À Zurich, pour encadrer la prostitution,
Le législateur a prévu la construction
De containers à l’allure industrielle
Stockant la marchandise des maquerelles.
9 mars 2012
C’est la relâche scolaire, ce qui signifie que mes jours sont en ce moment consacrés à jouer dans la neige, me déguiser en vampire, fabriquer une robe pour un hippopotame en peluche, décorer des cup cakes, construire un château avec des draps et lire Fifi Brindacier au lit en compagnie de Lou, ma fille. Le soir venu, lorsqu’elle est finalement endormie, j’ai un peu de mal à remettre ma peau d’adulte avertie, perverse et corrompue; c’est comme si les horreurs qui jaillissent d’habitude si spontanément de ma plume avaient fui à la vue de tous ces jouets éparpillés d’un bout à l’autre de ma maison.
J’ai donc décidé de faire en quelque sorte un détour par l’adolescence en me remettant à numériser ma collection de bandes dessinées érotiques. Je vais, au cours des prochaines soirées, les classer soigneusement dans mon enfer numérique, en format cbr, au bénéfice de ceux et de celles qui en détiennent le sésame. J’ai aussi mis à jour ma bibliographie de curiosa – j’en suis à 342 bouquins, ce qui représente un peu moins du quart de ma collection – et je songe aussi à y ajouter Pr0nographe, en format epub, kindle et pdf.
Vous voulez y avoir accès? Rien de plus simple: faites-moi la cour. Achetez mon bouquin. Couvrez-moi de cadeaux. Envoyez-moi des photos de votre charmante personne dans votre plus simple appareil. Montrez-moi une vidéo de vos ébats avec la voisine ou le livreur de pizza. Écrivez-moi une ode à ma gloire éternelle. Prenez-moi dans vos bras et chuchotez-moi quelque chose de doux, de tendre ou alors de délicieusement ordurier. Je ne vous garantis pas que vous recevrez le mot de passe tant convoité, ni que tout cela en vaut la chandelle, mais je vous assure que vous aurez au moins eu le plaisir d’offrir une parcelle du meilleur de vous-même – et ça, n’est-ce pas en vérité le sel de l’existence?
«Tu ne veux pas faire ça», me dit-elle en me fusillant du regard.
Personne ne me dit ce que je désire, alors une telle interdiction prit la force d’une invitation. Sa sueur épaisse et lourde de sa nuque se mêla à la buée qui recouvrait mon verre.
«Hey! Qu’est-ce que je t’avais dit?» me cria-t-elle en se retournant.
Les poings contre les hanches, Simone se dressa directement devant moi, en plein milieu de la piste. La musique était assourdissante, ce qui en conséquence limitait notre conversation. Elle me dévisagea quelques secondes, puis fis volte-face et se remit à danser. L’occasion était trop belle et, par bravade, j’appuyai encore mon verre glacé contre la courbe dénudée de sa nuque.
«Bon, ça suffit!» aboya-t-elle. Elle m’attrapa par le coude, planta son regard dans le mien, puis m’ordonna: «Viens avec moi, tout de suite.» Un peu surprise par sa réaction, je me laissai entraîner dans un parcours sinueux à travers la foule suintante de danseurs à moitié nus jusqu’aux toilettes des dames. Elle m’attrapa par le col de mon chemisier, ouvrit d’un coup de pied la porte du premier cabinet libre et me poussa à l’intérieur.
— Je t’avais prévenue. À toi maintenant de subir les conséquences.
D’un geste rapide et précis, elle enleva sa ceinture et me la donna. C’était ma punition habituelle, la plus douloureuse d’entre toutes.
— Des coups vifs et précis. Je veux que ça cuise, que ça fasse des marques que je pourrai montrer aux copines.
