Rectitude politique

6 avril 2013

Cher collègue,

Je suis dans l’obligation de vous informer que je n’ai jamais eu à votre égard la moindre pensée déplacée. Je veux que vous sachiez que je n’ai jamais envisagé de m’accoupler avec vous, que je n’ai jamais eu le moindre béguin ni aucune envie irraisonnée de vous épouser et que l’idée de vous offrir des fleurs ou de glisser dans le tiroir du haut de votre classeur ma culotte ornée de mon prénom et de mon numéro de téléphone ne m’a jamais traversé l’esprit.

Je vous assure que je n’ai jamais souhaité vous embrasser ou caresser vos charmantes mèches noires – je dis charmantes pour être polie et non pour exprimer la moindre attirance envers vous. Parce que vous savez aussi bien que moi que mon éthique professionnelle m’empêche de vous imaginer sans votre chemise. Vous êtes un collègue et aucun collègue au torse glabre ne hante mes fantasmes.

Vous devez donc être conscient qu’il ne m’arrive jamais de me demander quelle taille a votre verge et encore moins d’essayer de deviner si vous êtes circoncis ou non. Il est clair que cela ne me regarde pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’ai jamais contemplé votre derrière lorsque vous marchez devant moi. Et que je n’ai jamais eu envie de vous voir gambader dans l’herbe folle avec pour seul vêtement une paire de chaussettes blanches. Qui donc aurait des envies aussi ridicules ?

Je vous prie donc de croire que je n’ai jamais eu envie de me jeter dans vos bras, que je n’ai jamais espéré votre bite dans ma chatte ou sur mes lèvres, ni votre langue sur mon clito. Ce n’est pas parce que j’aime ficeler et bâillonner les hommes que je rêve de vous voir à ma merci. Ce n’est pas parce que j’aime lécher de la crème glacée sur le cul de mes amants que je rêve de vous enduire de gelato praline-beurre. Ou que je rêve de verser de la cire brûlante sur votre gland pour pouvoir l’apaiser de ma salive.

Je ne pense pas à vous lorsque je me caresse, le soir, seule dans mon lit. Je ne pense pas à vous lorsque je jouis. En fait, je ne pense jamais à vous hors des heures de travail réglementaires définies par notre convention collective.

En espérant que tous les malentendus seront ainsi dissipés, je vous prie de croire, cher collègue, en l’expression de mes sincères salutations.

Anne Archet

Pris en flagrant pipi

5 avril 2013

Surpris dans un parc de Colombie britannique
Par deux petits vieux qui ne faisaient que passer
Alors qu’il soulageait sa vessie en public,
Il réagit en leur collant une raclée.

Les nouvelles aventures de Gumby

4 avril 2013

Suzie étant ce qu’elle est, je ne fus pas surprise outre mesure de la surprendre dans mon lit en train de se masturber. Je détournai immédiatement le regard en lui disant:

— Oh, excuse-moi ma puce, je vais revenir quand tu auras terminé.

— Non, reste, rétorqua Suzie. J’essaie quelque chose de différent ce soir. Regarde, c’est vraiment fort.

Elle souleva les couvertures, et je vis un petit bonhomme vert qui se tordait, enfoncé jusqu’à la taille dans son vagin qui le dévisageait avec ses yeux globuleux.

— Bonjour m’sieur Gumby… le saluais-je poliment. Quelle sensation ça vous fait de patauger là-dedans?

— Si j’écarte suffisamment les cuisses, je peux marcher en le gardant bien enfoncé en moi, dit-elle en sortant du lit.

Elle sautilla sur place comme pour faire la démonstration de la justesse de ses dires. Gumby s’accrochait toujours dans sa cachette, la tête à l’envers et le regard ahuri.

— Décidément, je n’ai jamais rien vu de tel – et je suis abonnée à Télétoon Retro. Que sait-il faire de plus?

— Gumby a l’épiderme très lisse, avec juste assez de friction pour le rendre adorable. Je suis accro, je crois que je vais le demander en mariage: ses caresses me rappellent celles de la gomme à effacer Staedtler.

