexuel et géant
Le Jean-Robert, celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante
Je n’avais pas idée que Jean-Robert ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ? Certainement pas moi
Jean-Robert, si gigantesquement et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels semblent moins blancs et géants
Quelqu’un était au parfum ? Quelqu’un était au courant ?
Que l’hétérosexuel et jean-robertien braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel de Jean-Robert ?
Pas moi, oh non, certainement pas moi.

Idée fixe, lu par Izabull:

Oralité

23 janvier 2012

Jamais sur terre il n’y eut, de mémoire de dévergondée, quoi que ce soit qui puisse rivaliser avec ta bouche sur ma peau. Voilà. Je crois que tout est dit.

En réalité, rien n’a été dit du tout. Voilà des jours et des nuits que j’essaie désespérément, sans l’ombre du début d’un succès, d’énoncer la sensation de ta bouche sur ma peau dans un langage clair et audible, dans une langue que tu pourrais comprendre et que je pourrais articuler d’une façon qui ne trahirait pas tout ce que je ressens, tout ce qui me chavire. Tes lèvres si joliment ourlées sur mes nymphes? Tes muqueuses orales sur mon appareil reproducteur externe? Ta criss de langue baveuse sur ma plotte de salope? J’ai beau le formuler en des termes soigneusement choisis, avec des épithètes fleuries, ou encore l’éructer avec toute la vulgarité de l’urgence immédiate, mes mots n’arriveront jamais à te donner au mieux qu’une vague idée de l’effet de ta bouche sur ma peau.

Tu m’as vaincue. Tu as tué en moi la fillette orgueilleuse qui conférait un pouvoir magique au mots, qui croyait sottement les tenir en laisse et qui pensait savoir leur faire faire des pirouettes à volonté, comme des caniches. Tu m’as bien baisée, je suis foutue, les mots ont pissé sur le tapis et se sont enfuis. Qu’ils aillent au diable, ils ne valent pas tripette pour rendre compte de ce qu’est l’amour. Ils sont même déficients pour décrire quelque chose d’aussi trivial que la volupté d’avoir des organes génitaux et de s’en servir.

Je voudrais te parler avec des images sublimes et simples, mais infiniment chargées de sens – comme celles que je te vois contempler des heures durant sur les lames de ton tarot. Je voudrais pouvoir ciseler des mots comme des joyaux irisés dont le reflet incandescent serait à l’image de notre passion. Fuck, je me contenterais même de lancer vers le ciel ces litanies ordurières que tu aimes tant, celles que tu voudrais parsemées de culs, de cons et de dèche, ces tirades que je n’arrive jamais à prononcer au bon moment, lorsque mon corps entier bascule sous tes caresses. Je suis damnée, maudite, car qu’ils soient enveloppés de soie ou trempés de foutre et de merde, mes mots ne savent que crier mon désir – ils ne savent ni aimer, ni jouir.

Ma parole n’est que pur désir, elle est un chant, un rituel au service de ton culte, une liturgie qui t’est entièrement dédiée. Elle ne sert qu’à abdiquer ma volonté et ma peau à ta bouche souveraine, comme la mystique stigmatisée à son dieu. Jamais n’arriverai-je par ce chant à t’exprimer l’ampleur du moindre frisson que tu me procures. Tout ce que je peux espérer, c’est qu’il te convainque de revenir à moi. Je te veux. Je veux tes mains autour de mon cou. Je veux défaillir dans tes bras, dans l’anticipation de ta caresse. Tu m’entends? Tout ce que j’arrive à faire, c’est te servir de plates descriptions, de pâles fantômes du feu que tu m’instilles et qui brûle chaque fibre de mon être. Je t’en supplie, fais-moi jouir, fais-moi jouir encore, toi qui y arrives sans faire le moindre effort, par de simples frôlements du bout de ta langue. Lorsque tu la fais courir dans mon cou, je la reçois comme une promesse, comme un rappel de ton omnipotence, de ton pouvoir de faire de moi une petite chose tremblante, baveuse, vaincue. Et lorsque ta bouche se pose sur la chatte, lorsque ta langue s’insinue dans les replis de ma moule, je… je…

Fuck this. Je suis fourrée, par tous les orifices – surtout la bouche. Je suis fatiguée de me battre avec les mots, avec cette jouissance indicible que tu me prodigues nonchalamment, comme si ce n’était rien, presque distraitement, comme si c’était tout naturel. Jamais je n’arriverai à te faire comprendre, à te faire ressentir ce que je ressens par ma parole. Mais peut-être réussirais-je par ma bouche; offre-moi ta peau en sacrifice.