Tremblante, je la regardai retirer sa veste de cuir, qu’elle accrocha méticuleusement sur le crochet de la porte. Elle passa ensuite son t-shirt par-dessus sa tête, le plia avec soin et le déposa sur le couvercle de la cuvette. On aurait dit une patiente qui se prépare pour un examen médical. Sauf que les soins prodigués allaient être d’un tout autre ordre qu’une auscultation et un test pap. Simone me tourna le dos, posa ses deux mains sur le mur couvert de graffitis puis siffla :
— La jupe et la culotte. Et tâche d’être une maîtresse convaincante, pour une fois.
Je caressai son dos du bout des doigts et aperçus le galbe d’un sein lorsqu’elle se pencha pour prendre appui sur le mur. Sa peau était douce, satinée, d’un blanc presque phosphorescent sous la lumière cruelle des néons. La ceinture était lourde, noire, épaisse; je la pliai en deux, comme elle me l’avait appris, puis levai le bras au dessus de ma tête. Après quelques secondes d’hésitation, je récitai les phrases habituelles, avec toute la conviction dont j’étais capable :
— Salope. Traînée. Tu vas comprendre qui commande.
Je la frappai sur l’épaule gauche, exactement où elle le veut. Le cuir claqua contre la peau nue et elle se raidit un peu, en encaissant le choc.
— Oui, maîtresse, j’ai été une vilaine esclave… gémit-elle de sa voix d’ingénue d’opérette.
— Prends, ça, catin, ajoutais-je avant de la frapper sur l’épaule droite.
Simone se retourna, fronça les sourcils et me dit, avec sa vraie voix de soumise tyrannique:
— Come on ! Tu peux faire mieux, je le sais. Et cette fois, fais attention à ma colonne vertébrale.
Je me mis donc à la frapper en silence, méthodiquement, du mieux que je le pouvais. Le bruit bondissait sur les murs et leur écho revenait me faire violence, comme si j’étais la suppliciée et non le bourreau. J’étais en sueur, et émue jusqu’aux larmes. Le dos de Simone vira lentement au rouge vif. Mon cœur battait à tout rompre, mon souffle s’emballait, mon entrecuisse s’humectait de cyprine poisseuse et mon front, couvert de sueur, laissait tomber des gouttes qui allaient s’écraser contre les zébrures écarlates.
Je ne comptais plus les coups, j’étais déchirée par l’excitation, le dégoût et ce sentiment d’omnipotence cruelle que j’avais honte de ressentir. Tremblante, à deux doigts de l’orgasme, je la frappai encore et encore, de plus en plus fort, et chaque coup était accompagné d’un soupir plaintif ou d’un grognement de bonheur.
— N’arrête surtout pas… pas tout de suite.
Comment aurais-je pu arrêter? J’avais perdu toute volonté propre, tout libre arbitre: elle avait fait de moi – encore une fois – un monstre, une tortionnaire sans la moindre trace d’humanité. Une dominatrice de papier qu’on mène par le bout du nez.
C’est le temps le plus beau, c’est le temps de l’impôt !
Les Sud-Africaines sont celles qui ont du pot :
Car elles ont le choix d’embaucher un comptable
Qui s’en charge, tout nu, à prix raisonnable.
La ville d’Uppsala avait fait installer
De bien banals panneaux de signalisation.
Or, on a dû se résoudre à les enlever :
Leurs courbes sexy choquaient l’administration.
Vous ai-je dit que je vends en ce moment Pr0nographe, un recueil de plus de soixante-dix courts récits érotiques? Puisqu’il ne reste que dix mois avant Noël, profitez-en pour prendre un peu d’avance dans vos emplettes.
En attendant que vous trouviez la monnaie nécessaire dans les plis de votre fauteuil, laissez-moi vous proposer deux work-in-progress en format pdf. Le premier s’intitule Mille gouttes opalines; il s’agit d’un recueil de haïkus érotiques sur lequel je compte travailler au cours des prochains mois. Pour l’instant, il y en a une trentaine. L’autre s’intitule tout simplement Faits divers et regroupe les nouvelles insolites versifiées que je publie sur ce site depuis 2008.
À vos liseuses… téléchargez!