— Tu te rappelles la fois où on s’était amusées avec des gommes à effacer? Les blanches, celles au bout des crayons, et puis la rugueuse qui sert à effacer l’encre…

— Ouais. Mais pas la grosse rose, celle qui s’effritait dans ma chatte…

— Oui! Elle faisait des miettes qui se mêlaient à ton jus et allaient se coincer entre mes dents.

— On dirait bien que ce n’est pas un problème pour ce cher Gumby, qui m’a tout l’air de savoir garder toute sa contenance dans les situations les plus délicates…

— Ça ne te dérange pas si je lui serre la main, pour le féliciter?

— Pourvu que tu la lui serres vigoureusement et longuement, moi ça me va.

Voir la papaye dans l’oeil du voisin (et ne pas voir le foutre dans le sien)

3 avril 2013

Enragée, intoxiquée et les fesses à l’air,
Une femme, à grands coups de papayes a battu
Son ex-amant venu, pour son anniversaire
Quérir la baise qu’il croyait lui être due.

Retailles d’hosties

1 avril 2013

Vous savez ce dont le monde a vraiment besoin? Un recueil de textes érotiques en format pdf mêlant religion, mythologie, dieu, messie et vin de messe. Heureusement, j’y travaille depuis un bout de temps déjà! Voici donc, en grande primeur, la première version de Retailles d’hosties, qui regroupe (pour l’instant) une quinzaine de récits et poèmes profanes et blasphématoires.

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Prenez et téléchargez-le tous, car ceci est mon pdf, livré pour vous.

Tea Party

En se rendant à pied engueuler Obama
Cheryl entra par effraction chez un rentier
Chia sur la pelouse, se déshabilla,
Puis dans la piscine se laissa mariner.

Narration

31 mars 2013

Ils en avaient souvent parlé, mais n’avaient jamais osé passer à l’acte. Ils étaient tous nerveux, assis sur les deux canapés qu’ils avaient poussés l’un devant l’autre dans le salon de Catherine. Ils burent un peu de vin. Des bribes de conversation conduisaient à de vifs éclats de rire nerveux, puis retombaient rapidement dans un silence lourd et opaque.

Estimant que tout cela n’aboutirait à rien si elle ne prenait pas les choses en main,  Catherine décida de lancer le bal. Assise face à Carl, elle eut un sourire coquin et se mit à défaire un à un les boutons de son chemisier. Carl déglutit et contempla la danse sensuelle de ses doigts.

Alex posa furtivement son regard sur Édith. Lorsque leurs yeux se rencontrèrent, il osa enfin étirer le bras et toucher le devant de son chemisier. Il n’eut pas trop de mal à faire sauter les boutons en commençant par celui du haut, celui près de sa gorge. Lorsqu’il put apercevoir le bord du soutien-gorge, elle se pencha vers l’avant.

Alex lui toucha la joue timidement en levant les yeux vers elle. Elle sourit et approcha son visage près du sien. Il pouvait sentir son parfum léger et fleuri. Il l’embrassa légèrement, de façon un peu gauche. Les lèvres d’Édith étaient sèches.

Elle rit timidement, son corps tremblant un peu, quand il glissa son nez contre sa nuque. Il déposa de nouveau ses lèvres contre sa bouche. Édith ferma les yeux. Lentement, ses lèvres s’humectèrent. Elle renversa sa tête et glissa ses doigts dans les cheveux d’Alex. Sa bouche s’entrouvrit.

Alex s’abandonna aux baisers Édith. Il se laissa perdre dans l’intimité de son corps. En l’embrassant, il lui caressa le dos et froissa son chemisier, puis se décida enfin à faire glisser mains de la taille d’Édith jusqu’à ses seins. Édith soupira, puis fit danser sa langue contre les dents de son amant.

Elle se laissa alors aller, les yeux toujours clos et les mains d’Alex sur sa poitrine. Sur le canapé devant eux, Carl et Catherine avaient enlevé tous leurs vêtements et étaient assis l’un à côté de l’autre. La main de Catherine, immobile, tenait fermement son pénis.

Alex se mordit les lèvres et dévisagea Édith. Il fit glisser la fermeture de son pantalon.

— Ensuite?

— Ensuite rien. C’est tout.

