Idée fixe

26 janvier 2012

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert, est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant. Et blanc.
Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel serait si blanc ?
Je veux dire – Jean-Robert ? Le Jean-Robert ? Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants, blancs et hétérosexuels que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés d’un braquemart géant, blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement le plus blanc, le plus géant
Et le plus hétérosexuel
Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs qu’un hétérosexuel ait pu porter
Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc est le plus hétérosexuel et géant
Le Jean-Robert, celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante
Je n’avais pas idée que Jean-Robert ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ? Certainement pas moi
Jean-Robert, si gigantesquement et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels semblent moins blancs et géants
Quelqu’un était au parfum ? Quelqu’un était au courant ?
Que l’hétérosexuel et jean-robertien braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel de Jean-Robert ?
Pas moi, oh non, certainement pas moi.

Idée fixe, lu par Izabull:

Oralité

23 janvier 2012

Jamais sur terre il n’y eut, de mémoire de dévergondée, quoi que ce soit qui puisse rivaliser avec ta bouche sur ma peau. Voilà. Je crois que tout est dit.

En réalité, rien n’a été dit du tout. Voilà des jours et des nuits que j’essaie désespérément, sans l’ombre du début d’un succès, d’énoncer la sensation de ta bouche sur ma peau dans un langage clair et audible, dans une langue que tu pourrais comprendre et que je pourrais articuler d’une façon qui ne trahirait pas tout ce que je ressens, tout ce qui me chavire. Tes lèvres si joliment ourlées sur mes nymphes? Tes muqueuses orales sur mon appareil reproducteur externe? Ta criss de langue baveuse sur ma plotte de salope? J’ai beau le formuler en des termes soigneusement choisis, avec des épithètes fleuries, ou encore l’éructer avec toute la vulgarité de l’urgence immédiate, mes mots n’arriveront jamais à te donner au mieux qu’une vague idée de l’effet de ta bouche sur ma peau.

Tu m’as vaincue. Tu as tué en moi la fillette orgueilleuse qui conférait un pouvoir magique au mots, qui croyait sottement les tenir en laisse et qui pensait savoir leur faire faire des pirouettes à volonté, comme des caniches. Tu m’as bien baisée, je suis foutue, les mots ont pissé sur le tapis et se sont enfuis. Qu’ils aillent au diable, ils ne valent pas tripette pour rendre compte de ce qu’est l’amour. Ils sont même déficients pour décrire quelque chose d’aussi trivial que la volupté d’avoir des organes génitaux et de s’en servir.

Je voudrais te parler avec des images sublimes et simples, mais infiniment chargées de sens – comme celles que je te vois contempler des heures durant sur les lames de ton tarot. Je voudrais pouvoir ciseler des mots comme des joyaux irisés dont le reflet incandescent serait à l’image de notre passion. Fuck, je me contenterais même de lancer vers le ciel ces litanies ordurières que tu aimes tant, celles que tu voudrais parsemées de culs, de cons et de dèche, ces tirades que je n’arrive jamais à prononcer au bon moment, lorsque mon corps entier bascule sous tes caresses. Je suis damnée, maudite, car qu’ils soient enveloppés de soie ou trempés de foutre et de merde, mes mots ne savent que crier mon désir – ils ne savent ni aimer, ni jouir.

Ma parole n’est que pur désir, elle est un chant, un rituel au service de ton culte, une liturgie qui t’est entièrement dédiée. Elle ne sert qu’à abdiquer ma volonté et ma peau à ta bouche souveraine, comme la mystique stigmatisée à son dieu. Jamais n’arriverai-je par ce chant à t’exprimer l’ampleur du moindre frisson que tu me procures. Tout ce que je peux espérer, c’est qu’il te convainque de revenir à moi. Je te veux. Je veux tes mains autour de mon cou. Je veux défaillir dans tes bras, dans l’anticipation de ta caresse. Tu m’entends? Tout ce que j’arrive à faire, c’est te servir de plates descriptions, de pâles fantômes du feu que tu m’instilles et qui brûle chaque fibre de mon être. Je t’en supplie, fais-moi jouir, fais-moi jouir encore, toi qui y arrives sans faire le moindre effort, par de simples frôlements du bout de ta langue. Lorsque tu la fais courir dans mon cou, je la reçois comme une promesse, comme un rappel de ton omnipotence, de ton pouvoir de faire de moi une petite chose tremblante, baveuse, vaincue. Et lorsque ta bouche se pose sur la chatte, lorsque ta langue s’insinue dans les replis de ma moule, je… je…

Fuck this. Je suis fourrée, par tous les orifices – surtout la bouche. Je suis fatiguée de me battre avec les mots, avec cette jouissance indicible que tu me prodigues nonchalamment, comme si ce n’était rien, presque distraitement, comme si c’était tout naturel. Jamais je n’arriverai à te faire comprendre, à te faire ressentir ce que je ressens par ma parole. Mais peut-être réussirais-je par ma bouche; offre-moi ta peau en sacrifice.

