Les cahiers d'Anne Archet
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19/12/2008

Comptines pour se faire sauter à la corde

Crème glacée, limonade sucrée,
À qui pensez-vous quand vous vous branlez ?

Vole, vole, vole que je t’aime,
Viens ici ma chère Annie.
Ma langue glisse dans ton oreille,
Un doigt chatouille ton mimi :
Ah oui ! (il faut sortir) Youpi !

Pas hier soir, mais le soir d’avant,
Quarante violeurs sont venus cogner à ma porte
Et voici le message qu’ils ont laissé :
Madame, tournez-vous de bord, (ter)
Madame, touchez à terre, (ter)
Madame, relevez votre croupe, (ter)
Madame, présentez votre rosette, (ter — en sortant de la corde)

Je veux manger une gourgandine,
Je veux manger une traînée,
Le minou
Le bouton
Le p’tit trou
Et aussi les gros lolos
Qu’il faut téter comme il faut
(il faut sortir)

À la ferme de Bruno,
Je me fait prendre par derrière
Par toutes sortes d’animaux,
Y’en a des p’tits, y’en a des gros,
Mais celui que je préfère,
C’est…
(Une catin entre en nommant un animal et saute quatre fois en
l’imitant. À chaque saut, toutes les autres en imitent le son.
La débauchée sort, on reprend le refrain et une autre entre avec un
nouvel animal…)


vers quatorze heures

16/12/2008

Bon voisinage

Je déboulai l’escalier en vitesse jusqu’à l’appartement de Mike, le concierge.

— Bon, ça suffit, lui dis-je, rouge de colère. Je peux savoir quel est le foutu problème ?

— Je… je ne sais pas ce que tu veux dire, balbutia-t-il, les yeux encore englués de sommeil.

— Madame Roberge, du 4B, m’a demandé si j’avais recommencé à sortir. Le vieux Labrèche veut me présenter son petit fils. L’étudiante du demi-sous-sol me fait des yeux doux et ce crétin de Lamothe n’arrête pas de me demander si je me suis inscrite sur Adult Friend Finder.

— Ah. C’est que… tu as rompu avec Simone.

— Et alors ?

— On s’ennuie tous d’elle.

— Hein ?

— Ben, tu sais que tu es… un peu bruyante, disons.

— Quoi ? criai-je, stupéfaite.

— Ouais, exactement comme ça. Et puisque les murs sont aussi minces que du carton d’emballage, on peut tout entendre, des premiers soupirs au contre-ut orgasmique — fuck, on entend presque tes sous-vêtements tomber sur le sol. Crois-moi, c’est encore mieux que la télé sur demande. Tu offres tout un show !

— Pincez-moi, je rêve…

— Tu sais, mon frère est célibataire depuis quelque temps. Et il paraît que la fille du dépanneur au coin te trouve vachement de son goût. Peut-être que tu pourrais…


vers quatorze heures

8/12/2008

Le terrible incident du mah-jong de Terrebonne

« Marjorie est enfin partie au mah-jong… parfait ! »

Roger installa La revanche des naines partouzardes dans son lecteur DVD, étala ses numéros préférés d’Amputées asiatiques sodomisées sur le parquet, se glissa dans la robe du dimanche de sa femme, ajusta avec précaution sa perruque blonde, tartina ses lèvres d’une généreuse couche de rouge puis enfila son masque à gaz. Ensuite, il lubrifia consciencieusement Tonnerre noir puis, à force de grimaces et de soupirs, réussit tant bien que mal à l’enfoncer dans son derrière jusqu’à la garde. Devant lui, langoureusement étendue sur le fauteuil de cuir noir, Dolly la brebis gonflable le regardait d’un œil concupiscent.

« Tu es certaine que ça ne dérangera pas Roger si nous utilisons ton salon pour notre partie de ma-jong ? » demanda Rita, qui suivait Johanne, Agnès et Emma dans l’entrée du bungalow. « Pas du tout ! » répondit Marjorie, trousseau de clés à la main. « Il sera enchanté et agréablement surpris. »


vers vingt-deux heures

26/11/2008

Pénétration

Pourquoi est-ce toujours à toi d’être en moi ? N’est-ce pas profondément injuste ?

Je veux me glisser sous ta peau, ramper à travers ta chair, me laisser couler lentement dans tes artères et taquiner ton cœur du bout de la langue. Je veux que nos os se calcifient et se soudent, que nos tendons s’entremêlent et que nos deux esprits fusionnent.

Je veux nager dans l’onde amoureuse de ton sang, boire la vie pulsante de ta semence, me regarder avec tes yeux pour comprendre enfin ce que tu vois en moi.