Après l’amour (comme il est dit en 1 horizontal), vient pour le mâle le dégonflement. Mais s’il faut être dur pour revenir après être venu, aussi bien ne venir qu’après y être retourné, comme ça, on peut revenir et on fait moins dur. Autrement dit, quand un homme est venu, c’est qu’il était dur, et même s’il veut revenir, il faut qu’il redevienne dur encore pour ne pas faire dur alors il essaie d’aller et venir pour que son viendu revienne et ça, il parait que c’est vraiment dur.
(Ou quelque chose dans le genre.)
Moi qui croyais qu’il s’agissait d’une grille facile… j’ai reçu cinq solution, toutes erronées, et il n’y a que Ginette Desmarais qui a su faire un sans faute. Elle est donc officiellement intronisée dans le cercle restreint (et sélect) de l’Ordre lubrique des masturbatrices compulsives en tant que commanderesse bardée de cuir (2e classe) et a reçu un exemplaire de Pr0nographe (le ebook que tout le monde s’arrache).
Et voici la soluce, pour ceux et celles que ça intéresse.
Jadis, quand vous vouliez zieuter de la porno
Vous l’achetiez incognito, sous le manteau.
Depuis que sur YouPorn vous la téléchargez,
Le monde entier peut savoir que vous vous branlez.
En l’honneur de ce joli mois rempli de pluie verglaçante, de déprime saisonnière et de luminothérapie, je vous offre aujourd’hui une grille réconfortante, facile, avec des définitions limpides et des mots tout simples. J’ai trop les idées noires en ce moment pour être sadique et cruelle, alors profitez-en pendant que je suis encore toute de miel.
Comme d’habitude, la première personne qui m’enverra la solution exacte (par courriel, au anne@archet.net) sera décorée chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs, en plus de recevoir un exemplaire de Pr0nographe, mon nouveau ebook et futur best-seller intersidéral — j’en ai presque vendu pour 100$ en un mois, c’est dire à quel point je suis à deux doigts d’être à tu et à toi avec les grands de ce monde. Vous pouvez télécharger la grille en format pdf et la solution viendra dans un jour ou deux.
Horizontalement
- Après l’amour (d’un point de vue viril).
- Lumpenproletarier — Baisait avec un nuage, avant de devenir une vache.
- Issue — Perche de pêche
- Vous surveille depuis 1947 — Vénus de carrefour — La vache qui le fait est rouge.
- Escamotées — Fait rouler votre iPhone.
- Sans famille — Hirondelles de mer.
- Arrondissement spécial de Tokyo — Traînasse.
- L’Incréé — Métairie — Symbole de l’espérance.
- La séquence de leur ADN a été modifiée — Projecteur.
- Électron-volt — Louable
- Scorpion d’eau — Exalitre — Sans cargaison.
- 225 millilitres — Escamotes.
Verticalement
- Clairvoyance.
- Arcane XVII — Dans l’archipel des îles Loyauté.
- Potiron turban — A disparu depuis qu’on n’écrit plus de lettres à la plume.
- Possèdent — Énoncé — À 48 km au nord de Des Moines.
- Chaque fois qu’elle tombe, les climato-sceptiques se moquent bêtement d’Al Gore — La raison pourquoi il fait bon d’être vieille.
- Coreligionnaires — Créature.
- A — Cossin.
- Petit-fils d’Assaracus — Légumineuse.
- Après la maladie vénérienne, avant l’ITS — Hésitant.
- Loue — Même quand il n’y a pas 12 pouces, je prends le mien quand même.
- Nunuche — Croûte orangée.
- Affront — Tringlées.
En Russie, une nymphette quasiment nue
Brise des noix dans une pub avec son cul;
Décidément, Casse-noisette a bien changé
Depuis le temps où Tchaïkovski l’a composé.
On raconte sur les interwebs qu’Anne Archet publiera ce jeudi, à midi (heure de Montréal) une grille de mots croisés. Semblerait qu’elle offrira un exemplaire de Pr0nographe à la première personne qui lui fera parvenir la solution.