Tout le monde en bave

16 janvier 2012

— Écarte tes cuisses et ne regarde que l’écran.

Sarah soupira longuement – ce genre de soupir qu’elle laisse toujours échapper lors du tout premier contact d’une langue sur sa chatte.

Quelques minutes plus tôt, elle s’était confortablement installée au lit avec son amoureuse et son ordinateur portable pour regarder le talk-show du dimanche soir tout en « postant » des remarques futées et sarcastiques sur Twitter – le genre de préparatif que des millions de Québécois font le dimanche soir à la même heure, tout orphelins de rituels collectifs et en manque terrible de grands-messes qu’ils sont.

Mais ce soir-là, Sarah avait, contrairement à son habitude et juste avant l’office divin, décidé de peindre ses ongles en bleu – ce genre de bleu éclatant qui rend ses orteils si sexy, si étincelants qu’on les dirait incrustés de saphirs.

Et surtout, elle les frétillait sous le nez de Manon, son amante – ce genre de frétillement qui n’a rien d’innocent.

— Hey! Tu vas arrêter de jouer les allumeuses? Le premier invité vient à peine de s’asseoir et je suis déjà mouillée comme une catin… dit Manon en laissant courir son index le long de la cuisse de Sarah – le genre de caresse qui semble légère et désinvolte, mais qui est en réalité lourde de sous-entendus.

— Je ne fais rien du tout. Et puis chut, je ne veux pas manquer cette entrevue… répondit Sarah d’une voix émue – ce genre de voix qu’elle prend toujours lorsque son amoureuse glisse sa main dans son pyjama et se fraie un passage entre ses cuisses.

— Ne t’en fais pas, tu n’en manqueras pas une miette de ta messe profane télévisée. Écarte tes cuisses et ne regarde que l’écran, ordonna Manon sur un ton autoritaire – ce genre de ton qui n’appelle aucune réplique.

Sarah soupira longuement – ce genre de soupir qu’elle émet toujours à répétition lorsqu’elle savoure la caresse baveuse d’une bouche amoureuse. Puis elle jouit, tremblante et pantelante, les yeux rivés sur la télé – ce genre de jouissance qu’elle n’éprouve que lorsque Manon pèse sur le piton.

Blasphème et verbicrucisme

14 janvier 2012

Étiquette placée au dessus d’un spécimen épinglé: INRI.

Je sais, c’était une blague de mauvais goût — mais c’était aussi la définition du 6 vertical de ma grille que Paul Cormier a solutionnée sans aucun problème. Il s’est donc fait épingler la rosette de chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs (sans aucun sous-entendu sodomique) et a reçu un exemplaire de Pr0nographe (le ebook que je viens de publier — vous l’ai-je déjà mentionné?)

Et voici la soluce, pour ceux et celles que ça intéresse.

La grille de janvier

12 janvier 2012

En décembre dernier, j’ai pris la résolution de vous offrir une grille de mots croisés par mois. Nous sommes le 12 janvier et ma résolution tient toujours! C’est bien la première fois de ma pauvre existence  qu’un tel miracle se produit. Celle-ci est un peu plus corsée que la précédente — je commence à retrouver la forme.

Comme d’habitude, la première personne qui m’enverra la solution exacte (par courriel, au anne@archet.net) sera décorée chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs, en plus de recevoir une un exemplaire de Pr0nographe, mon nouveau ebook et futur best seller intersidéral. Vous pouvez télécharger la grille en format pdf et la solution viendra dans un jour ou deux.