Je veux goûter le suc astringent de mon amour avec ta langue, sentir les plis humides de ma vulve sur le bout de tes doigts et ma cyprine poisseuse mouiller tes lèvres. Je veux sentir la caresse de mon sein avec la paume de ta main et les soubresauts de ma chatte en émoi au bout de ton gland.

Je veux sentir ce que tu ressens quand je prends ta virilité dans ma bouche, lorsqu’elle baigne dans ma salive brûlante. Je veux frémir comme tu frémis lorsque je fais vriller ma langue folle le long de la hampe, lorsque tu l’enfonces dans ma gorge dans un geste incontrôlé. Je veux ressentir la fièvre qui saisit ton corps lorsque tu cries mon nom, lorsque tu tires mes cheveux, lorsque tu t’effondres, tremblant, renversé par la jouissance.

Je veux sentir la douleur que provoque le fil glacé de ma lame étincelante lorsqu’elle fend lentement ta peau trop parfaite. Je veux ressentir le frisson que tu ressens lorsque je pose mes lèvres sur ta plaie et que je suce le flot écarlate de la vie qui fuit de tes veines, sentir l’adrénaline te posséder quand je m’accroche à ta chair déchirée. Je veux connaître la divine agonie de ma morsure sur ta gorge, m’entendre murmurer ton nom dans ton oreille, sentir autour de ta taille mes cuisses qui t’enserrent et qui te poussent à t’enfoncer toujours plus profondément en moi.

Je veux ressentir l’effet que produit en toi la violence de mes mots courroucés, la piqûre âcre de mes sarcasmes, la force souveraine de ma colère, la joie terrible de mes aveux et baigner, de l’intérieur, dans la cascade cristalline de ton rire. Mais je veux aussi sentir ton émoi lorsque tendrement tu me prends dans tes bras, lorsque tu caresses mon visage, lorsque je mouille tes joues de mes larmes.

J’ai besoin de savoir ce que tu ressens quand tu me désires, quand tu me possèdes.

Je veux savoir ce que tu ressens quand tu dis que tu m’aimes.

Je veux pénétrer en toi.


vers seize heures

20/11/2008

La nuit de la comptine 2008

Oyez oyez braves gens, fieffées gourgandines et autres branleurs de tout acabit. J’ai l’honneur de vous annoncer en grande pompe la tenue d’un événement si extraordinairement inouï que vous en serez tous foudroyés par un orgasme aussi spontané qu’incongru : la troisième édition de la Nuit de la comptine des Cahiers d’Anne Archet.

(Je suis si excitée que je vais devoir aller changer mes sous-vêtements.)

Le principe est fort simple. Demain, vendredi 21 novembre, je vais poster une comptine pour ne pas dormir à l’heure à partir de 20h00 (heure de Montréal) jusqu’à 8h00 le lendemain. Au programme : rimes approximatives, rythmes boiteux, vulgarités en tout genre et pieds de nez divers à la décence et au bon goût.

Je vous invite donc à venir encourager en grand nombre l’athlète de l’insignifiance que je suis en commentant ces « chef d’œuvres » à profusion et, tant qu’à y être, contribuer à la Fondation Anne Archet pour l’achat de pornographie et de sex toys pour les blogueuses défavorisées.

Comme le dit mon thérapeute : « C’est un rendez-vous ! »


vers midi

19/11/2008

L’appel

Le téléphone sonna, ce qui la fit sursauter — habituellement, le téléphone ne sonnait plus à cette heure si tardive.

— Nathalie, c’est Steve. Tu peux envoyer une de tes filles à la suite présidentielle de l’hôtel le St-James ? Brad, George et Orlando veulent s’amuser un peu.

Le souffle coupé, elle prit quelques secondes pour se rasséréner, puis demanda d’une voix tremblante d’émotion :

— Est-ce que c’est vraiment le Brad, le George et le Orlando auxquels je pense ?

— Qu’est-ce que tu crois, ma vieille, évidemment ! répondit Steve. Alors, je te fais confiance : elle doit être classe, sexy, discrète, mais complètement déchaînée. Capiche ?

— Depuis quand ai-je l’habitude de te décevoir ? Je m’en occupe personnellement, t’inquiète.

— Meci Nath, tu m’enlèves une sacrée épine du pied ! Je passerai dans une heure avec le cash, comme d’habitude. Ciao ! dit-il avant de raccrocher.

Elle se leva péniblement de son fauteuil, essuya son pantalon de coton ouaté jauni de ses doigts graisseux pour le débarrasser de ses miettes de pizza puis marcha d’un pas lourd jusqu’aux toilettes. Elle vida le point noir sur son nez, enleva la plaque dentaire sur ses incisives du bout de son ongle et replaça tant bien que mal sa coiffure. Elle racla ensuite la boue qui tachait ses bottes et enfila le vieux manteau de fourrure qu’elle gardait sous son matelas.