Tout le monde en bave

16 janvier 2012

— Écarte tes cuisses et ne regarde que l’écran.

Sarah soupira longuement – ce genre de soupir qu’elle laisse toujours échapper lors du tout premier contact d’une langue sur sa chatte.

Quelques minutes plus tôt, elle s’était confortablement installée au lit avec son amoureuse et son ordinateur portable pour regarder le talk-show du dimanche soir tout en « postant » des remarques futées et sarcastiques sur Twitter – le genre de préparatif que des millions de Québécois font le dimanche soir à la même heure, tout orphelins de rituels collectifs et en manque terrible de grands-messes qu’ils sont.

Mais ce soir-là, Sarah avait, contrairement à son habitude et juste avant l’office divin, décidé de peindre ses ongles en bleu – ce genre de bleu éclatant qui rend ses orteils si sexy, si étincelants qu’on les dirait incrustés de saphirs.

Et surtout, elle les frétillait sous le nez de Manon, son amante – ce genre de frétillement qui n’a rien d’innocent.

— Hey! Tu vas arrêter de jouer les allumeuses? Le premier invité vient à peine de s’asseoir et je suis déjà mouillée comme une catin… dit Manon en laissant courir son index le long de la cuisse de Sarah – le genre de caresse qui semble légère et désinvolte, mais qui est en réalité lourde de sous-entendus.

— Je ne fais rien du tout. Et puis chut, je ne veux pas manquer cette entrevue… répondit Sarah d’une voix émue – ce genre de voix qu’elle prend toujours lorsque son amoureuse glisse sa main dans son pyjama et se fraie un passage entre ses cuisses.

— Ne t’en fais pas, tu n’en manqueras pas une miette de ta messe profane télévisée. Écarte tes cuisses et ne regarde que l’écran, ordonna Manon sur un ton autoritaire – ce genre de ton qui n’appelle aucune réplique.

Sarah soupira longuement – ce genre de soupir qu’elle émet toujours à répétition lorsqu’elle savoure la caresse baveuse d’une bouche amoureuse. Puis elle jouit, tremblante et pantelante, les yeux rivés sur la télé – ce genre de jouissance qu’elle n’éprouve que lorsque Manon pèse sur le piton.

Blasphème et verbicrucisme

14 janvier 2012

Étiquette placée au dessus d’un spécimen épinglé: INRI.

Je sais, c’était une blague de mauvais goût — mais c’était aussi la définition du 6 vertical de ma grille que Paul Cormier a solutionnée sans aucun problème. Il s’est donc fait épingler la rosette de chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs (sans aucun sous-entendu sodomique) et a reçu un exemplaire de Pr0nographe (le ebook que je viens de publier — vous l’ai-je déjà mentionné?)

Et voici la soluce, pour ceux et celles que ça intéresse.

La grille de janvier

12 janvier 2012

En décembre dernier, j’ai pris la résolution de vous offrir une grille de mots croisés par mois. Nous sommes le 12 janvier et ma résolution tient toujours! C’est bien la premire fois de ma pauvre existence  qu’un tel miracle se produit. Celle-ci est un peu plus corsée que la précédente — je commence à retrouver la forme.

Comme d’habitude, la première personne qui m’enverra la solution exacte (par courriel, au anne@archet.net) sera décorée chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs, en plus de recevoir un exemplaire de Pr0nographe, mon nouveau ebook et futur best-seller intersidéral. Vous pouvez télécharger la grille en format pdf et la solution viendra dans un jour ou deux.

La grille de janvier 2012

Horizontalement

  1. Émis par la cigogne.
  2. Tente — Euphémisme lesbien.
  3. S’abstenir — Laurent Buquet.
  4. Alain, David, Joli, Morin, Racine… — Taxons.
  5. Sont de fermentation haute — La moitié du vide érigé en art de vivre — Posséda.
  6. Article — Qualifie le souvenir des roses sur la robe de Marceline.
  7. Chambre — Ville… ou agréable.
  8. Qualifie la blogueuse qui parle. continuellement de sexe, mais ne montre que ses yeux — Germée — Temps d’une révolution.
  9. Jambon-beurre — Plébiscité.
  10. Légumineuse qu’on ne consomme que dans les mots croisés — Étain — Quantité unique de lait.
  11. Consubstantielle — Fredaine.
  12. Fait rire — Encore cette foutue légumineuse indigeste.

