— Un instant, j’arrive !
Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit : c’était la fille de la voisine.
— Noémie ! minauda-t-elle. Entre, ma chérie !
Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. « Comme elle a grandi ! » pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.
— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre ?
— Mais bien sûr, chérie ! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés ?
— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.
— Voilà qui est tout à fait charmant ! Quelle grande fille tu fais ! Et tes frères, comment vont-ils ? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…
— Oh, j’espère bien ! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.
Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.
— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères ?
— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.
— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas ?
— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer !
18/4/2009
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Dans leurs bigoudis, leurs robes un peu trop élimées et leurs bas un peu trop filés, Anne et Sophie étaient assises dans leur fauteuil à bascule sur le perron de leur bicoque hors d’âge, les jambes un peu trop écartées, avec une bouteille de gin frelaté pour regarder passer les machines. Anne sortit une indienne de son sac et l’alluma.
― Tu as vu les deux filles au snack-bar ?
― Ouais, répondit Sophie.
― Elles n’arrêtent pas de se lécher la fente en cachette depuis que la plus jeune est mariée.
― Tu me niaises ?
― Pas du tout, poupée.
Sophie cracha son chewing-gum dans le buisson puis regarda, inquiète, son amante.
― Chérie, tu ne devrais pas fumer en tenant ta bagosse aussi près de toi.
― Ha ! Ça fait plus de trente ans que je le fais ! Il n’arrivera rien, t’inquiète, rigola Anne. S’il y a trois choses que je connais, c’est le moonshine, les cigarettes de contrebande et les brouteuses de carpette. Tu connais la femme du maire ?
― La fausse blonde avec les seins qui lui tombent au nombril ?
― Elle-même. Je sais qu’elle visite quotidiennement la culotte de la petite brune du dépanneur.
― Et comment madame sait-elle une chose pareille ? railla Sophie.
― C’est mon petit doigt qui me l’a dit. Et laisse-moi te dire qu’il sent la chatte bien baisée !
― Plus ça va, plus tu deviens vulgaire, ma pauvre Anne.
― C’est pour ça que tu m’aimes, chérie ! Hey, tu vois la pétasse qui sort de la voiture ?
― Laquelle ?
― De l’autre côté de la rue, à la station-service. Paraît qu’elle a la plotte la plus hot en ville.
Alors que Sophie plissait les yeux pour mieux voir, un bruit terrible accompagné d’un nuage de fumée se fit entendre, faisant sursauter tout le patelin. Sophie se tourna et vit sa gouine le visage enduit de suie noirâtre, les cheveux hérissés et fumants, avec une relique de clope pendant au bout de ses lèvres. Elle prit une gorgée de bibine, se cala dans la chaise berçante et dit simplement :
― Je crois que c’est maintenant toi qui l’as, la plotte la plus hot en ville, chérie.
12/3/2009
Amateurs d’onanisme, bonsoir. Nous sommes en direct du boudoir d’Anne Archet, où les cérémonies d’ouverture de sa séance de masturbation viennent tout juste de prendre fin. Elle referme son roman pornographique ― je crois qu’elle lisait… oui, il s’agit bel et bien de Gamiani ou deux nuits d’excès, une valeur sûre et un excellent choix lorsque le stress se fait sentir. Elle se lève et se dirige vers le sofa, mesdames et messieurs !
Elle décide de placer ses fesses à l’extrémité du coussin. Stratégie intéressante… qui semble indiquer qu’elle passera sans tarder aux choses sérieuses. Sa main droite se glisse sous sa ceinture… et c’est le coup d’envoi ! Un coup magistral, sa main est maintenant entièrement dans son jeans, quelle vue magnifique ! Ce jeans est peut-être un peu trop serré, ce qui l’oblige à tortiller son cul et augmente le niveau de difficulté. Je crois toutefois qu’elle a atteint son but et que ses doigts ont atteint les replis humides de son sexe.
Anne passe maintenant à la figure imposée et retire son jeans. La fermeture à glissière est rapidement descendue… voilà le vêtement qui glisse sur ses hanches, l’exécution est parfaite… mais attendez ! Le jeans est entortillé autour de ses chevilles ! Va-t-elle tomber ? Elle vacille… elle se tord… donne un coup de pied… et… il est parti ! Le pantalon fait un vol plané jusqu’au fauteuil… voilà, c’est réussi : notre concurrente s’est dépêtrée de cette fâcheuse situation et se retrouve à nouveau bien en selle pour la suite de l’épreuve !
Maintenant, elle s’empresse visiblement de regagner le temps perdu et se caresse du bout des doigts à travers le tissu de sa culotte de coton. Sa tête est un peu penchée de côté… elle mordille les jointures de sa main gauche en émettant de brefs soupirs. Je crois qu’elle est maintenant prête pour le round suivant, mesdames et messieurs. Elle vient d’ailleurs tout juste de se départir de son sous-vêtement, ses deux mains sont sur sa vulve, elle écarte les lèvres de sa chatte… et quelle chatte, chers téléspectateurs ! On voit qu’il est bien humide, la dame est dans une forme splendide. Oh ! C’est la passe sur le clitoris !