« Je ne sais pas qui est cette Nathalie et je m’en moque… », se dit Josée en se regardant une dernière fois dans le miroir du vestibule. « Ce que je sais, c’est que ce soir, après quarante-neuf ans d’attente, je vais enfin avoir un peu d’action ! »


vers seize heures

12/11/2008

Ne sait pas - refuse de répondre

Je donnais le bain à la Lou lorsque le téléphone sonna — le téléphone sonne toujours lorsqu’il y a de l’eau qui coule dans la maison, pour une raison qui m’échappe.

— Bonjour Madame, je m’appelle Sandra et je vous appelle au nom de la firme de sondage L… me dit la voix nasillarde au bout du fil.

— Et vous m’appelez au sujet des élections, n’est-ce pas ? lui répondis-je en lui coupant la parole.

— Oui, madame. Si vous avez quelques secondes à me consacrer, nous aimerions connaître vos intentions de vote pour le scrutin provincial.

— D’accord, mais seulement si ça ne dure que quelques secondes. Car voyez-vous, ma fille prend son bain et…

— Ce ne sera pas long, je vous l’assure. Première question : « Combien de personnes en âge de voter habitent sous votre toit ? »

— Une seule. Mais compte tenu de l’ampleur de la participation politique qu’on exige d’un électeur, je me demande pourquoi on refuse à ma petite de deux ans de voter.

— Ha ! Vous êtes drôle, vous. Deuxième question : « Avez-vous décidé pour quel candidat vous avez l’intention de voter le 8 décembre prochain ? »

— J’ai pris une décision, oui.

— Bien ! Maintenant, la troisième question : Si des élections provinciales avaient lieu aujourd’hui, pour quel parti auriez-vous l’intention de voter ? Serait-ce pour le Parti libéral de Jean Charest, le Parti québécois de Pauline Marois, l’Action démocratique de Mario Dumont, le parti Québec solidaire de Françoise David ou le Parti vert de Guy Rainville ?

— J’ai l’intention de ne pas aller voter.

— Euh… n’avez-vous pas dit que vous aviez fait votre choix ? Parce que si vous ne savez pas encore pour qui vous allez voter, je dois vous placer dans la catégorie des indécis.

— Je ne suis pas indécise. Je suis abstentionniste.

— Ah d’accord. Donc, vous allez voter pour l’Action démocratique du Québec. Quatrième question : « À qui faites-vous… »

— Je n’ai pas dit adéquiste. J’ai dit abstentionniste.

— Euh, c’est que… je n’ai pas ce parti sur ma liste.

— Ce n’est pas un parti. C’est un comportement électoral : celui de refuser d’aller se scrutiniser l’urne dans l’isoloir.

— C’est que nous n’avons pas de catégorie pour… disons que vous êtes indécise, d’accord ?

— Si ça peut vous faire plaisir, répondis-je en soupirant, pendant que Lou, qui voulait sortir du bain, tirait ma manche de sa petite main mouillée.

— Parfait. Quatrième question : « À qui faites-vous le plus confiance pour gérer le gouvernement du Québec dans ce climat de crise financière et économique ? »

— À Vincent Lacroix, l’ex-PDG de Norbourg.

— Quoi ?

— Oui. Il serait trop occupé à se remplir les poches et faire la grosse vie pour gouverner. Alors forcément, il me laisserait tranquille. Croyez-moi, les politiciens corrompus et ceux qui ne pensent qu’à s’envoyer en l’air avec des stagiaires sont les meilleurs ; ce sont les pervers que le pouvoir fait bander qui m’inquiètent.

— Ah d’accord. Je comprends donc que vous choisissez Françoise David. Dernière question…

— Ce n’est pas parce que Françoise est une femme qu’elle ne bande pas, Sandra.

— Dans ce cas, que répondez-vous ?

— Je vous l’ai dit, Lacroix.

— Mais il est en prison !

— Comme nous tous, d’une façon ou d’une autre.

— Ça ne correspond à aucune catégorie. Je vais devoir vous inscrire dans « Ne sait pas — refuse de répondre ».

— Je viens pourtant de vous répondre !

— Mais votre réponse n’est pas acceptable ! Je dois bien la caser quelque part…

— Faites ce que vous voulez, mais faites-le vite. Ma fille commence à avoir la peau plissée comme sa grand-mère, à force de mariner.

— N’ayez crainte, il ne me reste qu’une seule question : « Est-ce que la décision de Jean Charest de déclencher des élections maintenant influencera votre vote le 8 décembre prochain ? Si oui, est-ce positivement ou négativement ? »

— Que les élections soient déclenchées maintenant, à Pâques ou à la Trinité ne change rien au fait que je n’irai pas voter.