La grille de janvier 2012

Horizontalement

  1. Émis par la cigogne.
  2. Tente — Euphémisme lesbien.
  3. S’abstenir — Laurent Buquet.
  4. Alain, David, Joli, Morin, Racine… — Taxons.
  5. Sont de fermentation haute — La moitié du vide érigé en art de vivre — Posséda.
  6. Article — Qualifie le souvenir des roses sur la robe de Marceline.
  7. Chambre — Ville… ou agréable.
  8. Qualifie la blogueuse qui parle. continuellement de sexe, mais ne montre que ses yeux — Germée — Temps d’une révolution.
  9. Jambon-beurre — Plébiscité.
  10. Légumineuse qu’on ne consomme que dans les mots croisés — Étain — Quantité unique de lait.
  11. Consubstantielle — Fredaine.
  12. Fait rire — Encore cette foutue légumineuse indigeste.

Verticalement

  1. Un de moins que celle de Monsieur Hulot.
  2. Dénigré — Bouquet de thym et de laurier.
  3. Celui de Gauvreau est de la pureté — Calcanéum, astragale, cuboïde…
  4. Arbuste psychotrope — Calendula.
  5. Aurochs — Mettre à sa main.
  6. On ne le quitte qu’à regret (du moins, c’est le cas de la paresseuse que je suis) — Étiquette placée au dessus d’un spécimen épinglé.
  7. Sert à dessiner — Canopus en fait partie — Bouquin de Thuy.
  8. Aimait faire des appels interurbains en 1982 — Scions.
  9. Elle vit sous la bannière verte, jaune et rouge — Éprouvé.
  10. Tamponné — Essence.
  11. Réfutent — On radoube quand elle est sèche.
  12. Cheville — On les danse avec une perruque poudrée.

Rumeurs

11 janvier 2012

Mon petit doigt me dit que demain à midi, heure de Montréal, je vous soumettrai une de mes infâmes grilles de mots croisés.

Le même petit doigt ajoute que la première personne qui me soumettra la solution gagnera un exemplaire de Pr0nographe.

Il me susurre aussi à l’oreille que je remettrai gratuitement le bouquin à quiconque a envie d’en faire le compte-rendu sur son blogue.

Le souffle lourd et oppressé, il conclut en me disant que ce blogue a aujourd’hui neuf ans, ce qui probablement fait de moi la Jeanne Calment des blogueuses.

Quant à mon index, peut-être me dit- il quelque chose, mais les replis de ma chatte étouffent sa voix et rendent ses propos inaudibles.

Pr0nographe

8 janvier 2012

Je venais tout juste d’appuyer sur la touche « publier » lorsque Simone débarqua sans crier gare dans le bureau.

— Tiens ? Tu es déjà rentrée ? Qu’est-ce que tu faisais ? me demanda-t-elle pendant que je me hâtais à fermer les fenêtres de mes logiciels.

— Rien, rien, répondis-je. J’écrivais.

— « Lubricités… Les Cahiers d’Anne Archet »… qu’est-ce que c’est que ça?

— Rien, je te dis. Je ne fais que raconter quelques trucs comme ça, sous le couvert de l’anonymat.

— Je ne savais pas que tu publiais tes textes…

— Publier, c’est un bien grand mot. Je ne fais que les placer là, sur le web.

— Tu ne veux jamais me faire lire tes carnets… et là je découvre que tu publies sur internet. Tu comptais me le dire bientôt?

Elle m’arracha la souris, puis cliqua sur « historique ».

— « Pr0nographe »… tu as fait une faute, là non?

— C’est du leet, le jargon des hackers. Laisse tomber, ce n’est rien d’important.

— Dans ce cas, tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je lise, n’est-ce pas?

Si, j’en voyais. J’en voyais même des tas. Mais je jugeai qu’il valait mieux ne rien dire, serrer les dents et la laisser faire.