Il paraît aussi qu’Anne Archet est en réalité une centaine de chimpanzés à qui on a remis des dactylos — mais ça, c’est une autre histoire.
— Je ne suis pas divorcée, mais c’est tout comme : il ne me manque que les papiers. Nous ne vivons plus ensemble depuis des années, on ne se croise qu’aux trois mois et je n’attends que le moment où la petite entre à l’université pour l’envoyer définitivement paître. En attendant, je me tiens occupée; il y a le boulot, mes cours du soir…
— Et les hommes, dans tout ça?
— Bah. Après leur avoir offert des kleenex pour s’essuyer et se débarrasser proprement de leur préservatif tout poisseux, je n’ai généralement plus rien à leur dire.
À la table d’à côté, la vieille dame lit à son mari les petites annonces d’escort girls dans le journal en les commentant sur un ton scandalisé.
— Dix-huit ans! Tu te rends compte? Si c’est pas malheureux… « Je suce, je fais tout »… écoute celle-là : « Viens me baiser, puis encule ma sœur »… Tu te rends compte? Dans le même journal que les bonnes sœurs nous laissaient lire à l’École des arts ménagers! Oh! Et celle-ci : « Douche dorée et visite des îles grecques »… De quelle saleté parlent-elles, tu crois? »
Les vieux est écarlate, muet et voudrait visiblement être ailleurs.
M. Serge Lepitre
Directeur adjoint
Relations avec les partenaires
Objet: Comportements inappropriés au bureau
Monsieur Lepitre,
Je vous écris ce matin pour me plaindre pour harcèlement sexuel à mon endroit. Vous conviendrez que tous les employés ont droit de pouvoir travailler en paix, dans un environnement paisible et exempt de tout ce qui pourrait, de près ou de loin, suggérer le moindre comportement sexuel. Or, plusieurs de mes collègues ont récemment adopté des attitudes si lascives et si choquantes que j’en suis profondément traumatisé. C’est bien simple, je suis au bord de l’épuisement professionnel, de la dépression, du suicide et même, de l’agacement.
Par exemple, il y a Cassandra Bédard qui porte des chemisiers si décolletés qu’on voit son soutien-gorge rouge dès qu’elle se penche un peu, ce qu’elle a d’ailleurs fait devant le refroidisseur d’eau alors que Vincent, l’informaticien, la besognait en levrette, le pantalon aux chevilles. On se demande ensuite pourquoi notre réseau est toujours en panne.
Pis encore, Valérie Champoux passe ses journées à tortiller son cul dans son jeans à taille basse sous mon nez. Trouvez-vous normal que tous nos visiteurs puissent voir le string rose de la réceptionniste? Tout le monde au bureau sait qu’elle se fait ramoner chaque midi dans la salle de réunion par Gabriel Lelouche; croyez-vous que ce comportement est digne d’un membre du barreau?
Enfin, il y a Maude Lalonde et sa microjupe fuchsia – que vous avez sûrement remarquée – et qui est indigne de sa profession. Je sais que ça paraît incroyable, mais je vous assure qu’elle s’abaisse à sucer le concierge dans le placard à balai. Quand elle reçoit nos clients, elle sent la serpillière et le sperme à plein nez. Quelle déchéance!
J’exige que des mesures énergiques soient prises pour mettre fin à ces comportements scandaleux, sinon je porterai plainte au syndicat, à la Commission des droits de la personne et à la Ligue pour la moralité publique. Attendez-vous que la réputation de notre entreprise soit publiquement souillée par les turpitudes de ces catins lubriques?
Veuillez recevoir, Monsieur Lepitre, mes salutations les plus outrées.
Signé: un employé anonyme qui vous veut du bien.
Félicitations à Caroline Bégaud qui non seulement m’a envoyé la solution en premier… mais a en par dessus le marché payé sa copie de Pr0nographe! Vous avouerez avec moi que j’ai le meilleur lectorat de l’univers.
