— Qu’est-ce qu’il y a là-dedans? me demande-t-elle en feuilletant le carnet écarlate.

— Le meilleur de moi-même.

— Vraiment ? Alors je dois lui faire l’amour.

Elle lèche une page comme s’il s’agissait de mon sexe, effaçant petit à petit de sa salive tout ce que j’avais écrit, puis offre à ma bouche un petit bout de langue bleue.

Le carnet écarlate

Voilà, c’est enfin officiel : mon nouveau (et premier, du moins sur papier) bouquin sera disponible en librairie le 14 octobre prochain. Ça s’intitule Le carnet écarlate, c’est publié par les Éditions du remue-ménage et c’est constitué de très courts textes érotiques – certains aussi courts qu’une phrase – illustrés par la sublime (et esssstrêmement talentueuse) Mélanie Baillargé. Un gros cent quarante pages d’amour saphique décliné sur tous les tons.

Il y aura un lancement à Montréal, à la Librairie Le port de tête le 15 octobre à 18h00. Si vous faites partie de ce 123% de la population mondiale qui s’est inscrit sur Facebook, vous pouvez y trouver les détails. Ce sont Mélanie, le ténébreux SS Latrique et mes gentilles éditrices féministes qui l’organisent. Vais-je être présente? Qui sait… peut-être arriverai-je à y débouler en cassant un talon pour faire tout un scandale induit par la dose massive d’anxiolytiques que j’aurai préalablement ingérée pour me donner le courage initial de sortir de mon demi sous-sol.

Ou alors je trouverai une pulpeuse Anne Archet de rechange et je la chargerai de vous transmettre toute mon affection émoustillée.

On verra.

Le cimetière tranquille cuisait sous les derniers rayons du soleil d’été.

— Installons-nous sous cet arbre, l’ombre a l’air délicieuse, dit-elle.

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et se déshabillèrent mutuellement en s’embrassant avec passion.

— Wow… tu es trop bandante… murmura-t-il.

— Baise-moi bien fort, répondit-elle laconiquement.

Elle planta ses ongles dans son dos pendant qu’il la prenait vigoureusement, presque furieusement. Elle jouit la première, en renversant sa tête en arrière et en criant son plaisir aux nuages. Il grogna quelques secondes plus tard en déchargeant son foutre, le gland buté contre le col de sa matrice.

— C’était fantastique, haleta-t-il. Quelle semaine incroyable.

— Les amourettes de vacances, y’a que ça de vrai, ajouta-t-elle en souriant.

— C’est vraiment plate que tu doives partir demain. Tu ne peux pas rester plus longtemps?

Elle secoua la tête.

— Non. Mon mari est un vieux barbon, mais il est friqué. Je n’ai pas envie de le contrarier – ou pire, d’éveiller ses soupçons.

— Dommage.

— Hey, ne fais pas cette tête. Les vacances ne sont pas encore tout à fait finies, Don Juan. Il nous reste quelques heures : faisons-le encore, maintenant. Et encore une fois – toute la nuit.

Ils baisèrent alors plus lentement, plus tendrement, sur une pierre tombale gentiment chauffée par le soleil. Lorsqu’il jouit à nouveau, elle eut un bref moment d’inquiétude en pensant à la vasectomie de son mari. Un peu de calcul mental la rassura : pas de souci à se faire, elle était dans la zone.

En se levant, elle ne remarqua pas l’empreinte rougie que la pierre avait laissée en relief sur ses fesses. En lettres inversées, on pouvait lire : «espérance d’une vie nouvelle».

Dans la foule qui tapisse les rues, il y a un homme qui marche, nu. Il n’est visible que par intermittence, comme une apparition surnaturelle, entre les rangs entrelacés de marcheurs en veston-cravate, en jeans déchirés, en robe soleil, en costume de clown et en uniforme de milice d’extrême droite. L’homme nu ne provoque aucune émotion, pas même un seul regard amusé ou agacé; il jouit d’une immunité étrange, voire suspecte.

Sa nudité n’est pas sans attrait; ses muscles se meuvent avec grâce au rythme fluide de sa marche. Ses fesses se tendent en alternance, ses mollets se tendent et se relâchent comme une mécanique soigneusement huilée et ajustée. Quant à son sexe, il est légèrement dressé et sautille entre ses cuisses légèrement poilues. Son visage est de ceux qu’on voudrait spontanément embrasser si on se donne la peine de le contempler comme il le mérite. Or, il n’y a dans cette foule de quidams occupés et bien nourris personne qui n’a le temps pour ce genre de frivolité.

L’Oneiric Cafe est au coin de la rue. Ses tables s’étirent le long du trottoir; chacune d’elle est coiffée d’un parasol jaune et blanc qui émet une étrange lueur, comme s’il était fait de peau de ver luisant. À la table du coin, celle qui est la plus proche de la foule écumante, une femme est assise, nue elle aussi. Elle lit le journal et sirote un café au lait. Sa nudité est tout aussi attirante que celle de l’homme qui marche ; ses seins sont denses et mûrs, ses jambes sont généreusement galbées, son regard laisse à peine transparaître la lourde sensualité – voire la profonde indécence – de ses désirs. Son visage est aussi de ceux qu’on voudrait spontanément embrasser, comme celui de l’homme qui marche, mais pour des raisons forts différentes et beaucoup moins avouables.