Anne Archet a maintenant atteint sa vitesse de pointe, ses doigts travaillent son con à un rythme qui nous laisse présager un bon chrono. Ses hanches s’animent, elle mord sa lèvre inférieure… maintenant sa tête s’agite, je crois que c’est le sprint final… son bassin se soulève, il ne porte plus sur le sofa, son visage est cramoisi, elle est sur le point de… oui ! Elle jouit ! Un autre orgasme phénoménal pour Anne Archet ! Quelle prestation magistrale de la part de ce vétéran de la branlette qui cumule plus de vingt ans de pratique quotidienne et frénétique de frotte-minou en solitaire ! Pendant que les juges se consultent, voyons si nous pouvons obtenir quelques mots de notre championne…
10/3/2009
Instituteur et écolière
Juge et accusé
Professeur et étudiant
Infirmière et malade
Aveugle et chien-guide
Starlette et chauffeur
Exorciste et possédées
Policier et délinquant
Cavalier et pur-sang
Rentier et bonniche
Inquisiteur et Cathare
Médecin et patient
Agent de probation et prostituée
Bonne sœur et orpheline
Livreur de pizza et adolescente
Tchékiste et makhnoviste
Tinkiwinkie et Laalaa
Imam et femme adultère
Fermier et vache laitière
Légionnaire et crucifié
Poule et colonel Sanders
Motard et biker chick
Samouraï et Geisha
Député et électeur
Dealer et junkie
Rockstar et groupie
Gynécologue et parturiente
Geôlier et prisonnière
Charcutière et saucisson sec
Notaire et secrétaire
Bouc et bergère
Maître-nageur et noyée
Cowboy et squaw
Macchabée et thanatologue
Fonctionnaire et contribuable
Photographe et mannequin
Vendeur de chaussures et cliente
Psychiatre et schizophrène
Sainte Thérèse d’Ávila et l’ange à la longue lance d’or
6/3/2009
― Je t’aime.
― Non, arrête, je refuse d’entendre un mot de plus. Si tu m’aimais, tu ne te contenterais pas de me regarder ! Tu serais un homme, un vrai et tu ferais… quelque chose !
Il soupira, ferma les paupières et se tourna sur son dos.
Elle le dévisagea dans la pénombre en souhaitant ardemment, de toutes ses forces, qu’il passe à l’acte, qu’il assume ses responsabilités viriles, qu’il prenne le contrôle. Il l’imagina la culbutant, entrant lentement, mais résolument en elle, la retenant de ses bras puissants, pour ensuite lui souffler à l’oreille sur un ton ferme et apaisant : « Ta rage est si magnifique. Tu me fais bander quand tu es en colère. Si j’agis en trouduc, c’est seulement pour te voir en furie. »
Elle ne pourrait pas rester en colère ou lui en vouloir s’il disait une phrase de ce genre. Mais non : il préférait prendre son trou, comme d’habitude, et rester là, sagement immobile sur son côté du lit.
― Hey ! Je te parle ! Pourquoi ne fais-tu pas quelque chose ! lui dit-elle en secouant son épaule amorphe. Réveille-toi, bon dieu !
Elle le poussa un peu plus fort, le pinça, même, mais n’obtient aucune réaction. Pas le moindre petit mouvement, pas le moindre petit bruit.
Une étrange angoisse vint soudainement tordre son estomac et oppresser sa poitrine.
― Antoine ? Tu… tu dors ? lui dit-elle en le secouant franchement. Antoine ? Antoine !
Elle sentit alors la panique lentement la gagner.
― Merde ! Merde ! Merde ! cria-t-elle en se relevant.
Elle l’attrapa par les deux épaules et se mit à le secouer.
― Chéri ! Je t’aime ! Je t’en supplie ! Réveille-toi ! Antoine ! Antoine !
Un sourire narquois apparut soudainement sur son visage de pierre.
― Je t’ai eue ! siffla-t-il en ouvrant les yeux.
Elle le frappa de toutes ses forces avec son oreiller.
― Trouduc !
24/2/2009
Personne ne t’avait vu te glisser
Sous mon bureau
Personne ne pouvait t’entendre
Sous mon bureau
Mais moi, je pouvais sentir ta présence
Sous mon bureau
Tu écartas lentement mes genoux
Sous mon bureau
Tu fis éclore mon sexe
Sous mon bureau
Tu chuchotas des mots indécents
Sous mon bureau
Doucement, tu doigtas ma fente
Sous mon bureau
Odieusement, tu y enfonças quatre doigts
Sous mon bureau
Avidement, tu lapas mon plaisir
Sous mon bureau
Voracement, tu mordis mon âme
Sous mon bureau
Brisée, je vins en tremblant
Sous mon bureau
Émue, je t’offris d’être promu
Sous mon bureau
En oubliant que j’étais trois paliers hiérarchiques
Sous ton bureau
19/2/2009
Je voudrais vraiment sentir ses doigts glisser dans ma chatte, sa bouche s’accrocher à mes seins, mais elle est tendue, fébrile et en manque ce soir, elle a quelque chose de trouble qui la tord au plus profond d’elle et qui a besoin d’être soulagé ; voilà pourquoi je baigne dans la pénombre humide de ses draps, mes mains posées à l’intérieur de ses cuisses et ma langue fouillant les plis de son sexe, à la rencontre de son clitoris. Sous sa peau satinée, ses muscles se crispent ; la saveur piquante et amère de son plaisir envahit mon palais alors que j’enfonce mon majeur et mon index jusqu’à sa matrice. Bientôt, elle sera mienne.