Samuel en a marre d’en être réduit à manger un dîner congelé Michelina’s avant de se masturber, seul devant xHamster, chaque soir de la Saint-Valentin. Cette année, il a décidé de prendre les grands moyens et d’inviter le Grand Amour à une soirée avec violon, chandelles, champagne et (du moins l’espère-t-il) baise à la hussarde contre la benne à ordures dans la ruelle attenante du restaurant. Pour arriver à ses fins et surtout pour maximiser ses chances, il a fait parvenir une carte d’invitation à trois de ses collègues de travail (Mademoiselle Bédard, adjointe administrative, Mademoiselle Champoux, réceptionniste et Mademoiselle Lalonde, comptable) où l’on pouvait lire :
« Chère élue de mon cœur,
Ton sourire est mon soleil
Tes deux lolos sont une merveille
Ta beauté toujours m’illumine
Tu es l’étoile qui me fascine.
Pour la Saint-Valentin je t’invite
À dîner avec moi au Ritz
On s’embrassera avec tendresse
Et ensuite on jouera aux fesses.
Ton admirateur anonyme.»
Malheureusement pour lui, les trois filles ont toutes cru que quelqu’un d’autre que lui leur avait envoyé ces vers maladroits. Pauvre Samuel! Peut-être aurait-il dû signer son poème plutôt que de laisser planer le mystère…
À partir des indices qui suivent, pouvez-vous me donner le nom et le prénom de chaque femme, la couleur de la carte de la Saint-Valentin qu’elle a reçue et le jeune homme chanceux avec qui elle a forniqué le 14 février?
1. Dès que Mademoiselle Champoux a reçu sa carte, elle est allée remettre à Gabriel, l’avocat, sa petite culotte dans une enveloppe à bulles en guise de réponse.
2. Quand Maude a reçu la jolie carte fuchsia, elle est allée voir Mademoiselle Bédard pour lui montrer et lui demander son avis sur qui aurait bien pu lui envoyer une si charmante invitation. Évidemment, elles n’ont pas pensé une seule seconde que ce serait ce boutonneux de Samuel, avec ses dents croches et son parfum de chaussette mal lavée.
3. La jeune femme qui a reçu la carte rouge croit encore dur comme fer que c’est Vincent l’informaticien qui lui a écrit ce mot doux. Mal lui en prit, car elle a vite constaté que «romantique» ne rime pas avec «informatique»; ils ont passé la soirée de la Saint-Valentin dans le sous-sol des parents de Vincent à faire le cheval renversé et la brouette chinoise sur son futon posé à même le sol.
4. Ni Cassandra, ni Mademoiselle Lalonde n’ont reçu la carte rose. Par contre, elles ont été très impressionnées par les vers de Samuel – du moins, assez pour se jeter dans les bras du premier douche bag venu, allez savoir pourquoi.
5. Le lendemain matin, Cédric, le concierge, est allé raconter à Samuel sa soirée passée en compagnie d’une des filles du bureau. «Elle était si chaude, t’as pas idée… elle m’a laissé éjaculer sur son visage et ensuite, elle a enfilé son gode-ceinture et m’a ramoné le cul jusqu’aux petites heures!» Évidemment, Samuel est devenu vert de rage en apprenant l’identité de la dame en question!
6. Samuel a ensuite aperçu Valérie près du photocopieur. Elle racontait en gloussant sa soirée de débauche de la veille à sa copine et n’a même pas daigné le saluer, la garce! Et, pour comble de malheur, Samuel a retrouvé la carte rose dans le bac à recyclage du bureau. Décidément, il ira voir la prochaine fois une professionnelle; c’est beaucoup plus simple et au moins on en a pour son argent.
La première personne qui me fera parvenir la solution se méritera une copie de Pr0nographe!
Me croirez-vous si je vous dis que ce blog aura bientôt dix ans et que je n’ai jamais écrit de putain de texte pour souligner la Saint-Valentin? Étant par nature ronchonneuse, les journées fériées m’indisposent, surtout lorsqu’elles ne servent qu’à vendre de la camelote rouge pompier et faire déprimer les célibataires. Mais comme cette année j’ai moi aussi quelque chose à vendre, j’ai décidé de joindre la parade kitsch de Cupidon et de vous proposer quelques scénarios romantiques pour pimenter votre soirée annuelle d’amour conjugal. En prime, j’offrirai un exemplaire gratuit de Pr0nographe aux couples assez pervers pour croquer dans ces chocolats et m’envoyer les photos de leurs ébats!