En levant les yeux de son journal, la femme nue aperçoit l’homme nu se frayant peu à peu un passage parmi la masse informe et vêtue. Elle écarquille légèrement les yeux – parce qu’elle est surprise ou parce qu’elle le reconnaît? – et l’observe s’approcher d’elle, le visage pudiquement caché par son bol.

C’est alors que je prends soudainement conscience de ma présence dans cette scène. Je crois que je suis une serveuse, car je tiens un plateau sur lequel est déposé une rose noire. Je suis terrassée par le coup de foudre, c’est l’amour, le pur, le vrai – mais je me réveille avant de savoir lequel de ses deux êtres est l’objet de cet embrasement.

Je n’arrive pas à y croire que je me retrouve encore dans cette situation. Décidément, il n’y a qu’à moi que ça arrive.

— Anne, je suis désolé. Je ne voulais pas te faire de fausses promesses et encore moins te faire du mal. Je tiens beaucoup à toi.

— Pourquoi est-ce fini, si c’est le cas? Ce fut la nuit la plus parfaite de toute ma vie. Personne ne m’a jamais fait l’amour comme tu l’as fait.

— Tu dis ça juste parce que…

— Parce que rien. Tu ne m’as pas juste baisée, tu m’as aimée, passionnément, avec tout ton corps et tout ton âme. Je t’en prie, ne gâche pas ce que nous avons vécu en n’en faisant qu’une histoire d’un soir. Je ne crois pas que j’arriverai à m’en remettre…

Et c’est à ce moment que je me suis mise à pleurer comme une idiote. Il m’a alors prise dans ses bras et a tenté maladroitement de me rassurer.

— Ce n’est pas une histoire d’un soir quand c’est le destin qui nous sépare, mon amour. Si je reste, je te ferai du mal.

— Ça y est, voilà la vieille rengaine qui arrive : «Je ne suis pas bon pour toi, je vais te faire souffrir, tu mérites mieux, et patati et patata… » lui ai-je dit en me dégageant de son étreinte.

— Tu dois me croire. On ne peut pas faire autrement, je te supplie de me croire.

— Voilà une nuit qui aurait pu être parfaite qui se termine. Le soleil se lève. J’aimais tant les aurores, avant.

— Moi aussi, a-t-il dit en essuyant une larme.

Il a pris ma main et m’a entrainée jusqu’au balcon. Devant le soleil levant, il m’a embrassée tendrement, puis m’a murmuré à l’oreille :

— Adieu, Anne.

Il s’est ensuite instantanément embrasé jusqu’à ce qu’il soit réduit à un petit tas de cendres grisâtres, sa dernière larme bouillonnant en s’évaporant sur la rampe du balcon.

C’est toujours la même histoire. Les meilleurs mecs sont tous mariés, gays, ou alors des salopards de vampires.

Ainsi se termine l’édition 2014 de la Nuit de la comptine. Un immense merci à tous ceux et celles qui ont mis des sous dans mon chapeau; vous êtes des amours en sucre d’orge.

Rendez-vous dans un jour ou deux pour télécharger la nouvelle édition augmentée des Comptines pour ne pas dormir, qui inclura des illustrations originales par votre athlète de la gnéserie cochonne préférée.

Comme le dit toujours mon agent de libération conditionnelle: c’est un dossier à suivre.

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Ce soir on l’a fustigée
Pendue à l’envers par les pieds
Laissée à baigner dans sa pisse
Baisée par tous les orifices

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Si l’enfant s’éveille
Coupez-lui l’oreille
Si l’enfant dort bien
Elle aura un gros câlin

Nous n’irons plus au bois
Pour aller faire baiser
La belle que voilà
Par des tas d’étrangers

Sortez votre bite
Si on vous y invite
Dans les fourrés
Fourgonnez qui vous voudrez

La belle que voilà
Par des tas d’étrangers
Car du dogging elle a
Fini par se lasser

Sortez votre bite
Si on vous y invite
Dans les fourrés
Fourgonnez qui vous voudrez

Car du dogging elle a
Fini par se lasser
Le samedi restera
Sage devant la télé

Sortez votre bite
Si on vous y invite
Dans les fourrés
Fourgonnez qui vous voudrez

Le samedi restera
Sage devant la télé
Et j’irai, quant à moi
Seule aller prendre mon pied

Sortez votre bite
Si on vous y invite
Dans les fourrés
Fourgonnez qui vous voudrez

 

C’est Gugusse, avec son aiguillon
Qui fait jouir les filles
C’est Gugusse, avec son aiguillon
Qui fait jouir les filles et les garçons

Mon papa il ne veut pas
Que je jouisse, que je jouisse
Mon papa il ne veut pas
Que je jouisse entre ses bras

C’est Gugusse, avec son aiguillon
Qui fait jouir les filles
C’est Gugusse, avec son aiguillon
Qui fait jouir les filles et les garçons

Il dira ce qu’il voudra
Moi je jouis, moi je jouis
Il dira ce qu’il voudra
Je vais jouir entre ses bras.

