Tu m’as baisée à la piscine municipale
Où nous travaillions tous les deux
Une crampe nécessitait des soins d’urgence
Dans ton maillot de bain réglementaire

Par pure conscience professionnelle
Je me suis héroïquement jetée
Entre tes genoux, sous la table
Du local réservé aux maîtres-nageurs

La directrice a failli nous surprendre
Je suis donc restée immobile
Ta queue dans la bouche
Jusqu’à ce qu’elle parte

Toi tu n’as même pas débandé
Ton cœur battait entre mes lèvres
Ton parfum de sueur, de sperme
Et de crème solaire emplissait mes narines

Nous avons alors convenu
Que c’était vraiment trop risqué
Mais puisque la piscine fermait
Tu m’as suivi dans le vestiaire des filles

Ton érection déformait le lycra
De ton maillot de bain réglementaire
J’ai glissé ma main entre tes cuisses
Hâlées et noueuses de champion crawleur

Tu as mordu mon cou et empoigné mes seins
Les yeux hagards et le souffle court
Et j’ai attrapé ton membre congestionné
Comme on s’agripperait à une bouée

J’ai longuement astiqué ta bite
Avec tant de soin et d’application
Que je m’attendais à tout moment
D’en voir sortir le génie de la hampe

Mais je savais que c’était dans mon cul
Que tu souhaitais rendre l’âme
Alors, je me suis retournée en baissant
Le bas de mon maillot de bain réglementaire

J’ai guidé ton membre entre mes fesses
Râlant à chaque poussée comme une noyée
Expirant dans la houle qui me tanguait
Tuée puis réanimée à chaque coup de boutoir

Et quand enfin tu as fini par te retirer
Tu as déroulé le préservatif rubané de merde
Pour pisser ton foutre à grand traits
Sur le lycra de mon maillot de bain réglementaire

Éteins la lumière
Enlève ce peignoir et approche

Montre-moi un peu de peau
Décroche le téléphone

Je me suis fait belle pour toi
Harnachée de cuir le gode triomphant

Regarde ma bite comme elle me va bien
Je l’ai achetée en pensant à toi

Regarde on croirait vraiment que je bande
Viens sur le lit je serai ton amant

Reste tranquille pendant que je soulève tes jambes
Pour que tes pieds frappent la voie lactée

Essaie de ne pas crier pendant que je te baise
Comme un lièvre, dents sorties et oreilles rabattues

Pendant que j’attise et je que je fourgonne
Le feu ardent qui brûle tes entrailles

Pendant que je te ramone le conduit
En chantant chim chiminey chim chim cher-ee

Pendant que ma queue avance comme le canot
De Radisson — au plus profond de ton continent

En lacérant ta poitrine d’ange déchu
En branlant ta queue comme si c’était la mienne

Viens que je te déflore ô mon aimé
Sur ce lit de satin rouge en forme de cœur

Viens t’asseoir sur mon pieu
Comme sur le trône de Saint Pierre

Avant de boire à mon puits
Pour obtenir la vie éternelle

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Désolée, je me préserve
Pour le danseur embauché par mes copines
Pour mon enterrement de vie de fille

Désolée, je me préserve
Pour les lesbiennes saoules qui me draguent
Au bar quinze minutes avant la fermeture

Désolée, je me préserve
Pour les adonis à moitié nus et luisants de sueur
Qui tondent la pelouse du parc devant chez moi

Désolée, je me préserve
Pour les dames BCBG qui m’invitent pour le thé
Et que je lape entre deux lampées de lapsang

Désolée, je me préserve
Pour tous les mecs sans visage de l’internet
Qui m’envoient des photos de leur bite cramoisie

Désolée, je me préserve
Pour les échangistes en string et en tongs
Qui organisent des orgies dans les sous-sols de Rawdon

Désolée, je me préserve
Pour les ménagères proprettes et quinquagénaires
Qui m’offrent à leur mari pour leurs noces d’argent

Désolée, je me préserve
Pour les types louches recrutés sur Craigslist
Qui viennent sonner chez moi à deux heures du mat’

Désolée, je me préserve
Pour les moustachus transgenres et tatoués
Qui me font monter bareback sur leur moto

Désolée, je me préserve
Pour les camionneurs qui me font sucer leur outil
À la queue-leu-leu dans la douche de la halte routière

Désolée, je me préserve
Pour la candidate conservatrice dans Yorkton-Melville
Qui m’enseigne à coup de gode les valeurs familiales