La vie sexuelle de la Petite Sirène
Madame doit incarner l’héroïne d’Andersen. Pour ce faire, elle s’installe dans sa baignoire, nue, les cheveux défaits, et les chevilles et les genoux liés pour imiter la queue de poisson de la Petite Sirène. Son beau prince a la mission — difficile, mais pas impossible — de la faire jouir malgré son anatomie de femme-poisson. Une réussite vous assurera à tous deux une place dans la légende.
Toréador, en garde!
Dans cette corrida, monsieur est le taureau, madame est le toréador, et votre lit est l’arène. Le taureau est nu, les poings liés dans le dos. Le toréador porte de la lingerie qu’il ne sera pas triste de voir déchirée. Le bovidé en rut doit dénuder son tortionnaire avec ses dents. Quant au toréador, il doit l’esquiver… mais pas trop, puisqu’il convient de se laisser (enfin) monter pour achever la pauvre bête.
Le diable est nu dans ses Prada
Le (ou la) rédac’ chef de Vague, une prestigieuse revue de mode, tyrannise son assistant (ou son assistante) par caprice ou par plaisir sadique. Non seulement on doit lui obéir au doigt et à l’œil jusqu’à tard dans la nuit, mais en plus ce cruel individu exige des services beaucoup trop personnels pour être conformes au code du travail et même aux simples convenances. Si le pauvre assistant (ou la pauvre assistante… enfin, vous avez compris le principe) accepte de souffrir en silence, c’est qu’il sait qu’il finira par être payé en nature.
Le client satisfait
Un des partenaires doit téléphoner au service à la clientèle d’une compagnie de téléphone, d’un câblodistributeur, ou d’un fournisseur de services sans filou d’Internet. Il doit rester imperturbable pour qu’à l’autre bout du fil le commis ne se doute pas du petit manège. Tout est permis: chatouilles, caresses, léchages, masturbation. Celui qui soupire trop fort perd; le premier qui fait des économies gagne.
La devinette épidermique
Votre partenaire a les yeux bandés et n’a pas le droit de se servir de ses mains. Sa mission est de deviner une série d’objets de votre choix (un glaçon, un œuf, de la fourrure, le formulaire simplifié de déclaration de revenus 2011…) frottés contre son sexe. Incluez votre langue dans la liste des objets mystérieux, et récompensez toute bonne réponse par la faveur sexuelle de votre choix.
L’homme et la femme de lettres
Avec un feutre, écrivez sur les différentes parties du corps de votre partenaire ce que vous avez l’intention de leur faire (vcaresser», «lécher», «mettre mon doigt, mes lèvres…»). Ensuite, laissez l’autre lire et suivez les instructions inscrites sur la chair. Soumettez ensuite votre tendre moitié à un jury de ses pairs. Un Goncourt ou un Fémina assurés!
Betty Croqueuse et Donne-queue Nines
Pâtissiers et pâtissières, à vos fourneaux! On vous a commandé un gâteau érotique; vous avez donc décidé d’enfourner votre chéri(e). Avant de commencer, vous devez voir fait les courses et acheté tous les ingrédients: crème fouettée, glaçage, cerises au marasquin, sirop de chocolat, guimauves, jujubes. Décorez soigneusement votre amour en recourant à mille caresses et chatteries, puis dégustez-le longuement, avec gourmandise. Si vous craignez que la pâte ne lève pas, n’hésitez pas à inviter Josée di Stasio et Ricardo pour échanger avec eux autre chose que des recettes.