Verticalement

  1. Un de moins que celle de Monsieur Hulot.
  2. Dénigré — Bouquet de thym et de laurier.
  3. Celui de Gauvreau est de la pureté — Calcanéum, astragale, cuboïde…
  4. Arbuste psychotrope — Calendula.
  5. Aurochs — Mettre à sa main.
  6. On ne le quitte qu’à regret (du moins, c’est le cas de la paresseuse que je suis) — Étiquette placée au dessus d’un spécimen épinglé.
  7. Sert à dessiner — Canopus en fait partie — Bouquin de Thuy.
  8. Aimait faire des appels interurbains en 1982 — Scions.
  9. Elle vit sous la bannière verte, jaune et rouge — Éprouvé.
  10. Tamponné — Essence.
  11. Réfutent — On radoube quand elle est sèche.
  12. Cheville — On les danse avec une perruque poudrée.

Rumeurs

11 janvier 2012

Mon petit doigt me dit que demain à midi, heure de Montréal, je vous soumettrai une de mes infâmes grilles de mots croisés.

Le même petit doigt ajoute que la première personne qui me soumettra la solution gagnera un exemplaire de Pr0nographe.

Il me susurre aussi à l’oreille que je remettrai gratuitement le bouquin à quiconque a envie d’en faire le compte-rendu sur son blogue.

Le souffle lourd et oppressé, il conclut en me disant que ce blogue a aujourd’hui neuf ans, ce qui probablement fait de moi la Jeanne Calment des blogueuses.

Quant à mon index, peut-être me dit- il quelque chose, mais les replis de ma chatte étouffent sa voix et rendent ses propos inaudibles.

Pr0nographe

8 janvier 2012

Je venais tout juste d’appuyer sur la touche « publier » lorsque Simone débarqua sans crier gare dans le bureau.

— Tiens ? Tu es déjà rentrée ? Qu’est-ce que tu faisais ? me demanda-t-elle pendant que je me hâtais à fermer les fenêtres de mes logiciels.

— Rien, rien, répondis-je. J’écrivais.

— « Lubricités… Les Cahiers d’Anne Archet »… qu’est-ce que c’est que ça?

— Rien, je te dis. Je ne fais que raconter quelques trucs comme ça, sous le couvert de l’anonymat.

— Je ne savais pas que tu publiais tes textes…

— Publier, c’est un bien grand mot. Je ne fais que les placer là, sur le web.

— Tu ne veux jamais me faire lire tes carnets… et là je découvre que tu publies sur internet. Tu comptais me le dire bientôt?

Elle m’arracha la souris, puis cliqua sur « historique ».

— « Pr0nographe »… tu as fait une faute, là non?

— C’est du leet, le jargon des hackers. Laisse tomber, ce n’est rien d’important.

— Dans ce cas, tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je lise, n’est-ce pas?

Si, j’en voyais. J’en voyais même des tas. Mais je jugeai qu’il valait mieux ne rien dire, serrer les dents et la laisser faire.

Lorsque Simone surprit Anne devant son ordinateur, elle ne s’attendait pas à découvrir que son amante avait écrit en cachette plus de cent soixante-dix courts textes érotiques où se décline le sexe sous tous ses tons, du rose tendre au rouge violent, de la douceur de l’innocence à la brûlure de la dépravation. Devant ce défilé de stupre et de débauche, une question se pose: peut-on aimer une pr0nographe?

Vous l’aurez deviné, ce qui précède est la description (je dirais la quatrième de couverture, si j’étais dans le business de vendre du papier) de Pronographe, mon tout premier ebook qui depuis hier est en vente sur Smashbooks et sur Amazon. Vous pouvez vous le procurer dans le format électronique de votre choix au coût imbattable de 4,99 $ — ce qui est moins cher qu’un sandwich de douze pouces chez Subway. Inouï! Mieux: puisqu’il s’agit d’un recueil de cent soixante-dix textes, chaque frisson voluptueux vous coûtera moins de 3¢… de nos jours, même se branler en feuilletant le catalogue Victoria’s Secret est plus cher. Alors encouragez votre pétroleuse nymphomane préférée, prenez et téléchargez le toutes et tous, car ceci est mon corps (virtuel), livré pour vous.