Lorsque Simone surprit Anne devant son ordinateur, elle ne s’attendait pas à découvrir que son amante avait écrit en cachette plus de cent soixante-dix courts textes érotiques où se décline le sexe sous tous ses tons, du rose tendre au rouge violent, de la douceur de l’innocence à la brûlure de la dépravation. Devant ce défilé de stupre et de débauche, une question se pose: peut-on aimer une pr0nographe?

Vous l’aurez deviné, ce qui précède est la description (je dirais la quatrième de couverture, si j’étais dans le business de vendre du papier) de Pronographe, mon tout premier ebook qui depuis hier est en vente sur Smashbooks et sur Amazon. Vous pouvez vous le procurer dans le format électronique de votre choix au coût imbattable de 4,99 $ — ce qui est moins cher qu’un sandwich de douze pouces chez Subway. Inouï! Mieux: puisqu’il s’agit d’un recueil de cent soixante-dix textes, chaque frisson voluptueux vous coûtera moins de 3¢… de nos jours, même se branler en feuilletant le catalogue Victoria’s Secret est plus cher. Alors encouragez votre pétroleuse nymphomane préférée, prenez et téléchargez le toutes et tous, car ceci est mon corps (virtuel), livré pour vous.

(Pour ceux et celles que ça intéresse, je fais en gros 3,50$ par livre vendu. Alors si vous ne voulez pas engraisser les distributeurs amerloques, envoyez-moi directement la somme et je vous le fais parvenir illico par courriel.)

J’oubliais: toutes les sommes récoltées seront versées à la Fondation Anne Archet pour l’achat de livres pornographiques précieux, anciens et introuvables qui chaque année, aide une écrivaine dans le besoin à passer de très bons moments en solitaire. Mon clitoris vous en remercie à l’avance.

Ce qu’ils en pensent…

Mélanie Robert: «Faire bonbon avec le texte»

Maëlle Lesbienne: «Le très grand honneur de ma courte existence est d’avoir effectivement baisé avec Anne Archet

Saby (Des yeux pour voir): «PrOnographe est un livre à « double-sens », on peut le lire du premier chapitre au dernier, mais aussi du dernier au premier, en sens inverse. »

Mouton Marron: «Un livre qu’on peut lire entre ami-e-s, tout haut, ou en toute intimité; quelques pages par jour

Ce ne sont que des mots

24 décembre 2011

Dans quelques heures, ce sera Nowel et je m’en voudrais de ne pas vous offrir un petit présent, histoire d’équilibrer les comptes avec bébé Djizusse et ainsi ne me pas me retrouver, à mon trépas, en train de rôtir sur une broche en compagnie de la Prostituée de Babylone et d’Anne-Marie Losique.

Je vous invite donc à sortir votre iPad, votre Maxi pad, votre Kindle ou votre Swindle pour télécharger Ce ne sont que des mots, mon recueil de poésies  érotiques illustré par de jolies typornographies — le cadeau idéal pour ceux et celles qui savent manipuler une barre de défilement d’une seule main.

Sur ce, je vous souhaite à toutes et à tous un Joyeux Nowel et vous rappelle que l’alcool rend l’homme semblable à la bête, alors on serait idiots de ne pas en abuser.

Confession de la pornographe

22 décembre 2011

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Philippiques et catilinaires

19 décembre 2011

Philippiques: Harangues de Démosthène contre Philippe, roi de Macédoine. Par extension, nom donné à un discours violent et enflammé.

Catilinaires: Série de quatre célèbres discours de Cicéron prononcés pour attaquer Catilina, qui conspirait contre la République romaine. Par extension, nom donné à un discours violent et enflammé.

En ces temps où la culture classique se perd, c’était probablement la seule vraie difficulté de cette grille. Surtout que tout le monde a un lixiviateur à la maison, n’est-ce pas…

Oldcola n’étant pas dans les parages (pour de traîtreuses raisons de fuseaux horaires), il est revenu à Christian Mistral de trouver en premier la solution.  Je l’adoube donc Commandeur (troisième classe) de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs et lui offre, tel que promis, une photo de ma chatte.

Pour ceux et celles que ça intéresse, voici la solution.