— Donc : pas d’influence sur le vote…

— Inscrivez plutôt : « pas d’influence sur le refus d’aller voter ».

— Cette réponse n’existe pas !

— C’est pourtant la mienne…

— Dans ce cas, je vais encore vous inscrire dans la catégorie « Ne sait pas — refuse de répondre ».

— Grand bien vous fasse ! soupirai-je en enveloppant Lou, grelottante, dans une serviette de bain. Est-ce que c’est tout ?

— Oui Madame. La firme de sondage L… vous remercie d’avoir pris le temps de répondre à ce sondage et ainsi d’avoir contribué positivement à la vie politique de notre nation, me dit-elle sur un ton monocorde avant de raccrocher.

Songeuse, j’aidai ma fille à enfiler son pyjama. Je savais déjà que j’étais marginale, mais grâce à ce sondage, je sais dorénavant où je me situe : dans la marge d’erreur.


vers quinze heures

5/11/2008

La famille est une minifourgonnette en panne qui continue de rouler

Des amis à moi qui viennent d’avoir leur premier enfant se sont achetés une minifourgonnette. Ce qui, en soit, est dans l’ordre naturel et nord-américain des choses : d’abord, on forme un couple, ensuite, on tombe en cloque, on s’hypothèque une maison en banlieue et après, on se lance dans l’achat d’un véhicule familial dont la livraison précède de quelques jours l’accouchement. Ne reste plus ensuite qu’à se marier, se procurer un chien, des appareils électroménagers, un cinéma-maison et des anxiolytiques à profusion pour oublier la dépression nerveuse et voguer tranquillement sur le long fleuve tranquille du bonheur. Sur cette minifourgonnette, le concessionnaire à eu l’idée géniale d’apposer un autocollant arborant fièrement le slogan de son commerce : « La famille et l’amour, des valeurs sûres ! ». Lorsque je fis remarquer la chose à ma copine, elle fit la moue et me dit : « Je sais, c’est horrible d’associer des valeurs si belles et si fondamentales à un vulgaire paquet de tôle motorisé ! »

Je n’ai pas osé la contredire, mais il est flagrant selon moi que ce n’est pas elle qui a raison mais bien Toyota Gatineau. Le consumérisme, la famille et l’amour sont bel et bien des institutions inextricablement liées, des mécanismes de pouvoir donc le but principal est de nous asservir. Si nous voulons vraiment nous réapproprier nos vies dans leur totalité, si nous voulons vraiment libérer nos désirs des griffes de la peur et de la domination, il est nécessaire de s’attaquer à ces institutions qui peuvent nous sembler à priori éternelles et immuables. Il faut s’y attaquer et les détruire comme nous le ferions avec toutes les autres institutions qui nous asservissent.

Lire la suite de ce texte interminable…


vers minuit

4/11/2008

Election day in America

« Politics surely make strange bedfellows » se dit Samantha alors qu’on attachait les membres de son corps électoral aux montants du lit.

Sam avait réuni les candidats à la Chambre des représentants de son district pour un débat impromptu. Elle avait dû user de tous ses charmes, leur faire une cour assidue, mais le jeu en valait la chandelle puisqu’elle se retrouvait enfin nue, dans sa chambre basse, en compagnie d’un républicain, d’un démocrate, d’un libertarien et d’un indépendant qui se disputaient l’usage du whip et du paddle.

Le débat faisait donc rage et les esprits s’échauffaient au même rythme que les fesses de Sam, qui se couvraient de zébrures. Elle aurait bien voulu écouter leur baratin électoral, mais la volée de bois vert l’empêchait de se concentrer sur la langue de bois ; elle se contenta donc de compter les coups sans contester, en espérant qu’il n’y ait pas dépouillement judiciaire. Et bien qu’elle se trouvât à leur merci, Sam leur avait tout de même bien fait comprendre que la baiser était hors de question, puisqu’elle s’était déjà suffisamment fait fourrer depuis le dernier mandat — et tous les autres qui lui ont précédé, d’ailleurs. Ils se contentèrent donc de secouer leur member of congress jusqu’à la discharge petition.

Le fier membre du Grand Old Party venait tout juste d’éclabousser le popotin liberal red de la pauvre électrice lorsque la porte s’ouvrit dans un déluge de flashes. Les quatre lascars, la mâchoire aussi pendante que leur bite, arborèrent alors leur rictus le plus idiot pour la caméra. Hilare et satisfait, le reporter détacha les liens de la registered voter et lui remit une énorme liasse de billets verts.

— Désolée mes chéris, mais il n’y a pas que les banques qui ont besoin d’un bailout, dit-elle avant de se sauver avec son slush fund.


vers une heure

29/10/2008

Je t’appelle Tony

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine ? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony


vers quatorze heures