(Pour ceux et celles que ça intéresse, je fais en gros 3,50$ par livre vendu. Alors si vous ne voulez pas engraisser les distributeurs amerloques, envoyez-moi directement la somme et je vous le fais parvenir illico par courriel.)

J’oubliais: toutes les sommes récoltées seront versées à la Fondation Anne Archet pour l’achat de livres pornographiques précieux, anciens et introuvables qui chaque année, aide une écrivaine dans le besoin à passer de très bons moments en solitaire. Mon clitoris vous en remercie à l’avance.

Ce qu’ils en pensent…

Mélanie Robert: «Faire bonbon avec le texte»

Maëlle Lesbienne: «Le très grand honneur de ma courte existence est d’avoir effectivement baisé avec Anne Archet

Saby (Des yeux pour voir): «PrOnographe est un livre à « double-sens », on peut le lire du premier chapitre au dernier, mais aussi du dernier au premier, en sens inverse. »

Mouton Marron: «Un livre qu’on peut lire entre ami-e-s, tout haut, ou en toute intimité; quelques pages par jour

Ce ne sont que des mots

24 décembre 2011

Dans quelques heures, ce sera Nowel et je m’en voudrais de ne pas vous offrir un petit présent, histoire d’équilibrer les comptes avec bébé Djizusse et ainsi ne me pas me retrouver, à mon trépas, en train de rôtir sur une broche en compagnie de la Prostituée de Babylone et d’Anne-Marie Losique.

Je vous invite donc à sortir votre iPad, votre Maxi pad, votre Kindle ou votre Swindle pour télécharger Ce ne sont que des mots, mon recueil de poésies  érotiques illustré par de jolies typornographies — le cadeau idéal pour ceux et celles qui savent manipuler une barre de défilement d’une seule main.

Sur ce, je vous souhaite à toutes et à tous un Joyeux Nowel et vous rappelle que l’alcool rend l’homme semblable à la bête, alors on serait idiots de ne pas en abuser.

Confession de la pornographe

22 décembre 2011

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Philippiques et catilinaires

19 décembre 2011

Philippiques: Harangues de Démosthène contre Philippe, roi de Macédoine. Par extension, nom donné à un discours violent et enflammé.

Catilinaires: Série de quatre célèbres discours de Cicéron prononcés pour attaquer Catilina, qui conspirait contre la République romaine. Par extension, nom donné à un discours violent et enflammé.

En ces temps où la culture classique se perd, c’était probablement la seule vraie difficulté de cette grille. Surtout que tout le monde a un lixiviateur à la maison, n’est-ce pas…

Oldcola n’étant pas dans les parages (pour de traîtreuses raisons de fuseaux horaires), il est revenu à Christian Mistral de trouver en premier la solution.  Je l’adoube donc Commandeur (troisième classe) de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs et lui offre, tel que promis, une photo de ma chatte.

Pour ceux et celles que ça intéresse, voici la solution.

La grille de décembre

18 décembre 2011

Elle est née, la divine grille de décembre: jouez hautbois, résonnez musettes. J’ai un peu perdu l’habitude d’en créer et c’est bien dommage, puisque je sais que certains d’entre vous aiment bien user leur crayon sur elles. Alors j’ai pris la résolution pour 2012 de me discipliner un peu (ha!) et de vous en offrir une par mois — ce qui fait douze grilles avant la fin du monde, quand même. Celle-ci ne devrait pas vous infliger trop de maux de tête, puisque je suis quand même un peu rouillée, après tout ce temps.

Comme d’habitude, la première personne qui m’enverra la solution exacte sera décoré chevalier de l’Ordre lubrique des masturbateurs compulsifs, en plus de recevoir une photo exclusive de ma chatte. Vous pouvez télécharger la grille en format pdf et la solution viendra dans un jour ou deux.

Grille de mots croisés

Horizontalement

  1. Lixiviateurs.
  2. J’aime lui vider les burettes — Lisière.
  3. Ce que l’IRA ressentait jadis (et peut-être encore aujourd’hui, qui sait…) — Subjuguent.
  4. Bourreler — Saison où les campeurs fêtent Noël.
  5. Layon — Natice.
  6. Le rapport entre la circonférence et quelque chose d’autre (je n’ai jamais été forte en maths) — Dans les Alpes italiennes — À mon avis, ce n’est qu’un prétexte pour les adultes qui aiment se déguiser quand ce n’est pas l’Halloween.
  7. Étoffe — Pennons.
  8. À perpète.
  9. Escoffier — Scarifier.
  10. Tell al-Muqayyar — Radon — Pronom — Bradype.
  11. Mystifiés — Comté alabamien — Possèdent
  12. Qui favorise l’aplomb.