Cendrillon et son dildo de verre
En quittant précipitamment l’orgie du palais au douzième coup de minuit, Cendrillon a non seulement perdu sa pantoufle de verre, mais elle a aussi oublié tous ses sex toys. Le prince charmant, toujours aussi serviable, doit trouver quels sont les siens en les essayant sur elle (vibro, gode, chandelle, concombre, télécommande du téléviseur…), s’assurant ainsi qu’elle et lui vivront heureux sans avoir beaucoup d’enfants.
Le tourisme d’aventure
Votre domicile est rempli de coins pittoresques à visiter. Jouez les touristes et suivez le Guide du routard domestique:
| Site touristique | Cote | À voir | À faire |
| La chambre | ★ | Un sourire | S’ambrasser |
| Le salon | ★ ★ | Des seins | Les têter |
| La salle de bains | ★ ★ ★ | Une chatte | La lécher |
| La cuisine | ★ ★ ★ | Une queue | Le sucer |
| Le hall d’entrée | ★ ★ ★ ★ | Un cul | Baiser sauvagement |
Immortalisez votre voyage en prenant frénétiquement des photos comme des touristes japonais. Montrez-les à tous vos amis en les publiant sur Facebook et Twitter — ça leur fera de jolis souvenirs.
Les positions orphelines
Quel émoi! On a retrouvé un très ancien exemplaire du Kama-d’soudbra qui contient des positions sexuelles inédites! Le problème, c’est que seuls leurs noms sont lisibles:
La biche accroupie
Le moissonneur de roseaux
Le pont suspendu
La sonneuse de cloches
Le labour des collines
Le caniche affamé
La langoustine bègue
À vous d’expérimenter et de trouver à quels agencements de corps ils correspondent. Tout le monde gagne — surtout le chiro!
La gastronomie, c’est le pied
Ce soir, vous sortez au restaurant. Peu importe ce qui est au menu, pourvu que les tables soient recouvertes de longues nappes qui descendent jusqu’au sol. Pendant votre repas, vous avez comme mission d’enlever vos chaussures et de jouer des pieds pour vous tripoter. Si vous arrivez à jouir avant le dessert, félicitations: vous êtes des maîtres-queux. Mais attention! Ne vous faites pas surprendre par le garçon, sinon vous aurez littéralement les pieds dans les plats.
Les narcotrafiquants
Lorsque le narcotrafiquant (ou la narcotrafiquante) se présente au poste-frontière, on devine qu’il a caché sur lui (ou sur elle) un petit sachet de plastique rempli de poudre blanche suspecte. Le douanier ou la douanière a comme mandat de fouiller méticuleusement cet individu louche pour trouver le produit illicite. Et, parce que c’est un honnête fonctionnaire payé à l’heure, il prend tout son temps et ne néglige aucun pli, aucun orifice. Nhésitez pas à de soutirer un max d’informations sous la torture, puisque le gouvernement canadien vous donne dorénavant sa bénédiction.
— Tu t’es déjà demandé combien de fois on peut écrire le mot «fourrer» avant qu’il ne perde toute signification?
— Non, mais je sens que tu vas me le dire.
— J’ai rempli une page de «fourrer» hier soir. J’étais fatiguée, je m’ennuyais et surtout j’avais les nerfs à fleur de peau. Je pensais que ça allait m’inspirer. C’est ce qu’on appelle se fourrer le doigt dans l’œil…
— Tu écris de la porno. Si fourrer ne t’inspire pas, je me demande bien ce qui le fera.
— Certainement pas fourrer, ni les relations sexuelles en générales, en tout cas.
— C’est pas un peu contradictoire, ce que tu viens de dire, non?
— C’est tout ce qui mène à l’acte qui m’allume. Après, ce n’est que de la mécanique et de la tuyauterie.
— Tu ne vas pas encore me casser les couilles avec tes foutus préliminaires!
— Tiens, c’est une idée, ça. L’escarpin dans les chnolles comme prélude à l’amour…
— Dis plutôt «prélude à l’hospitalisation».
— Mais non, mon chéri, je te botterais le sachet avec grâce et délicatesse.
— Je vais quand même passer mon tour, si ça ne te dérange pas trop.