 

I went to the bordel
Pour boucler la fin du mois
The first guy I met
M’a prise pour une fille de joie

I love you
Vous ne m’aimez guère
I love you
Vous n’m’aimez pas du tout

Mam’zelle what have you got
Sous ce beau petit jupon-là?

I’ve got a bubble butt
Ne l’achèteriez-vous pas?

I love you
Vous ne m’aimez guère
I love you
Vous n’m’aimez pas du tout

Oh ! Let me fuck you now
C’est ma femme qui vous paiera

I went to see his wife :
La salope n’y était pas !

I love you
Vous ne m’aimez guère
I love you
Vous n’m’aimez pas du tout

* * *

Aidez cette pauvre artiste flouée par son client. PayPalez-lui un dollar ou deux, elle pourra prendre le bus et retourner à la maison.

Faudra-t-il les ramasser ?
Les tortiller ou les nouer ?
Les jeter par-dessus l’épaule ?
Les laisser tremper dans un bol ?
Les faire sécher sur le comptoir ?
Les remiser dans une armoire ?
Aller les inscrire à la bourse ?
À la fac ou au champ de course ?
Les faire bénir par le pape ?
Ou les faire passer à la trappe ?

 

Sur le fil à sécher le linge
Il y a une p’tite culotte
C’est à mon amie Charlotte

Sur le fil à sécher le linge
Il y a une cagoule
C’est à mon voisin Raoul

Sur le fil à sécher le linge
Il y a un gode-ceinture
C’est à la maîtresse d’Arthur

Sur le fil à sécher le linge
Il y a un string à bretelles
C’est à la tante à Isabelle

Sur le fil à sécher le linge
Il y’a une poche à lavement
C’est à grand-papa Armand

Sur le fil à sécher le linge
Y’a des capotes usagées
C’est à mon cousin Roger

Un petit cochon
Pendu au plafond

Fouettez son derrière
Il appellera sa mère

Tordez ses mamelons
Il hurlera son nom

Bourrez-lui le cul
Il n’en pourra plus

Tirez-lui ma queue
Il ira bien mieux

Tirez-lui le tuyau
Il donnera du sirop

Tirez-lui le piquet
Il donnera du lait

Tirez-le plus fort
Il en voudra encore

Combien de plus en voulez-vous ?
– 1, 2, 3, 4, 5 !

* * *

Vous avez envie d’encourager l’artiste? PayPalez-moi un dollar ou deux, ça vous vaudra une place de choix au paradis.

 

À la vanille pour les filles
Et au citron pour les garçons

Talons- aiguilles pour les filles
Complet-veston pour les garçons

La coquille, c’est ce qu’ont les filles
Les roustons, ce qu’ont les garçons

Rouler sa bille pour les filles
Frotter l’bâton pour les garçons

Chaînes aux chevilles pour les filles
Et le bâillon pour les garçons

Dans la pastille pour les filles
Au fond du fion pour les garçons

Je suis gentille avec les filles
Et un démon pour les garçons.

 

Ne pleure pas Jeannette
À la zim boum boum, à la zim boum boum
Ne pleure pas Jeannette
Nous te gang-bangerons

J’inviterai des motards
À la zim boum boum, à la zim boum boum
J’inviterai des motards
Ou trente bucherons

Je n’veux pas de motards
À la zim boum boum, à la zim boum boum
Je n’veux pas de motards
Encore moins de bucherons

Je veux tout plein d’anars
À la zim boum boum, à la zim boum boum
Je veux tout plein d’anars
Ceux qui sont en prison

Je les laisserai venir
À la zim boum boum, à la zim boum boum
Je les laisserai venir
Tous dans mon petit con

Car j’ai lu que c’qui vient
À la zim boum boum, à la zim boum boum
Car j’ai lu que c’qui vient
C’est l’insurrection.

 

Quand je mets mon diaphragme
C’est pour éviter le drame
J’applique aussi du spermicide
Car c’est mieux que l’infanticide

Si j’avale des cachets d’Alesse
C’est pour pouvoir jouer aux fesses
Si je choisis le stérilet
C’est pour fourrer l’esprit en paix

Quand je me mets du lubrifiant
C’est pour plaire à mon bel amant
En lui enfilant un condom
Pour qu’il me tringle pour de bon

Quant au coït interrompu
C’est autre chose, bien entendu :
Car si j’lui dis de s’retirer
Au fond, c’que j’veux, c’est un bébé
(En vé-ri-té).

 

Un : Monsieur LeBrun
Deux : secoue ton pieu
Trois : puis, mets-le moi
Quatre : au fond d’la chatte
Cinq : tords-moi les seins
Six : car c’est mon vice.