— Il manque l’essentiel, non?

— Je ne crois pas.

— Ah oui? C’était la fucking première fois que deux hommes me prenaient en même temps, ma première DP à vie… c’est quand même digne de mention, hein. Et Édith qui s’est évanouie à force de jouir comme une folle…

— Je ne sais que décrire les préliminaires. Et les tumultes de l’âme humaine.

— Pffff. Ça serait trop te demander d’être un peu plus explicite et excitant? Les écrivains ne sont que des agaces.

— C’est pour ça que tu m’aimes, avoue.

— Non, c’est uniquement pour ça.

Elle poussa la tête d’Alex entre ses cuisses pour qu’il puisse, pour une fois, rentabiliser un peu sa maîtrise de la langue.

Un peu, beaucoup, à la folie

30 mars 2013

(Une histoire dont vous êtes l’héroïne, précédemment publiée dans le magazine FA)

C’est une magnifique soirée de printemps et vous vous dites qu’il serait criminel de ne pas en profiter. Vous revêtez donc vous plus beaux atours et décidez d’aller boire un verre sur une terrasse. Arrivée sur place, vous commandez du rosé et le sirotez en savourant pleinement le moment. L’air est doux, la terrasse est remplie de beau monde. D’ailleurs, le gars de la table d’à côté est mignon comme tout : les cheveux noirs, des yeux outremer et un sourire à faire fondre un glacier. «Celui-là, je le laisserais bien visiter ma lingerie fine…» pensez-vous en le regardant à la sauvette. Que faites-vous?

LàVous attendez sagement qu’il vous aborde. Après tout, vous êtes une femme respectable et bien élevée, n’est-ce pas…

Là Vous  décidez plutôt de lui faire le grand jeu : vous déboutonnez les deux premiers boutons de votre chemisier et lui faites vos œillades les plus meurtrières.

Elle monta au ciel, mourut, puis ensuite seulement ressuscita

Alors qu’elle était morte en s’envoyant en l’air,
Elle ressuscita et se mit à hurler
Dès qu’on l’eut étendue dans un cercueil de fer:
Voilà comment on fête Pâques au Zimbabwe.

Face à claques

27 mars 2013

En Virginie, un jeune homme s’est réveillé
Avec un gros pénis dessiné sur sa joue.
Vert de rage, il se mit alors à décorer
Celui de son coloc, de ses poings, à grands coups.

Les quéquettes de l’Apocalypse

25 mars 2013

Ayant lu sur internet que l’Armageddon
Était sur le point de s’abattre sur la terre,
Un Malais, pour nous sauver de la destruction,
A coupé son pénis et celui de son père.

Quelque chose de complètement déférent

23 mars 2013

Au Cap Cod, une clinique d’urologie
Offre jusqu’à la fin de mars une pizza
Gratuite à l’achat de toute vasectomie.
Merci le web pour le bon tuyau que voilà !

Jungle fever

21 mars 2013

Une escorte d’Orlando nommée Priscilla
Ingéra un puissant cocktail de stupéfiants;
L’instinct de prédation alors se réveilla,
Ce qui lui fit croquer la queue de son client.

L’opium du peuple

20 mars 2013

Un Texan ayant (bien sûr) trop fait de poudre
Se mit à poil pour, sur un pickup, uriner,
Puis attendit d’être frappé par la foudre:
«Jésus m’enivre», expliqua-t-il aux policiers.

A huit centimètres du bonheur conjugal

19 mars 2013

Une Taïwanaise au sale caractère
Divorça parce que le zob de son mari
Était beaucoup trop petit pour la satisfaire:
«La taille ne compte pas», m’a-t-on pourtant dit.

C’était l’hiver

18 mars 2013

Certains disent qu’il n’y a rien de pire qu’une tempête en mars, à deux jours du solstice du printemps. Ceux-là ne s’imaginent pas à quel point ils se trompent : une tempête de mars quand on n’a plus d’endroit pour se mettre à l’abri, c’est infiniment plus pénible.

Martin était debout, appuyé contre un lampadaire. Nulle part où aller, personne qui l’attend, rien d’autre à faire que de rester là, avec la neige qui s’accumulait plus vite sur ses épaules que la monnaie dans sa casquette qu’il tendait aux passants.