— Toujours est-il qu’en Arial 12 points et des marges de 2 centimètres, j’ai pu «fourrer» cinq cent trente-neuf fois.
— Un vrai gang bang.
— Au quarantième fourrer, je me sentais comme à l’école, lorsqu’on me punissait avec une copie. Je ne voyais plus que des lettres, sans signification. Ce n’est qu’un mot, après tout.
— Fourrer, ce n’est pas qu’un mot. Glisse-le dans n’importe quelle conversation et tu verras quel effet il produit.
— Pour moi, ce n’est qu’un mot. Avant, j’écrivais «baiser», jusqu’à ce que je l’use à la corde. J’ai essayé «niquer», mais c’est trop franchouillard et ça me laisse de glace. Alors je me suis mise à utiliser ce «fourrer», bien gras, bien joual et bien vulgaire.
— Et alors?
— Alors il ne me fait plus d’effet non plus. Je me sens comme une gynécologue qui ausculte des vagins à longueur de jour et qui n’a plus envie de lécher une plotte de retour à la maison.
— Et le mot «plotte», il te fait encore de l’effet?
— À peine.
— Dans ce cas, tu devrais arrêter d’écrire.
— Quoi?
— Fourrer est l’unique objet de ton écriture. Alors quand vient le temps de fourrer pour de bon, tu es trop saturée pour joindre le geste au mot.
— Je préfère écrire que fourrer.
— Merci, c’est très flatteur. Pourquoi alors sautes-tu dans mon lit chaque mardi après-midi?
— C’est à cause des préliminaires. Et aussi parce que j’ai des escarpins à étrenner et que tes chnolles sont juste à la bonne hauteur.
Elle s’approcha de lui et l’embrassa en faisant courir ses ongles sur la bosse qui commençait déjà à déformer son pantalon.
— De tous les trois «R», c’est «réutiliser» que je préfère, lui murmura-t-elle à l’oreille alors que le sexe palpitant durcissait sous ses doigts. Dans cette société consumériste du prêt-à-jeter, il est important de se diriger vers des sources de plaisir renouvelables.
— Parlant de développement durable, je suis en ce moment dur et je me développe à vue d’œil. Regarde, ma queue s’érige et se dirige naturellement vers toi.
— On croirait une baguette de sourcier! s’exclama-t-elle à la vue de ce gourdin de bois brut qui émergeait de sa braguette.
Il glissa sa main sous sa jupe de lin de fabrication locale sans teinture chimique et la fit courir sur sa cuisse. Bientôt ils s’arrachèrent mutuellement leurs vêtements puis basculèrent sur le lit.
— Je suis d’accord, soupira-t-il lorsqu’elle prit son sexe en bouche, il faut réutiliser de façon optimale nos ressources, comme les sexes, les doigts et les langues. Mais il est aussi nécessaire, dans le cadre d’un mode de vie écoresponsable, de savoir recycler correctement les objets de consommation courante.
Il étira le bras et attrapa la chandelle qui était posée sur la table de nuit.
— Je me plie de bon cœur à tes arguments et à ton analyse si pénétrante, lui dit-elle en pliant les genoux et en cambrant les reins. Ceci étant dit, je te laisse penser globalement, mais il est pour toi maintenant l’heure d’agir localement.
Les genoux enfoncés dans les draps de coton écru équitable, une chandelle de cire végétale de soya biologique bien enfoncé dans le fondement, elle savoura avec délice les plaisirs simples et carboneutres de se faire bourrer la chatte à répétition. Ils forniquèrent longuement, comme deux bêtes en rut fraîchement libérées de leur laboratoire de test pharmaceutique par un commando de militants animalistes radicaux.
Plus tard, étendue sur le lit et repue d’amour, elle mit sa tête sur sa poitrine et lui demanda:
— Nous avons oublié le dernier «R»… Qu’en est-il de «réduire»?
— Chérie, je ne suis pas écolo à ce point, lui répondit-il en se remettant à bander de plus belle.