Désolée, je me préserve
Pour les vieux messieurs à l’haleine de bouc
Qui payent pour que je leur pisse au visage

Désolée, je me préserve
Pour Maîtresse Séverine qui m’a promis
De me marquer au fer rouge le weekend prochain

Désolée, je me préserve
Pour mon patron qui va me congédier
Si je refuse de le laisser me sauter dans son bureau

Désolée, je me préserve
Pour l’autel de Belzébuth, de Moloch et d’Asmodée
Sur lequel je serai sacrifiée lors de la prochaine pleine lune

Parlant de vieux textes, je viens de mettre à jour Faits divers, mon recueil de nouvelles insolites (et scabreuses) versifiées. J’ai dû réécrire beaucoup des plus anciens quatrains, car visiblement j’avais encore de la difficulté en 2009 avec la diérèse et la synérèse. J’avais aussi une prédilection pour les rimes pauvres, manie dont je me suis heureusement départie depuis (ouf). Quelques-unes d’entre elles sont des fumisteries avérées; je les ai identifiées dans les notes en bas de page sans toutefois les retirer du recueil – ça m’aurait fait trop mal aux seins au cœur.

Vous pouvez télécharger le tout en format pdf. Je vous préparerai un epub dès que les piles de mon vibro seront mortes.

(Un autre pantoum daté de 1997 extrait de mes vielles notes de cours universitaires. Jamais n’aurais-je osé montrer à quiconque ce genre de truc à l’époque, alors jeunes gens, prenez ceci comme un coneil bienveillant: n’ayez aucune confiance en la version future et plus âgée de vous-même.)

arabesque

Avant de souffler mes vingt-et-une bougies
Je veux pomper vingt-et-une queues dans un glory hole
Faire plus ample connaissance avec de parfaits étrangers
À travers un trou de quinze centimètres de diamètre

Je veux pomper vingt-et-une queues dans un glory hole
Pour rassasier cette faim qui me tenaille depuis trop longtemps
Faire plus ample connaissance avec de parfaits étrangers
Dans les toilettes pour hommes d’un centre commercial

Pour rassasier cette faim qui me tenaille depuis si longtemps
Je vais me déguiser en mec moustachu et pervers
Dans les toilettes pour hommes d’un centre commercial
Tout juste à côté du bureau des agents de sécurité

Je vais me déguiser en mec moustachu et pervers
À genoux dans une cabine et la bouche grande ouverte
Tout juste à côté du bureau des agents de sécurité
Ce qui éveillera à coup sûr des tas de soupçons

À genoux dans une cabine et la bouche grande ouverte
Je vais m’étouffer un peu et faire des tas de bruits baveux
Ce qui éveillera à coup sûr des tas de soupçons
Mais je glisserai quand même ma main dans ma culotte

Je vais m’étouffer un peu et faire des tas de bruits baveux
En priant que ma technique ne trahisse pas mon sexe véritable
Mais je glisserai quand même ma main dans ma culotte
Parce que la tension sera à ce moment insoutenable

En priant que ma technique ne trahisse pas mon sexe véritable
Des filets gluants pendouillant de mon menton
Parce que la tension sera à ce moment insoutenable
Je me mettrai à gémir avec ma voix trop aigüe

Des filets gluants pendouillant de mon menton
Le jeans enroulé autour des chevilles et les seins à l’air
Je me mettrai à gémir avec ma voix trop aigüe
Quand l’agent viendra constater le flagrant délit

Le jeans enroulé autour des chevilles et les seins à l’air
J’aurai la honte et le rush d’adrénaline de ma vie
Quand l’agent viendra constater le flagrant délit
Et me traînera au poste menottée pour célébrer mon anniversaire

La pause

(Un pantoum de 1998 retrouvé en faisant le ménage de mes notes de cours jaunies de la Fac.)

arabesque

Il n’y a plus une seule chaise libre dans l’auditorium
Il fait chaud ça sent le fauve le caleçon de la veille
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer
J’ai le clito à vif et le cul qui me démange

Il fait chaud ça sent le fauve le caleçon de la veille
J’ai le rouge au front je n’entends plus rien
J’ai le clito à vif et le cul qui me démange
Les aisselles moites et la fente suintante

J’ai le rouge au front je n’entends plus rien
Je tords mes mains je serre les cuisses
Les aisselles moites et la fente suintante
Vivement la pause que je puisse me branler

Je tords mes mains je serre les cuisses
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer
Vivement la pause que je puisse me branler
Deux heures déjà qu’il parle sans discontinuer