— Hey bébé, t’as envie de t’amuser? demanda la fille de joie en le prenant par la taille de son bras nu. Elle tremblait de froid et de gros flocons de neige parsemaient sa chevelure comme un voile de mariée.

Il la regarda d’un air mi-amusé, mi-attristé, renifla, essuya son nez contre le revers de sa manche, puis répondit :

— Tu ne devrais pas t’habiller comme ça par un temps pareil. Tu vas geler tes pauvres os.

— T’occupes, c’est mon uniforme de travail. T’as envie de t’amuser, oui ou non? Ou alors tu vas rester là, jusqu’à ce que tes deux pieds prennent dans la glace?

— Je veux bien, mais je n’ai pas vraiment de chez moi en ce moment…

Pour toute réponse, elle prit sa main et l’entraina jusqu’à chez elle.

Martin lui remit toute sa fortune: quarante-sept dollars et vingt-huit cents. Elle se dit que c’était mieux que rien, surtout qu’avec toute cette neige, la soirée était foutue de toute façon. Elle était jolie, ses seins étaient menus et le fait qu’elle était mal épilée plaisait plutôt à Martin.

Lorsqu’ils eurent fini, il se blottit contre elle, le nez enfoui dans sa nuque. Elle se sentait bien, la chambre était chaude, le loyer était payé et elle entendait le vent se fracasser sur la fenêtre couverte de givre. Lorsqu’il crut qu’elle s’était assoupie, Martin lui murmura à l’oreille:

— Et toi, as-tu quelqu’un?

— Juste toi, répondit-elle alors qu’une larme froide comme un hiver tardif coula sur sa joue.

Le courrier de Louise

17 mars 2013

Chère Louise,

Depuis que nous avons hérité du lit en fer forgé antique de son vieux pervers d’oncle Gaston, mon mari s′est mis à agir bizarrement. Avant, notre vie sexuelle était normale et pleinement satisfaisante. Maintenant, non seulement est-il devenu insatiable, mais je n′arrive carrément plus à le reconnaître.

Mardi, il m′a réveillée au beau milieu de la nuit, m′a retournée comme une crêpe en criant: «Écarte tes cuisses, gourgandine!» Je ne sais toujours pas ce que ce mot veut dire! Jeudi, il a pris mon Châtelaine, l′a roulé bien serré, puis s’en est servi pour me donner la fessée en me traitant de «gigolette», de «rouleuse» et de «lorette». Lui qui ne lit que les chroniques de Richard Martineau dans Journal de Montréal, d′où peut bien lui venir ce vocabulaire? Pas plus tard qu′hier soir, au lieu de regarder le match comme il le fait religieusement chaque samedi, il s′est présenté à moi à moitié nu, harnaché de cuir, le vous-savez-quoi raide et pointant vers le ciel, en me disant «prépare-toi à passer à la casserole, cocotte!». Il m′a ensuite mis la langue à l’endroit où vous devinez assez longtemps pour que mes jambes se mettent à flageoler et que je n’en puisse plus de jouir. Alors que j’étais sur le point de m’évanouir, il releva mes jambes puis il se mit me… enfin, vous comprenez. Il ne me lâchait plus, un vrai étalon.

Ce genre de chose ne se font pas entre gens mariés! Après tout, nous ne sommes plus des adolescents… d’où peuvent provenir ces comportements étranges? Pensez-vous que le lit est hanté? Si oui, comment m’y prendre pour l’exorciser?

Morte d’inquiétude.

* * *

Chère morte d’inquiétude,

Je crains que vous ayez mis le doigt sur le problème: il est clair que votre lit est hanté par l’esprit libidineux de cet oncle Gaston. Je ne vois qu’une seule solution: vendez-moi votre lit.

J’attends votre appel,

Louise.

Veuillez garder le silence en vous branlant

16 mars 2013

Dans le Wisconsin, le jeune Tyree Carter
Se masturbant devant des livres, fut surpris.
Mis à l’amende, il a de plus été banni
De toutes les bibliothèques sur la terre.