Verticalement

  1. Catilinaires.
  2. Mon type de métissage — Chaleur.
  3. Affiquets — Test de diagnostic rapide — Possessif.
  4. Chlore — Qui cuit.
  5. Provient de la fragmentation en chapelet des hyphes — Bureaucrate turc.
  6. Y’a tout à l’heure quinze ans d’malheur qu’il est parti au paradis d’l’accordéon — Infinitif — Les poteaux de Festivus en son faits (à cause de son excellent rapport poids/rigidité).
  7. Si son nom se termine par «ian», il a de fortes chances d’en être un — Rivière endoréique de Chine.
  8. Qualifiait jadis les membres de l’IRA (à moins qu’ils le soient encore aujourd’hui…)
  9. Charles de Beaumont — Triste sans sa dominatrix.
  10. Carbamides — Monnaie japonnaise — Pronom indéfini.
  11. Revenu de retraite — Rien.
  12. Où est enterré Georges Brassens — Infection utérine.

Rumeur

17 décembre 2011

Mon petit doigt me dit qu’à minuit, heure de Montréal, sera publiée ici une grille de mots croisés. Ça sera grandiose, je le sens.

Denrée périssable

16 décembre 2011

Le bar est fermé, tout est sombre et je suis saoule, attachée sur une chaise.

Elle est sur une table, couchée sur le dos, la tête qui pend dans le vide. Un homme qui porte un pantalon beige un peu trop grand pour lui va et vient dans sa bouche, lourd, régulier. Il. Un autre fait vriller sa langue sur son sexe de nacre, lisse et vulnérable. Je regarde s’agiter ses seins lourds, qui contrastent tant avec son ventre creux, ses côtes proéminentes et ses hanches osseuses. Sa lèvre inférieure est fendue, il y a du sang sur sa bouche et son menton, rien de grave — du moins, pour l’instant.

J’ai mal derrière la tête et le con irrité. Mes liens sont si lâches que je pourrais m’en défaire sans effort, mais je joue le jeu et fais semblant d’être à la merci des deux ou trois autres hommes se tiennent dans l’ombre. Tout est calme, il fait très chaud, le plancher craque.

Tout ça nous fera de beaux souvenirs à se raconter lorsque nous serons vieilles — si bien sûr je me rappelle encore de tout cela demain matin.

Regret

14 décembre 2011

Pas le son de ta voix
Pas les minuscules poils presque invisibles sur ta joue
Pas cette expression sur ton visage
      lorsque tu m’as dit « je t’aime » pour la première fois
Pas les Quatuors à cordes de Bartók
      qui te font grincer les dents
Pas tes chevilles sur le bord de la table à café
Pas l’odeur piquante de ton con repu d’amour
Ni le fin hâle de sueur sur ton épaule
      le matin quand tu dors encore
Ni ta timidité, ni tes audaces démentes
Ni même le velours de tes lèvres

Seulement le goût de tes larmes.

Un miracle de Festivus

5 décembre 2011

(Décembre, c’est le joyeux temps des reprises. En voici une de 2010, fraîchement rééditée pour vous.)

C’était la soirée de Festivus, un peu avant minuit, à l’heure où tous les esprits s’échauffent, même ceux des souris. La perche d’aluminium, préalablement extirpée de l’entretoit où on l’avait rangée l’an dernier, trônait fièrement, dépourvue de cotillons et de clinquant (qui sont, comme chacun sait, beaucoup trop agaçants) au centre du salon. Sur la table, gisaient les reliefs du repas et il ne restait que des miettes du traditionnel gâteau surgelé McCain décoré avec amour avec des M&M’s par la maîtresse de la maison. Tous avaient bien mangé, avaient un peu trop bu, lorsque Magali, l’hôtesse, se leva le verre à la main et lança les festivités.

— La tradition de Festivus commence avec la formulation des griefs, dit-elle, d’une voix légèrement empâtée par l’alcool. J’ai un tas de problèmes avec vous tous et c’est maintenant que vous allez en entendre parler! À commencer à toi, Daniel. Nous deux, c’est fini. Je te quitte.

Le pauvre Daniel faillit s’étouffer dans son verre de Caballero de Chile.

— Quoi?

— Ne fais pas cette tête. J’ai seulement décidé de passer à autre chose.