La grille de décembre

18 décembre 2011

Elle est née, la divine grille de décembre: jouez hautbois, résonnez musettes. J’ai un peu perdu l’habitude d’en créer et c’est bien dommage, puisque je sais que certains d’entre vous aiment bien user leur crayon sur elles. Alors j’ai pris la résolution pour 2012 de me discipliner un peu (ha!) et de vous en offrir une par mois — ce qui fait douze grilles avant la fin du monde, quand même. Celle-ci ne devrait pas vous infliger trop de maux de tête, puisque je suis quand même un peu rouillée, après tout ce temps.

Comme d’habitude, la première personne qui m’enverra la solution exacte sera décoré chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs, en plus de recevoir une photo exclusive de ma chatte. Vous pouvez télécharger la grille en format pdf et la solution viendra dans un jour ou deux.

Grille de mots croisés

Horizontalement

  1. Lixiviateurs.
  2. J’aime lui vider les burettes — Lisière.
  3. Ce que l’IRA ressentait jadis (et peut-être encore aujourd’hui, qui sait…) — Subjuguent.
  4. Bourreler — Saison où les campeurs fêtent Noël.
  5. Layon — Natice.
  6. Le rapport entre la circonférence et quelque chose d’autre (je n’ai jamais été forte en maths) — Dans les Alpes italiennes — À mon avis, ce n’est qu’un prétexte pour les adultes qui aiment se déguiser quand ce n’est pas l’Halloween.
  7. Étoffe — Pennons.
  8. À perpète.
  9. Escoffier — Scarifier.
  10. Tell al-Muqayyar — Radon — Pronom — Bradype.
  11. Mystifiés — Comté alabamien — Possèdent
  12. Qui favorise l’aplomb.

Verticalement

  1. Catilinaires.
  2. Mon type de métissage — Chaleur.
  3. Affiquets — Test de diagnostic rapide — Possessif.
  4. Chlore — Qui cuit.
  5. Provient de la fragmentation en chapelet des hyphes — Bureaucrate turc.
  6. Y’a tout à l’heure quinze ans d’malheur qu’il est parti au paradis d’l’accordéon — Infinitif — Les poteaux de Festivus en son faits (à cause de son excellent rapport poids/rigidité).
  7. Si son nom se termine par «ian», il a de fortes chances d’en être un — Rivière endoréique de Chine.
  8. Qualifiait jadis les membres de l’IRA (à moins qu’ils le soient encore aujourd’hui…)
  9. Charles de Beaumont — Triste sans sa dominatrix.
  10. Carbamides — Monnaie japonnaise — Pronom indéfini.
  11. Revenu de retraite — Rien.
  12. Où est enterré Georges Brassens — Infection utérine.

Rumeur

17 décembre 2011

Mon petit doigt me dit qu’à minuit, heure de Montréal, sera publiée ici une grille de mots croisés. Ça sera grandiose, je le sens.

Denrée périssable

16 décembre 2011

Le bar est fermé, tout est sombre et je suis saoule, attachée sur une chaise.

Elle est sur une table, couchée sur le dos, la tête qui pend dans le vide. Un homme qui porte un pantalon beige un peu trop grand pour lui va et vient dans sa bouche, lourd, régulier. Il. Un autre fait vriller sa langue sur son sexe de nacre, lisse et vulnérable. Je regarde s’agiter ses seins lourds, qui contrastent tant avec son ventre creux, ses côtes proéminentes et ses hanches osseuses. Sa lèvre inférieure est fendue, il y a du sang sur sa bouche et son menton, rien de grave — du moins, pour l’instant.

J’ai mal derrière la tête et le con irrité. Mes liens sont si lâches que je pourrais m’en défaire sans effort, mais je joue le jeu et fais semblant d’être à la merci des deux ou trois autres hommes se tiennent dans l’ombre. Tout est calme, il fait très chaud, le plancher craque.

Tout ça nous fera de beaux souvenirs à se raconter lorsque nous serons vieilles — si bien sûr je me rappelle encore de tout cela demain matin.


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