Je voudrais vraiment enfoncer ma queue dans son cul, l’immobiliser sur le lit en lui enfonçant la tête dans l’oreiller et me perdre dans ce sphincter hypnotique et délicieux, mais il est tendu, fébrile et en manque ce soir, il a quelque chose de trouble qui le tord au plus profond de lui et qui a besoin d’être soulagé ; voilà pourquoi je suis à genoux sur la moquette, entre ses cuisses écartelées, sa verge palpitante et congestionnée glissant entre mes lèvres. De mon pouce et mon index, je fais un anneau qui enserre la base de son membre, juste au-dessus de ses couilles ; je le presse et le pompe pendant que je le suce et que je taquine son gland du bout de ma langue. Il soupire, les muscles de ses cuisses se tendent. Bientôt, il sera mien.
14/2/2009
Il savait que, lorsqu’il se masturbe, sa jouissance peut devenir beaucoup plus intense s’il serre fermement les muscles entre ses cuisses et s’empêche d’éjaculer pendant quelques secondes ; le sperme est alors expulsé avec beaucoup plus de puissance et la force de l’orgasme est ainsi décuplée. Il ne le faisait toutefois jamais bien plus longtemps qu’une seconde ou deux, impatient qu’il fût de plonger une fois de plus dans les délices exquis de la félicité vénérienne.
Or, il se résolut une nuit à tenir le plus longtemps possible, faisant le serment solennel qu’il contractera ces fameux muscles jusqu’à ce que son corps capitule. (Il prononçait souvent ce genre de promesses en les tenant avec d’autant plus de sérieux et d’obstination qu’il devait rendre des comptes au plus impitoyable des témoins — lui-même.) Il s’allongea donc sur son lit avec une serviette humide et plusieurs mouchoirs de papier. Tout en faisant défiler dans sa tête le cortège des fantasmes qui le mènent toujours sur le chemin du plaisir, il se mit à se toucher en se promettant de se retenir coûte que coûte.
Plus tard, lorsque les convulsions se calmèrent, qu’il réussit à refermer sa bouche et que le monde reprit forme autour de lui, il resta longuement étendu, inerte, son cœur battant la chamade, en se demandant s’il osera un jour refaire ce truc.
9/2/2009
Elle huila généreusement ses mains, les frotta puis les posa sur les épaules de son client.
— Oh la la, mais qu’est-ce que tu peux être tendu, Éric ! Tes muscles sont noués comme de la corde de navire…
— Marilou, je deviens fou… soupira-t-il.
— Tu vois toujours ces deux mecs ? demanda-t-elle en lui frottant le dos.
— Ouais… je culpabilise à mort. Mais je les aime tous les deux.
— Et aucun d’eux ne connaît l’existence de l’autre ?
— Jamais de la vie ! Ça leur briserait le cœur, c’est certain.
— Hum… grogna-t-elle d’approbation.
— Ils sont si semblables. Ils ont la même taille, les mêmes cheveux, ils ont les mêmes goûts, surtout quand vient le temps de…
— De… ?
— De… tu-sais-quoi. Iils ne me prennent qu’en levrette… et après, ils aiment tous deux… jouer avec mon cul, dit-il en riant nerveusement.
— Vraiment ?
— Je te jure. Je n’ai jamais rencontré de tels amateurs de fesses… on dirait qu’ils n’arrivent pas à les laisser tranquilles !
— Je vois… parlant de tes fesses, chéri…
— Quoi ?
— Quelqu’un les utilise pour jouer à tic-tac-toe.
— Hein ?
— Une partie par miche. Celle de gauche a trois « X » en diagonale. Qui a gagné, tu crois ? demanda la masseuse en pouffant.
31/1/2009
J’eus la permission de les regarder
Ils laissèrent la porte ouverte
Le plus jeune me tournait le dos
L’autre assis, pantalon aux chevilles
Il lui pompait le dard
Bave en filets gluants au menton
Et moi je me contentais de me branler
Spectateur con et coi, quoique…
J’aurais dû venir sur sa nuque
Ou éjaculer sur ses cheveux graisseux
Parquer mon cul nu sur le béton glacial
Pour lécher le sien, brûlant
Glisser mon gland entre ses lèvres
Pour lui faire goûter le suc amer
L’essence même de mon plaisir
Lécher sur sa joue râpeuse les traces
Du plaisir défunt de son amant
Lui demander son prénom, à tout le moins
Mais ils ont fui hilares et repus
Bien avant que j’eus le temps d’éponger
Le foutre bleu qu’ils ne purent voir jaillir