— Mais… mais… qu’est-ce que ça signifie? Qu’est-ce qui te prend tout à coup?

— Je vais être honnête avec toi, Daniel. Côté sexe, c’est parfait, mais nous n’avons rien en commun. Lorsque nous ne sommes pas à poil, nous ne faisons que nous engueuler. Il n’y a aucune vraie intimité entre nous. Je ne veux pas m’investir dans une relation basée uniquement sur l’attirance physique. Tu me traites comme un morceau de viande!

Daniel jeta sa serviette par terre, frappa la table de ses deux poings et se leva.

— Ne joue pas à la victime, Magali. C’est toi la salope, je te ferai remarquer. «Daniel, baise-moi dans la cabine d’essayage… Daniel, mets-moi les pinces à seins et le bâillon… Daniel, filme-nous et poste le tout sur YouPorn…» Fuck! Je ne savais même pas ce que c’était, l’anulingus, avant que tu me le fasses!

Les invites, en état de choc, écoutaient sans broncher. C’était sans contredit une fameuse formulation des griefs, probablement la meilleure des dix dernières années, du moins depuis la fois célèbre où tante Sonia avait accusé oncle Hector de lui avoir filé les morpions.

— J’admets que tu as raison sur ce point, répondit Magali. Laisse-moi donc reformuler : je ne veux PLUS m’investir dans une relation basée uniquement sur l’attirance physique. Ça va? Je veux du romantisme ! Je veux un engagement sérieux ! Et ça, je ne peux visiblement pas l’obtenir de toi. On a bien rigolé tous les deux, mais maintenant, c’est terminé.

Daniel s’effondra sur sa chaise.

— Tu es sérieuse?

— On ne peut plus sérieuse.

Il y eut alors un long moment se silence. Un silence magique, comme il ne peut y en avoir qu’à Festivus.

— Qu’est-ce que tu dirais d’un quickie avant que je fasse mes valises? demanda Daniel avec hésitation.

— Oui, bien sûr, répondit Magali, une lueur maligne dans les yeux.

Se déroula alors l’exploit de force le plus impressionnant de toute l’histoire de Festivus.

L’invitée

4 décembre 2011

— Je peux inviter une amie?

— Pour une fois qu’on a l’appartement à nous seuls, j’aurais pensé qu’on aurait pu… en profiter.

— Tu vas l’aimer.

— Elle est comment?

— Elle est grande, gentille et douce. Elle a les cheveux très courts et aime porter des chemises à carreaux.

— Ça ne me semble pas très prometteur. Je vais pouvoir la baiser?

— Non. Elle n’aime pas les hommes.

— Dans ce cas, qu’est-ce que j’y gagne?

— Bien… je vais la déshabiller, lui lécher la fente et lui enfoncer mon gode préféré, tu sais, le mauve que j’ai toujours dans mon sac… elle va mouiller, c’est certain, elle mouille toujours un jour d’avril, alors je vais boire à sa source, sans même laisser une seule perle de rosée sur le poil de sa chatte. Quand elle sera enfin satisfaire, elle déchirera mes vêtements, me ligotera sur le lit et t’invitera à m’enfiler pendant qu’elle s’assoira sur mon visage.

— Fuck! Tu… tu veux l’appeler maintenant?

— Pas besoin, elle sera ici d’une minute à l’autre.

Ma vie en odorama

19 novembre 2011

Je viens de mettre à jour Les Mémoires de la pétroleuse nymphomane. Je sais, c’est inattendu et inespéré.

Pourquoi les hommes sont-ils si peu romantiques?

18 novembre 2011

Bastien, fou d’amour, avait planifié sa demande en mariage dans les moindres détails et s’y préparait depuis plusieurs semaines. Il avait lu dans un des magazines féminins de Marie que le romantisme offre la garantie du bonheur conjugal et la clé de la sérénité domestique perpétuelle. Il l’attendait donc ce soir-là avec des roses et une bague à diamant dans le restaurant le plus chic de la ville en compagnie d’un violoniste jouant les Caprices de Paganini et d’une bouteille de bourgogne hors de prix.

Pendant ce temps, Marie était au motel et se faisait sodomiser pour la première fois par un parfait inconnu qui arborait sur son crâne et sa bite des tatouages de serpents et de lézards, pendant que sa femme, percée comme un hérisson, se doigtait en contemplant la scène tout en proférant des insultes qui auraient fait rougir un charretier. Certes, c’était un peu douloureux, mais en gros elle prenait son pied.


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